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JOURNAL
CONCHYLIOLOGIE.
PARIS,
IMPRIMERIE DE M'"° Ve BOUCHARD-HUZARD,
RUE DE L’ÉPERON, 5.
JOURNAL
CONCHYLIOLOGIR
PUBLIÉ SOUS LA DIRECTION
De RIM. CROSSE, FISCHER ct DER 2 ER ED.
se série. — Tome IE.
VOLUME XI
A PARIS, CHEZ H. CROSSE, RUE TRONCHET, 9%.
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JOURNAL
DE
CONCHYLIOLOGIE.
fer Janvier 185638.
6
Sur l'anatomie des €Cyrènes,
pAR M. P. FISCHER.
& I. Les notions relatives à l'anatomie des Cyrènes sont des plus incomplètes, et n'ont été l'objet d'aucune note un peu étendue. Tout ce que nous en connaissons se réduit à quelques mots de Rang, insérés dans ses observa- tions sur l'animal du Galatea radiata (Ann. sc. nalf., t. XXV, 1832), et aux courtes caractéristiques du genre données par Woodward, Gray, Adams, etc.
M. O0. Debeaux, pendant son séjour en Chine, a recueilli les animaux d’une Cyrène du groupe des Corbicula (Cy- rena Largillierti, Phil.), et me les a confiés à son retour. Quoiqu'ils aient été altérés par l'alcool un peu trop con- centré dans lequel ils étaient plongés, ils sont néanmoins suffisants pour donner une idée exacte de l’anatomie des Cyrènes et de leurs affinités zoologiques.
$ II. Manteau. L'animal est trigone, très-renflé vers les sommets, comprimé vers le bord ventral. Le manteau, ex-
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trèmementminee ettransparent, offre, sur quelques points, des plaques blanchâtres, épaissies, encroûtées de calcaire. J'ai déjà noté une disposition semblable du manteau des Galatées (4). En avant les lobes du manteau sont réunis jusqu’à la moitié du bord antérieur de l'impression mus- culaire. [ls restent libres jusqu’à la base des siphons, où un petit faisceau de fibres musculaires les réunit. Dans l'espace compris entre ce point et le bord supérieur et postérieur du muscle adduncteur postérieur, les lobes du manteau s’allongent, s’élargissent, bâillent et constituent l'arrière-cavité des siphons. Enfin, au-dessus du muscle adducteur postérieur, les lobes se soudent de nouveau, s'épaississent, remontent entre les crochets pour se conti- uueravec les bords soudés du côté antéro-supérieur et s’in- sinuer entre les dents cardinales de la coquille. Le manteau présente donc deux grandesouvertures, une antérieure des- linée au passage du picd, une postérieure pour Ja saillie des siphons.
Dans les Cyrènes, à cause de la position des impressions inusculaires très-rapprochées du bord ventraldelacoquille, l'ouverture pédieuse du monteau est moins longue que chez les Galatées par exemple, où les impressions muscu - laires sont placées plus près des sommets.
Le manteau est garni, à l’intérieur, d’une rangécde ten- lacules coniques. très-petits, à peine visibles.
S LL. Système musculaire. Le muscle adducteur anté- rieur donne à la coupe une surface semi-lunaire, à con- vexité tournée en dehors; le muscle adducteur postérieur est ovale, à grand axe à peu près vertical, acuminé aux extrémités et surmonté par le muscle rétracteur du pied.
(1) Monographie des genres Galalea et Fischeria, par Bernardi, (4860). Anatomie, par P. Fischer, p. 6.
SAC CANIN
[l existe un muscle palléal assez large, d'épaisseur mé- diocre, formé de fibres rayonnantes. Du bord inférieur et antérieur du muscle adducteur antérieur part un faisceau de fibres de renforcement qui remonte vers le bord dorsal du manteau. La mème disposition peut être constatée dans le point où le muscle palléal s’unit au muscle adduc- teur postérieur .
En examinant la coquille, on ne trouve pas de sinus pal- léal bien tranché, mais l'impression palléale remontelé- gèrement, avant de se joindre à l'impression musculaire postérieure. On était porté à en conclure que chez les Cy- rènes le muscle rétracteur des siphons faisait défaut, et que, par conséquent, les siphons manquaient.
Il n’en est rien; le muscle rétracteur des siphons est
seulement très-rudimentaire et confondu si étroitement avecle muscle palléal, qu’il est difficile de le limiter. On le reconnaîtra à son rebord antérieur arrondi et à lépaissis- sement de ses fibres. Îl correspond à la légère sinuosité postérieure de l’impression palléale. . $IV. Siphons. Les Cyrènes sont pourvues de véritables siphons, mais ces organes sont d’une brièveté exception- nelle. Vus du côté de la chambre branchiale, ils se présen- tent sous l’aspect de deux ouvertures arrondies, super- posées, d’égal diamètre. Examinés dans l’arrière-cavité des siphons, ils ressemblent à deux boutonnières vertica- les, séparées par un pli horizontal; l'inférieure (bran- chiale) est un peu plus longue que la supérieure (anale). Toutes deux ont leurs bords rapprochés et garnis de ten- tacules coniques. Leur tissu est composé de fibres longitu- dinales et circulaires; et, durant la vie, les siphons peu- vent probablement s’allonger de quelques millimètres. Ils restent partout distincts l’un de Fautre.
S V. Système respiratoire. Les branchies sont sub-
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quadrangulaires, allongées d’avant en arrière. L'externe, moins haute que l’interne, est débordée par celle-ci en avant et en bas; de la ligne oblique dorsale qui indique la réunion des branchies interne et externe part un prolon- gement étroit de la branchie externe. Cet appendice bran- chial est constant chez un grand nombre d’Acéphalés, nous l'avons signalé dans les genres Petricola, Capsa, Ga- latea, etc. On le retrouve également chez les Acéphalés munis seulement d’une branchie externe (Amphidesma).
La portion supérieure de Ja branchie externe des Cyrena est moins développée que chez les Galatées, où elle dé- passe en surface le tiers de la portion inférieure,
En arrière, les extrémités des branchies restent libres, sans se souder avec celles du côté opposé, ainsi qu’on le voit dans la plupart des genres de la famille des Conques (Capsa, Petricola, Venus, etc.) et mème chez les Galatea, quoique la soudure ne s'effectue que par un point très- restreint.
Les plis des branchies sont assez gros et rappellent ceux des Petricola, Galatea, etc.
$ VI. Système digestif. Palpes triangulaires, charnues, épaisses, garnies de stries obliques aux faces interne de la palpe externe et externe de la palpe interne. Les sillons es palpes n'arrivent pas jusqu’à leurs bords et y laissent subsister un cordon lisse. La bouche est assez large, les 1è- vres ressemblent à celles des Galatées, ainsi que les autres parties du système digestif.
- Masse abdominale large et haute, terminée en bas par un pied tranchant, subaigu en avant, attenué en arrière, moins haut et moins épais que celui des Galatea.
Je n'ai pas examiné en entier le système nerveux ; le ganglion branchial est très-étroit ; quant au cœur et aux vaisseaux, leur disposition n'a rien d’importlant à noter.
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$ VIE. De cet examen je conclus que les Cyrènes sont des animaux voisins de la grande famille des Conques, et qu'ils n’en sauraient être séparés par cette seule considé- ration que le muscle palléal est simple et non sinueux.
Nousavonsvu, eneffet, qu'ilexistait des siphons quoiqu’à un état très-rudimentaire, que les ouvertures du man- teau ne différaient pas de celles des Conques, que la struc- ture des branchies était identique, etc.
Comme nous l'avons déjà dit au sujet des Galatées, l’a- natomie des Psammobides, Donacides, Lithophages, Con- ques et Cyclades, telles que ces familles sont délimitées par M. Deshayes, ne montre pas de différences importan- tes dans la structure des animaux. Tous portent le cachet
d’une organisation à peu près semblable. Peu importe que l'on place les Cyrènes dans tel ou tel de ces groupes. Pour notre part, nous les rapprocherons volontiers des Galatées, dont elles offrent presque les mêmes mœurs, sans compter que plusieurs Galatées se modifient jusqu à passer insensi- blement aux Cyrènes.
Dans tous les cas, on distinguera aisément les Cyrènes à leurs branchies non réunies en arrière avec celles du côté opposé, et à l'exiguïté de leurs siphons.
Nous signalerons, en outre, les affinités assez remarqua- bles que les Cyrènes présententavec les Iridines, du moins d’après les caractères des animaux. P. F.
EXPLICATION DE LA PLANCHE IV.
Fig. 1. Animal de Cyrène. Le manteau est conservé. 4, manteau ; b, muscle palléal; ce, muscle adducteur anté- rieur des valves; d, muscle adducteur postérieur ; e, muscle rétracteur du pied; f, muscle rétracteur des si- phons.
Fig. 2. Le même. Le manteau est enlevé. — Mêmes let-
HD LE tres; g, portion inférieure de la branchie externe; h, portion supérieure de la même; 4, branchie interne; k, palpe labiale externe ; {, palpe labiale interne ; m, masse abdominale; n, pied.
Fig. 3. Arrière-cavité des siphons vue en arrière : 4, muscle adducteur postérieur des valves ; b, bords posté- rieurs du manteau écartés et rabattus en dehors ; ces bords constituant les parois latérales de l'arrière- cavité des siphons; ç, siphon anal; d, siphon bran- chiel.
Toutes ces figures sont fortement grossies.
Nolice sur quelques MfoHlusques nouveaux, Où peu connus, de la grande Kabylie,
PAR M. O. DEeBEAux, pharmacien-aide-major.
[2
À mon arrivée de l’expédition de Chine, à la fin de mai dernier, j'ai lu avec un grand intérêt, dans la Revue et magasin de Zoologie (numéro d’avril 1862), une notice de M. le baron H. Aucapitaine sur les Mollusques terres- tres et d’eau douce observés dans la grande Kabylie. La lecture de ce travail, que nous avions projeté de faire en commun avec ce zZélé naturaliste, m'a laissé un regret, celui d’être arrivé en France après sa publication, et de n'avoir pu fournir à son auteur le résultat de mes recher- ches malacologiques faites dans la grande Kabylie pendant mon séjour au Fort-Napoléon (années 1858 et 1859).
Aujourd'hui que je me retrouve au milieu de mes col- lections algériennes, j'ai hâte de compléter, par la des- cription de deux espèces nouvelles appartenant aux genres
Zonites et Helix, leslacunes du Mémoire de M. H. Aucapi- taine. Je crois devoir donner aussi les diagnoses des Ae- lix cedretorum et 11. Kabyliana, espèces déjà décrites, mais non encore figurées, et rétablir, de plus, d’après les échantillons authentiques de ma collection, la station de quelques Ancyles de la Kabylie, dont il est fait mention dans une note de M. Gassies (Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux, vol. XXIT, 2° livr.), station également er- ronée dans le travail de M. H. Aucapitaine sur les Mol- lusques de la haute Kabylie.
J'indique enfin, dans cette notice, les espèces de co- quilles terrestres et d’eau douce non signalées par M. Au- Capitaine, et que des circonstances imprévues m'ont em- pêché de communiquer à mon ami et ancien compagnon d'excursions conchyliologiques autour du Fort-Napolton.
1. ZONITES CELLARIUS.
Mull., Verm. Hist., 2, 1774. . Terv., Cat. Moll. alq., p. 22. Var. Draparnaldi, Beck., ind. Moll. (1857). … Helix nitida, Drap., Hist. Moll. (4805), p. 117. Hab. les rochers, sous les pierres des grands ravins, au- tour du Fort-Napoléon. Route de Tabla'balt, au-dessus du moulin de la prise d’eau; l'Oucd-Aïssi, au-dessous de Thaourirth-Amokrän (Aith-Iraten) ; rare.
2. LONITES DJURJURENSIS, Debeaux (pl. ur, €. 4).
Helix plarorbidea, Deb. (olim in litleris).
Animal ignotum :
Tesla fragils supra et infra depressa, planorbiformis, discoidea, nitida, tenuissime siriata, concolor albido-pat- ha, subpellucida, aperte umbilicata ; apertura depressa, obliqua, ovalo-elliptica ; peristomate recto, simplice,
— A9)
acuto; margine columellari non reflexo; anfractibus 5-6 convexiusculis, planatis, paulatim accrescentibus, ultimo majore sed non ad aperturam expanso, sulura parum ap- parente separalis.
Habitat in muscosis et saxosis regionis montanæ inf[e- rioris, circiter 950 metr. altitudinis, haud procul ab op- pido Fort-Napoléon, loco dicto Moulin de la prise d’eau, ubi rarissime occurrit. — Diam. 16 mull., alt. 5 ml.
Animal inconnu :
Coquille fragile, déprimée en dessus et en dessous, dis- coïde, planorbiforme, brillante, très-légèrement striée; de couleur uniforme, blanchâtre où d'un blanc pâle, sub- transparente, largement ombiliquée: ouverture déprimée, oblique, ovale-elliptique, à bord columellaire non réfléchi; cinq à six tours de spire, convexiuscules, aplatis, s’accrois- sant peu à peu et séparés par une suture peu apparente; le dernier tour plus grand, mais ne s’élargissant pas an- près de l'ouverture.
Cette espèce habite les lieux frais et pierreux sous Îles mousses de la région montagneuse de là Kabylie infé- rieure (zone des oliviers et des frênes), non loin du Fort- Napoléon, au lieu dit Moulin de la prise d’eau : très-rare.
OgservaTION. Cette remarquable coquille, du groupe du Z. cellarius, vient se placer à côté de celui-ci. On dis- tinguera facilement le Zonites Djurjurensis du Z. cella- rius par l'aplatissement inférieur et supérieur du test, qui lui donne l’aspect du Planorbis corneus, par sa cou- leur d’un blanc pâle, et non cornée-verdâtre, par son ou- verture déprimée, ne se dilatant pas à l'expiration du der- nier tour de spire, et par ses stries nombreuses, très- serrées et régulières.
RER C-RRS 5. HELIX CIRTÆ.
Terver, in Cat. Moll. alg., p. 1, pl. x, f. 1.
Helix vermiculata, var. Cirlæ, Rossm., 1con., 9-10 ; Heft., n°592; Helix Constantina, Forbes, in Jard, Ann., 11, 1858.
Hab. les lieux frais, montueux et boisés; Djemma-t’es- Saharidj chez les Aïth-Fraoussen ; le haut Sébaou, dans les bois de chènes-liége : rare (M. H. Aucapitaine).
Os. Cette espèce, dont je ne possède que deux exem- plaires trouvés parmi des Helix lactea des localités citées plus haut, se rapproche beaucoup de mon 4. Boghariensis (Catalogue des Mollusques observés aux environs de Bo- ghar, 1858, broch. in-8°). Elle s’en distingue par sa taille constamment plus petite, son test plus solide, son ouver- ture plus étroite, moins évasée, sa spire plus élevée et ses fascies d'un brun terne : celles-ci sont toujours transpa- rentes chez l’'Helix Boghariensis, dans toutes les localités de la station Tellienne.
Néanmoins, comme je me suis assuré qu’il n’y avait pas de différence entre les animaux de ces deux espèces, et que les différences signalées plus haut ne sont pas très- importantes, je pense qu’il y a lieu de les réunir et de désigner désormais l Æ. Boghariensis sous la dénomina- tion suivante : À. Cirtæ, var. Boghariensis, Debeaux.
4. Hecix KABYLIANA.
Debeaux, Act. Soc. Lan. Bord., t. XXIK, 2° livr. (1858). Animal fusco-pallidum, testam vix superans, sublus albido-lutescens ; pallio sulcalo, suleis interruptis ; pede albido, lævigato, posterius angusto, supra rugoso; tentacu- lis flavis oculats, gracilibus, superioribus 6 mallim. elon- galis, inferioribus 4 millim.
Animalis longit. . . . 12 millim. A A Là) ARRUMMNeNINUNT Net
Testa subglobuloidea, tenuis, albida, subcarinata ju- nior, rugosissima, striata; ultimo anfraciu 3-5 Jascis fusco-brunneis ornato, plerümque albo anterrupls ; aper- tura suborbiculari, peristomate simplici, albo labiato; spira oblusa, vertice lævigato, fusco.
Diam. . . 12 millim. AE us 18 ini
Hab. in montibus Djurjuræ.
Animal grêle, d’un brun fauve en dessus, blanc jau- nâtre en dessous; manteau fortement sillonné, à côtes in- terrompues ; pied blane jaunâtre et rugueux, lisse en des- sous, terminé en pointe postérieurement, et ne dépassant pas les deux üers de la longueur totale de la coquille; tentacules grèles, jaunâtres, oculés.
Coquillesubglobuleuse, à test peu solide, d’un blancsale, subcarénée dans le jeune âge, fortement rugueuse, striée ; dernier tour de spire orné de trois à cinq bandes fauves, les deux premières plus larges et également apparentes dans l’intérieur de la coquille; ces bandes sont interrompues sur les autres tours de spire par des taches blanches, ce qui leur donne un aspect marqueté; ouverture suborbiculaire à péristome simple, blanc sur les bords, très-fragile; pas de bourrelet intérieur; bord columellaire recouvrant une petite partie de l’ombilic, celui-ci très-ouvert; cinq tours de spire à suture peu profonde; sommet de la spire lisse et de couleur fauve.
Hab. les régions élevées du Djurjura, sous les pierres, à l'ombre des cèdres, entre 1,500 et 2,000 mètres d’alti- tude ; versants nord du Djurjura chez les Aïth-Mellikeuch, col de Thirourda chez les Aith-Iliten.'Tamgouth de Lella- Kredidja chez les Aith-Boud'rar : rare.
ST ND
Oss. L’Helir Kabyliana appartient au groupe des va- riables et se rapproche particulièrement de l Æ. Oranensis, Morelet, par sa coloration; mais il se distingue de celui-ci par son péristome simple, l'absence d’un bourrelet inté- rieur, son test très-fragile à surface fortement sillonnée, rugueuse, et par la disposition des fascies qui sont chagri- nées chez tous les individus recueillis sur les crètes du Djurjura.
5. HELIX CESPITUM.
Drap., Moll. France, p. 109, pl. vi, f. 1.
Var. major, ommino alba, Rossm., Icon., 9-10 ; Heft., n° 597.
Je signale cette belle et rare variété de l'Helix cespitum qui mesure en diamètre 56 millim. et en hauteur 15.
On la rencontre dans la zone inférieure de la Kabylie montagneuse, mais rarement dans les plaines chaudes (ré- gion boisée) du haut Sébaou et des Aith-Irdjen.
La variété minor, 3-5 fasciis fuscis ornata, est abon- dante autour du Bordj Tizi-ou-zou.
6. Hecix cenreroruM (pl. nn, f. 2).
Debeaux, Act. Soc. Lin. Bord., t. XXIT, 2° livr. (1858). Anunal gracile, griseo-cærulescens vel nigrescens, sub- pellucidum, supra rugosum, pallio maculis griseo-nigres- centibus punctulalo, pede angusto, aculo; tentaculis supe- rioribus apice turgescentibus, ad basin gracillimis, pellu- cidis, inferioribus brevissimis concoloribusque. Animalis longit. . . 45 millim. — latit. . . 2 — Tentacul. sup. long. 7-8 — — inf. — 11/2 — esta tenuis, flavo-brunnea, subopaca, depressa, te-
ME VAE
nuissime striata, umbilicata, pilis albis, simplicibus, sparsis hirsuta; apertura subdepressa, peristomale antus marginalo, margine albo, crassiusculo ; sutura profunda ; anfractibus 5, subplanis ; vertice nitido, flavescente. Diam. . . . 15 millim. An en 18 ei) fe lult ane (Bimile
Animal grêle, allongé, d’un gris bleuâtre ou noirâtre, uniforme, d’un gris cendré dans les parties latérales, ru- gueux en dessus et sur les côtés, lisse en dessous, presque translucide; dessus du manteau parsemé de points gris noirâtre; pied ne dépassant pas la coquille, terminé en pointe; tentacules d’un bleu noirâtre, les supérieurs grêles, allongés, fortement renflés au sommet, transparents dans le jeune âge; les inférieurs très-courts et de la même cou- leur. |
>oquille àtest fragile, d'unecouleur jaune foncé opaque, déprimée, très-finement striée, hérissée de poils courts, blancs, simples et épars dans le jeune âge, caducs à l’état adulte; ouverture subdéprimée à péristome muni intérieu- rement d'un bourrelet blanc, saillant, un peu épaissi; ce- lui-ci se confondant avec le bord columellaire droit et re- couvrant une partie de l’ombilic; suture profonde; cinq à six tours de spire peu élevés et arrondis.
Hab. Ja région des cèdres des zones élevées du Djurjura (4,800 à 2,000 mètres d'altitude), sous les pierres et à l'ombre des cèdres. Le Tamgouth de Lella-Kredidja, chez les Aith-Boud'rar (juillet 1858).
Ogs. L'Helix cedretorum est voisin de l’Helix villosa, Studer, à l'état adulte, ou de l'Helix flava, Terv., à l'état jeune. Il se distingue de l’Helix villosa par son ouverture subovale et non arrondie, par son péristome muni d’un bourrelet saillant à l’intérieur, par son ombilic moins ou- vert, par sa taille plus déprimée, par ses poils plus courts,
LEE das blancs, et caducs dans un âge avancé, ct ses stries moins régulières.
Il se distingue de l'Hehix flava, Terv., par son animal de couleur noir bleuâtre , et non d'un brun marron plus ou moins foncé, par ses tentacules inférieurs très-courts , par ses poils blancs épars , et non jaunâtres serrés, par sa couleur plus foncée, par son péristome muni d’un bour- relet, et enfin par son habitat.
7. Heuix RozeTI.
Mich., Cat. Test. afr. in Mém. Soc. st. nat. Strasb., I, p. 6. Terv., Cat. Moll. alg., p. 28. Hab. collines incultes sur les tiges de graminées autour du four à chaux près Fort-Napoléon , colline d’Ima-Isren : rare ; très-abondant à Alger.
8. Hezix DEvauxn (pl. 11, f. 3).
Debeaux (1859), mss.
Animal gracile, albido-lutescens, collo pallioque valide
rugosis , Subpellucidis, pede dimidium ultimi anfractus . non superante, supra rugosulo, sublus lœvigato, albido-lu-
tescente ; lentaculis superioribus pellucidis, rugosiusculis, crassis ad basin, comicis, oculalis, vertice subglobuloideo, : inferioribus minutissimis.
Animalis longit. 45 millim., lat. 4 mill.
Tentaculi sup. long. 6 mill.
Id. inferior. long. À mill.
Testa crassiuscula , albida, subconica, profunde sul- cala ; uliimo anfractu carinalo, 5 fascus fuscis vel fusco- brunneisirregulariter interruptis ornalo ; spira fusco-brun- neo maculala; apertura subrotunda, perisiomate margi- nalo, margine albo crasso , locum umbilicalem parum te-
2
de PO e gente; umbilico angusto; sulura profunda, anfractibus spire 5. Diam. 12 millim. Altit. 40 millim., alt. ull. anfr. 6 mill.
Habitat in collibus siccis Kabyliæ inferioris, cirea Souk- el-arba , ad viam quæ ducit ad Tablabalth , 1,000 metris circiler altitudinis. |
Animal grèle, allongé, d’un blanc pâle ou jaunâtre ; cou et manteau fortement rugueux, les côtés moins rugueux, subpellucides ainsi que Île dessous du pied; celui-ci ter- miné en pointe très-courte et ne dépassant pas la moitié du dernier tour de spire. Ventre de l’animal presque lisse, d’un blanc sale ; tentacules supérieurs peu allongés , ru- gueux, coniques, épaissis à la base, transparents, à sommet presque globuleux, oculés; œil petit, noir, occupant le centre du sommet, les tentacules inférieurs très-courts, grêles, ayant à peine À millimètre de longueur.
Coquille subconique d’un blanc sale, profondément sil- lonnée à la surface; dernier tour de spire caréné, pourvu de 4-5 bandes interrompues, de couleur fauve marron ; les autres tours de spire maculés de taches brunes irrégu- lières, alternant avec la couleur blanchâtre du test ; ouver- ture subarrondie à péristome simple muni d’un bourrelet intérieur blanc, épais et saillant, se prolongeant sur le bord de l’ombilic qu’il recouvre en partie; 5 tours de spire à suture profonde.
Hab. La Kabylie inférieure montagneuse, les collines herbeuses et boisées. Grand ravin au-dessous du moulin de la prise d’eau, près Fort-Napoléon, autour du village de Tablabalth chez les Aïth-Iraten (septembre el octobre).
Je dédie cette espèce à M. Devaux, capitaine au 4° zoua- ves, auteur de l'ouvrage intitulé les Kébailes du Djer- djera, ei mon compagnon d’excursions conchyliologiques,
419 =
comme témoignage et souvenir de ma bonne amitié.
Oss. L’Helix Devauxi vient se placer naturellement à côté de l'Helix Rozeli, Mich., dont il diffère par son ani- mal d’un blanc pâle, et non d’un gris cendré (échantillon d'Helix Rozeti des environs d’Alger); par sa coquille co- nique à spire plus élevée, par son ouverture munie d’un” bourrelet intérieur blanc et non d’un rouge vineux , par la couleur blanchâtre du test, et non d’un brun foncé, par ses stries plus saillantes, son ombilic plus étroit et sa ca- rène moins aiguë, celle-ci & peine prononcée dans les échan- tillons adultes.
L'Helix Devauxi est bien plus répandu dans la Kabylie montagneuse inférieure que l’Helix Rozeli. Ce dernier recherche les lieux secs et vit sur les tiges des graminées; l’'Helix Devauxi, au contraire, ne se rencontre que dans les grands ravins boisés, le plus souvent humides, et caché sous les pierres. ;
9. BuLiMus Ppupa.
Mich., Cat. Test. alg., p. 8. Je possède ce Mollusque de deux localités, autour de Fort-Napoléon. Abondant sous les pierres en suivant le che- “min de Taourirth-Amôkran ; les rochers autour de l’ancien four à chaux.
10. ANCYLUS COSTATUS,
Villa, Nov. sp. in Cat. Moll. coll., n° 50, p. 61 ; 4. radiolatus, Küster. Var. major. Animal d’un blanc sale; tentacules et dessous du pied gris noirâtre. Coquille ovale-oblongue, d’un brun foncé à la surface, marquée de côtes saillantes qui du sommet de la spire s’ir-
00 2 radient jusqu’à la circonférence; les intervalles sont mar- qués par des côtes moins grandes, et celles-ci en nombre considérable sur le bord marginal ; crochet à sommet dé- primé et recourbé en dedans, érosé le plus souvent par l’action des eaux.
Grand\diamétre. at EU G nll: Petitsdiametres 70 lise ce HAUTS Le ERA PA RER
Habite les eaux courantes froides , sur les pierres et les rochers constamment baignés par l’eau. Source d’Ali-bou- Meddour près Fort-Napoléon. Seretrouve au Djebel-Dirà près d’Aumale ( échantillons communiqués par M. H. Au- capitaine ). Cest l'espèce suivante qui se rencontre dans les fontaines du Djurdjura.
41. ANCYLUS FLUVIATILIS.
Müll., Verm., IT, p. 201.
Var. Djurdjurensis, Debeaux.
Animal griseo-nigrescens ; testa minulissima, fragilis, ovala, flava, lenuissime striata, subtus lævigala; spira elevata, subconica, vertice depresso, recurvo, punclulato.
Habitat in aquis frigidis fontium Kabyliæ montanæ su- perioris ; in montibus Durdjuræ loco dicto Agouni-ou- Ahmed (Aith-Illiten), ad 1,800 mefr. circiter altitudinis.
Animal gris noirâtre.
Coquille très-petite, fragile, ovale, de couleur blond pâle à l'extérieur comme àl’intérieur ;très-finement striée, à stries concentriques à la surface , lisse en dedans; spire élevée, subconique à sommet subdéprimé , se terminant en un crochet recourbé , légèrement ponctulé, et le plus souvent érosé.
Grand diamètre: 2.514 /u0n 4 mill. PÉHAMAMRCREN EU Er ou. 3 — Hauteur Le HULNUT EE DE
Habite les sources froides des crètes du Djurdjura, sur les pierres et les galets schisteux, de 1,600 à 2,000 mètres d'altitude; la région des cèdres chez les Aith-Boud’- rar. (Juillet 1858.)
Je n’ai jamais observé cette espèce dans les zones infé- rieures de la Kabylie; elle y est remplacée par l’Ancylus costatus, Villa.
12. HyDROBIA NANA.
Paludina nana, Terver, Cat. Moll. alg., pl. 1v, f. 20 et 21.
Habite les sources et les fontaines de la Kabylie monta- gneuse inférieure, autour de Fort-Napoléon. Sources, sur le chemin de Taourirth-Amôkran, avec le Limnea minuta. Chemin kabyle de Souk-el-Tletat (Aith-[raten).
Oss. J'avais pris d’abord cette Hydrobie pour l'H. idria, Fér.; mais son exiguité extrème, sa forme ovale-oblongue, son péristome un peu épais et sa spire convexe la rappro- chent de l’Hydrobia nana, Terv. La comparaison que j'en
‘ai faite avec des échantillons de cette dernière espèce pro- venant des environs de Bougie et reçus de M. Terver m'a démontré l'identité de ces deux Mollusques. 0. D.
Contributions à la Faume malacologique des Antilles danoises, à
PAR M. O. A. L. MôrCH.
Genre APLYSIA, L. Rang, dans sa Monographie dès Aplysiens, a établi
be lg
deux sections dans la troisième division du genre Aplysia : a, espèces pourvues d'un tube à la membrane de loper- cule; b, espèces pourvues d’une ouverture à la membrane operculaire.
Il me semble que les autenrs ont méconnu l'opinion de Rang. Le petit tube mentionné ct placé au milieu du manteau (opercule branchial de Cuvier) est le premier indice de la division du manteau en deux lobes; très-deve- loppé chez l’Aplysia fasciata de Poiret, il passe, par de- grés insensibles, à une perforation non tubuleuse, et reconnaissable seulement aux petits rayons qui l’entou- rent.
Dans les espèces de Ja section b de Rang, le trou est devenu assez grand pour égaler quelquefois la surface de la coquille ; mais on ignore quelles sont, chez l'animal vi- vant, les limites de son extension ou de sa contraction.
Le tube, considéré par MM. Adams comme caractérisli- que du genre Siphonota, en est très-différent. Il est consti- tué par le bord postérieur du manteau; il sert à l'expulsion de l’eau de la cavité branchiale, et à celle des excréments du tube anal, qui aboutit à sa base.
La longueur du petittube palléal ou operculaire est très- différente selon les espèces; mais je ne pense pas qu'elle ait une valeur générique. Les Siphonota fasciata Poircet, Keraudrent Rang, ocellata Rang, lurida d'Orb. appar- tiennent au genre Aplysia. Le seul S. geographica, Adams et Reeve (Voy. du Samarang), doit rester dans le genre.
1. APLYSIA PARVULA, Guilding, mss.
T. solida, subpellucida, alba, convexa, subovalis, an- gustala ; spuraincurva, mamallata, utrinque subauriculata; latere dextro sinu arcuato brevissimo, superne marginato, inferne sulco profundo notato; latere sinistro arcuato, qjuæxla apicem acie canahiculalo; striæ incrementh validæ,
Lu D in inæquales, remolæ ; striæ radiantes obsoletissimæ, stria solilaria dextralis, submediana . sat impressa. — Long. 8 1/2 null., lat. 5 m.
a. Specimen flaccidum. €. molle, gracile, fusiforme; epipodüi lobi breves, postice integri, continut ; oculi subla- terales, ante basin tentaculorum poshicorum sil; Lentacuée gracilia, acuta. — Long. 46 null.
b. Specimen contractum. C. coriaceum, durum, trans verse rugosum el sulcatum ; foramen pal magnum, ovale (ui epipodii margo) linea nigra, marginalum. — Long. 12mill. — Teslam non vid sed lactu ul speciminis præce- denis.
Hab. ad ins. St.-Thomas(A. H. Riise et Dr. Hornbeck). St.-Vincent (Guilding).
Cette espèce se-rapproche beaucoup del”. longicornis, Fér. (Rang, Mon., t. XVIL, 6g. 1-4); mais la coquille de l'espèce de Guilding est très-différente, de forme étroite et bombée avec la spire infléchie.
J'ai vu, en 1854, la coquille de cette espèce sous le nom indiqué, mais non publié à ma connaissance, dans la col- Jection du musée britannique.
9, ApLysiA PROTEA, Rang, Mon., t. X, f.5; Manuel, pl. iv, f. 1.
L'Aplysia dactylomela, Rang, des iles du cap Vert, esi très-rapprochée de cette espèce ; je n'ai jamais observé le petit tube palléal représenté par Rang, mais bien un pelil trou quelquefois si petit, qu’on peut seulement le recon- naître aux rayons noirs qui l'entourent.
Cette espèce est très-commune à St.-Thomas et surtout à Ste.-Croix ( OErsted et Riise).
5. DOLABRIFERA ASCIFERA, Rang.
Hab. S1.-' Thomas et Ste.-Croix. Très-commuu. (Rise et
Oërsted.) |
AN Genre NOTARCHUS, Cuvier. 4817.— Rang, p. 598, pl. xt, f. 1.
On a séparé des Notarchus le genre Aclesia à cause de la saillie de la branchie externe; mais cette circonstance dépend de la volonté de l'animal qui peut étendre sa bran- chie au delà de la cavité, ainsi que le représente la plan- che 24, fig. 8 du Voyage de l’Astrolabe (A. cirrigera, Q. et G.)Les exemplaires conservés dans l'alcool ont toujours la branchie retirée dans la cavité, telle est la figure donnée par Cuvier. Rang, qui a figuré la même espèce que Cuvier et d'après un exemplaire emprunté à celui-ci, représente la branchie hors de la cavité, peut-être artificiellement.
Le genre Bursatella(B. Leachii, Blainv., Man.,t. XLIT, f. 6) doit probablement ses différences génériques à une très-forte contraction dans l'alcool.
Le Bursatella laciniata, Rüppel, paraît être la même espècequeleB. Savignyana, Eér., de l'expédition d Égypte, qui est très-voisin de l’Aclesia Pleii, Rang. La différence principale existe dans les tentacules, mais elle peut s’ex- pliquer par l’action de l’esprit-de-vin.
Il ne parait donc pas possible de distinguer les Aclesia et Bursatella des Nofarchus. Le Thallepus, Swainson, Treatise, p. 251 et 359), ayant seulement deux tentla- cules auriculés, est plutôt voisin des Élysiens.
Le type du genre Notarchus est :
Notarchus indicus, Schweig., Handb. (1890) ;
— sp. Cuvier. — Rang, p.598, pl: xu, f.1 (1847). — gelatinosus, Rang, t. XXIIL, f. 4-5. — Cuvieri, Blainv., Dict. sc. nat. , t. XXXW, p. 161; Manuel, p. 475, t. XUHI, F. 7.
Les verrucs représentées en croix dans la figure de Cu-
vier doivent être des filaments rétrécis et mal représentés.
98" 4. Norarcaus PLEn, Rang. Hab. Saint-Thomas et Sainte-Croix, assez commun. 5. NorTarcHUS POLYOMMA, Môrch.
€. elongato-fusiforme , pallide viride , lineis obscuris, longitudinalibus , confertis el ocellis numerosis, approxi- mais, coccineis, ornalum ; ocelli quatuor geminatim ap- proximali, in cervice posili ; appendices digitati vel papil- lati. Tentacula quatuor subæqualia , antica fissa. Ocul inter tentacula sit: ; solea pedis anlice contracla, margine antico semilunari, postice acula; os cordiforme (ex icone). — Longit. anim. post moriem 417 mil.
Hab. Saint-Thomas (OErsted).
a. Specimina spiritu vini conservala.— C. verrucosum, epipodii lobi rotundati; tubus anahs distinctus, protractus, penis arcualo-conicus, aculus , tentacula æmulans , inter oculum et tentaculum dextrum anticum silus ; tentacula oralia brevissima, oblusa, compressa, perpendicularia , lentacula postica longiora, truncata, antica breviora, acu- liuscula; canalis seminalis funicularis , oblique ad basin penis decurrens; plumula branchialis falciformis, inter- dum protensa (arbitrio ?).
Color pallide flavescens, lineis longitudinalibus obscu- ris, confertis, sæpe confluentibus. — Longit. anim. contr. 11 null.
Hab. Sainte-Croix (Riise).
Cetteespèce, très-voisine del À. striata, Q.etG.(Astrol., tab. xxvir, f. 7-9), en diffère par ses ocelles plus nom- breuses et ses appendices ou verrues.
Genre DORIDIUM, Meckel. — Aglaia Renteri(non Laur. nec Neub. gen. plant.), sbg. Posterobranchæa, d'Orbigny.
6. Dorimivm (Posterobranchæa) GEmmaTuM , Môrch. C. subcylindricum, antice angustius, flavescens vel sor-
ST NA
dide carneum , lineolis longitudinalibus nigris eonferts. Clypeus antice dilatatus, lineolis obscuris , parvis , longi- tudinalibus, confertis, sæpe bifidis vel furcatis, divergen- tibus, guitulis pulcherrimis nitidis, smaragdinis, conveæis, quarum quatuor in cervice (supra orem) geminalim dispo- sitis et præcipue conspicuis. Pallium convexum, nubeculis magnis, obscuris, e lineis nigris, confertissimis, composi- tis. Tubulus respiratorius et analis integer, validus , in- ferne bilobatus; lobus sinister falciformis ; lobus dexter hinguiformis, subtruncatus. Plumula branchialis, acuta, arcuata. Pes utrinque lobatus, lineis nigris, longitudina- hdus sæpe geminalim confluentibus, ornatus, unde qutiatus el antice reticulatus ; lobi pedis angusti, margine arcuato, reflexo, superne nigrescentes , guitis el punclis flavescen : tibus, luc elluc confluentibus. — Long. 18 mil. — Diam. 7 mill. — Alt. 8 mill.
Testam non vidi, sed tactu duram angustam falcifor- mem invent.
Hab. Saint-Thomas (Riise).
Cette espèce se rapproche du Posterobranchæa macu- lata, d'Orb., par la forme des lobes et du siphon respira- toire. M. Cantraine (Walac. méd., p. 15, Acera) a depuis longtemps reconnu que le genre Posterobranchæa est éta- bli sur un Doridium mal observé. En effet, d’Orbigny a pris le dos pour le ventre et vice versd, ce qui est évident - pour peu quel'on examine la figure 9 du Voyage dans l'A- mérique méridionale. Les autres figures du même indi- vidu sont, d’après l’auteur, inexactes.
J'ai conservé le genre Poslerobranchæa comme une coupe sous-générique, caractérisée par la forme des lobes du tube respiratoire, et rentrant dans le genre Doridium par l'état rudimentaire de la membrane flottanie qui en- toure la coquille. ,
LUN |, DIN
Genre OXYNOE, Rafinesque. — Jearus, Forbes, Wood- ward. — Lophocereus, Krohn.
7. OXYNOE ANTILLARUM, Môrch.
C. prasinum, ovale; cauda longissima, angusta, fascia lala, dorsali, longitudinali, alba ; punctis approæimaus, prasinis ; tentacula et latera capitis alba, punctis prasinis salremotis, seriatim dispositis. Lobi epipodu verrucis acu- lis, conïcis, approæimatis, limbo albo, punclis irrequla- ribus prasinis. Solea pedis flavescens, anqusta, margine punclis prasinis, regqulariter approximatis in serie dispo- suis (ex icone OËrstedii). |
Testa ovata , hyalina , alba , sulura hiante; spura vix prominula ; anfractus uliimus juxta suluram coarclatus ; lineis duabus impressis obsoletissimis, aperturam versus evanescentibus ; rugæ incrementi obsoletæ , juæla suluram arcualim reductæ ; apertura oblique piriformis, antice ob- tuse angulala; labro recliusculo; columella funicularis, leviter lorta ; pariele aperturali callo tenur obtecto.
Long. 6 474, — diam. maj. 4 1472 mill.
Hab. Saint-Thomas (OErsted).
La coquille ressemble beaucoup à la figure de Souleyet du Lophocercus Krohnii, mais l'ouverture est plus étroite en avant et faiblement anguieuse. On observe dans l'inté- rieur de la coquille une quantité de petites taches rondes, laiteuses, quelquefois confluentes, disposées en séries sui- vant les interstices des stries d’accroissement faiblement creusées en gouttière, mais paraissant étrangères à la con- stitution normale de la coquille.
Genre PLEUROBRANCHUS, Cuvier. — Susania, Gray. Animal pallio rigido, planiusculo, plerumque areolato, anlice late inciso, ul videlur oculorum causa ; solea pedis postice sulco longitudinal, utrinque glanduloso ; plumula
CAE
branchals triquetra; pinnulæ nodulo basali ornatæ (Môrch).
Le genre Pleurobranchus a été, dernièrement, subdivisé et sans doute avec raison, mais les dénominations généri- ques sont mal appliquées; ainsi le genre Susania, Gray, est synonyme de Pleurobranchus, Cuvier; tandis que le Pleurobranchus de Gray est synonyme du genre Berthella, Blainville.
Ces deux genres diffèrent par les branchies et la forme du manteau, ainsi que le démontre la diagnose donnée ci-dessus,
8. PLEUROBRANCHUS AREOLATUS, Môrch.
C. molle, fere prismalicum, subovale, contractione gib- bosum; pallium subovale, antice emarginatione rectangu- latum ; dorsum areolatum ; areæ oblongo-hexagonæ, cen- trales læviusculæ, laterales minores verruca centrali or- nalæ; areolæ marginales anticæ parvæ, obsoletæ, sed papillis disthinchssime ; pes ovalis, margine tenu undulato; sulco antice pedis hiante, lateraliter valde reducto; sotea postice angustata, sulco longitudinal utrinque glanduloso lertiam parlem longiludinis vix attingente. Velum orem supersedens, transversale, angustum, angulis subaculis, laleribus fissis, basi lateris inferni maculis parvis purpu- reis confluentibus reticulatum. Tentacula annulatim sul- cata, approximata, cylindrica, involuta unde apice obtuso, perforato et latere fisso prodita. Oculi nigri magni, inter basin tentaculorum et pallii intermedu. Plumula branchia- hs longa, triquetra, lateribus subparallelis, utrinque pin- nis circiler 16 conferhs, allernantibus, apicem versus sen- sim minoribus, basi verruca valida munitis.
Longit. 21 mill., — lat. 16, — alt. 15 (contractum).
Dentes linqueæ simplices nec denticulatæ, forma maxillæ equinæ; apice acuhusculo, leviter flexo.
ad
Testa parva elongata, planiuscula ; impressione lineari, radiali, submediana; liræ incrementi validæ, remote ; intershitiis concaviusculhis, lirula incrementi solitaria, parva; color castaneus, peripheriam versus albescens. — Longit. 6 mill.
Hab. Saint-Thomas (Riise).
Genre BERTHELLA, Blainville.—Cleanthus, Leach.
Animal pallio inflato, molli, antice integro ; rachis plumulæ branchialis lœvis, planus nec verrucosus; glan- dulæ posticæ soleæ pedis indistinctæ vel nullæ (Môrch).
Le genre Spiricella, Rang (Act. Soc. Linn. Bordeaux, t. IL, f. 1-5, 1828; — Chenu, Man., p. 529, f. 2585), diffère de la coquille des Berthella par la spire, très-éloi- gnée du bord postérieur et sinistrale. Le Pileopsis squa- mæformis (1), Lamck. (Desh., Coq. foss. de Paris, pl. x, f. 11-12), me paraît plutôt voisin des Onchidiopsis.
9. BERTHELLA QUADRIDENS, Mürch.
C. pallio inflato, molh, ovali; velum transversale, utrinque anguls products, lateribus fissis; pes angulatus, sulco antico destitutus. Tentacula planiuscula, profunde fissa, intorta, unde membrana prominente longitudinali. Plumula branchialis breviuscula, utrinque pinnis circiter 20 subremotis. Color animalis vivi aurantiacus, juniorum cinnabarinus. (Teste Rise.)
Dentes linguales longi, graciles, leviter arcuati; apice uncinalo, incurvo ; denticuls tribus approximatis, quorum duo inferiores, minores æquales.
Tesia subopaca, pellucida, elongata, lateribus rectis, antice leviter rotundatis, margine dorsali antico subite re- flexo et postice alato; latere dextro dorso obtuse angulato ;
(1) Si cette coquille n’est pas une valve solitaire d’huître, elle doit constituer un genre nouveau. M. .
LA anfractus 2, spira mamillaia, prominente, sutura apertu- ram versus impressa, margine inciso; slriæ incrementi submembranaceæ requlares, sulei incrementi remoti, inter- stilia iridescentia sæpe punclis splendidis ; striæ radiatiles obsoletissimæ ; impressio radiatilis sublateralis. — Longit. 5 mill., — lat. 5 mill.
Pleurobranchus, voisin du Pleurobranche orangé,
Deshayes, Journ. de Conchyl., 1857, p. 142.
Pleurobranchus, sp…., Rang, Man., pl. x, f. 4.
Hab. l'île de Saint-Thomas, à 5 ou 4 pieds de profon deur, sur les coraux (Riise).
Par ses caractères extérieurs, cette espèce ne diffère pas sensiblement du B. aurantiaca, Risso; le nombre des pin- nules branchiales de cette dernière espèce me parait tou- jours moins nombreux, n’excédant pas 16, quand il at- teint 20 dans l'espèce nouvelle.
Les deux espècesse distinguent aisément par les dents de la membrane linguale, disposées en paire, qui lui donnent l'apparence d’un assemblage de couteaux à double lame; chezle B.quadridens on trouve, à la pointerecourbée, trois denticulations dont les deux inférieures sont plus petites et égales; chez le B. aurantiaca on voit, près de la pointe, dix petites denticulations presque égales. Les dents repré- sentées par M. Lacaze-Duthiers (Ann. sc. nat., sér. EV, t. IE, tab. var, f. 6) sont trop trapues, peut-être sont-elles dessinées d’après les denticulations marginales ou d’après celles d’une espèce voisine de la Méditerranée.
Notre espèce est probablement celle que M. Deshayes a mentionnée, dans le Journal de Conchyliologie, comme provenant de la Guadeloupe (Schramm). J'ai vu des exem- plaires de la même localité, qui ne diffèrent de ceux de Saint-Thomas que par une consistance gélatineuse due
5h probablement au mode de conservation. Les dents linguales sont identiques. 10. BERTHELLA CIRCULARIS, Môrch.
A. pallio crculari, gelatinoso, candido vel pailide isa- bellino, subpellucido ; peripheria crassa, semileres, margine prono, inflexo, acuto, acie submembranaceo-circularis; pes elongato-ovalis, margine undulato sulcis transversis, bre- vissimis, remolis, anlice late rotundatus, medio sinuatus ; sulco transversal antico destitutus, postice acutiusculus, sinu obliquo infundibuliformi, vix glandulosus. Velum lunari-reniforme, lateribus fissis. Tentacula basi approxti- mala, divergentia, acuta, incurva, conica, lateraliter fissa. Oculi infra basin externam tentaculorum siti, profunde immersi, vix perspicui. Plumula Oranchialis per totam longitudinem affixa, apicem versus lente accrescens; ra- chi lævigato, utrinque pinnulis XVI alternantibus. Anus ante apicem plumulæ branchialis ad finem freni situs.
Tesia parva, mediana, alba, sub pallio transparente inspecla.
Diam. palli 51 null., — long. pedis 25 mull., lat. 12 1f2, — veh latitudo 10 mill., long. med. 5 mill.
Hab. Saint-Thomas (Riise).
Genre DORIS, Linné.
L'espèce qui a servi de type au genre Doris est encore très-douteuse. Dans la dixième édition du Systema naturæ, Linné confondait l'anus avec la bouche, « tentacula ad os cwrciler octo. » Cette erreur a été corrigée dans la dou- zième en ces termes : «os anlice sublus, anus poslice, supra cinctus ciliis. » Néanmoins l'espèce typique reste douteuse; quant à la figure citée de Séba (vol. IE, tab. Lxr, f. 5), elle paraît représenter un Fregeria, Gray.
De ce qui précède résulte qu'il est impossible d'appli-
2e #9 Le quer avec sécurité le vocable linnéen à aucune des coupes génériques actuellement adoptées. Dans cet embarras, je propose de rétablir le genre Argus Bohadsch (1761), fondé six ans avant que Linné, en profitant des recherches de l’auteur bohémien, ait pu modifier la diagnose du genre Doris. Subg. ArGus, Bohadsch (1761).
Le genre Asteronotus, Ehr.(Symb.-Gray, Guide, p.209), établi d’après la forme de l'ouverture de la cavité bran- chiale, se rapporte à l'espèce de Bohadsch (Doris argo, L.).
L'Asteronotus cruenta, Ald. (Gray, Fig., tab. cexxvi, f. 2), ne me paraît même pas différer spécifiquement de J Actinodoris cruenta, Q. et G. (Gray, Fig., tab. LxviI, f. 5-4). r
41. Doris (Argus) ANGuSTIPES, Môrch.
C. coriaceum; clypeus ovalis, planiusculus, antice et postice plica obliqua, infundibuliformi munilus, sub lente : confertissime granulosus; foramen cavitatis branchialis drregulariter sexlobatum, contractione lineare, rimatun ; foramina cavitatum rhinophororum sat approximata. Solea pedis angusta (contractione), longitudinaliter cana- liculata, limbo undulato-plicato; antice phea infundibu- liformi apice orificium ovale athingente; palpi parvi, acu- tiusculi, plani, extus longitudinaliter fissi, juxta orificium cavilatis proboscidahs siti.
Long. clypei 50 mall., lat. 57; — long. pedis 55 mull., lat. 7 (anim. contr.).
Hab. Saint-Thomas (Riise).
Cette espèce est très-voisine de l’Argus cruen{a, Q. et G. M. OErsted m'a montré, il y a longtemps, un dessin qu’il avait exécuté d’après lanimal vivant. On y voyait de grandes taches de couleur vermillon semblables à celles de l'espèce précitée.
RL RE 12. Doris (Dendrodoris) crucis, OErsted in Sched. Corpus coriaceum; clypeus ovalis, granulis, verrucis- que minutis, inæqualibus, confertis, in vivo saturale vi- rescenlibus; maculis majoribus et minoribus nigrescenti- bus seriatim dispositis ; limbus deciduus, inferne pallidus, maculis parvis rolundis et punctis cinereis irregulariter approximals ; pes pallio brevior et angustior, pallide cin- nabarinus, maculis majoribus et minoribus approximatis colore saturaliore, postice rotundatus, plica infundibuli- formi ; sulcus fransversalis anticus pedis latissimus, veli- formis, ulrinque valde reductus; lobo antico semilunari, plica infundibuliformi mediana apice orificium cavitatis proboscidalis altingente; palpi subulati, breviusculi, in latere dorsali lobi antici pedis siti. Orificium cavitatis proboscidalis clypei cruciatim fissum ; proboscis brevissi- mus in cavilale relraclilis. Rhinophori clavati, oblique lamellosi, sulco longitudinal divisi; orificium cavitauis rhinophorum cireulare, marginemonilifero; corona bran- chialis recondenda, foliis 6 (utrinque 5) ; tubus analis pi- riformis, orificio crenalo, inter folia postica sitis ;ma r- go cavitahs branchialis simplex. Spicule clypei lineari- fusiformes, recte. Radula latissima, dentibus hamatis, numerosissimis uli D. tuberculati (Ald. et Hanc.) et D. cryptostomi (Môrch.). Long. 45 null., lat. 25; long. pedis 55 mill., lat. 45. Var. « marginalis. Clype limbus superne et inferne maculis el punctis des- hilutus. Hab. Saint-Thomas (Riise), Sainte-Croix (OErsted). Cette espèce est très-voisine du D. Cryplostoma, Mürch (Savigny, Explor. Egypte, t. I, f. 4), D. tuberculata ,Aud. et Fér. non Cuv. (Gray, fig., tab. cexxxui, f. 2).
La forme des branchies, de l'anus, la position des pal- | 3
M ANSE
pes assez éloignées de l'ouverture de la cavité orale au fond de laquelle on trouve la véritable bouche terminant une trompe courte et rétractile, enfin la forme des denis linguales fgurées par Savigny, diffèrent très-peu des caractères semblables de notre espèce. Le manteau est plus finement granuleux, et les taches disposées en lignes longitudinales sont plus régulières. Le bord du manteau se détache presque toujours de l’animal, à la manière du pied des harpes, lorsqu'on le met dans l'alcool. Les palpes sont assez petites, subulées et situées au bord dorsal du sillon antérieur du pied.
Un dessin exécuté d’après le Mollusque vivant, par M. Ofrsted, montre les branchies dans le mème état de contraction qu'elles atteignent d’après la figure donnée par Savigny du Doris concentrica, Fér. (Gray, fig., Moll., tab. cexxxini, Ê. À).
Subg. Rnacoponis, Môürch. Hexabranchus, p.p. Gray, non Ehr.
C. molle, prismaticum ; pallio vesiculoso, plamusculo; corona branchialis folüs solitariis composila, 1n cavitate commun recondenda ; anus inier folia poshica situs ; palpr minuh, lineares, laliusculi, sulco longitudinali divisi, viz soluti; rhinophort apice conico.
Le type de ce sous-genre est le Doris laciniata, Cuvier, rapporté mal à propos au genre Hexabranchus d'Ehren- berg, où l’on trouve une cavité spéciale pour chaque feuille branchiale et une cavilé commune pour toute la couronne branchiale; chaque feuille est très-éloignée des feuilles voisines.
15. Doris (Rhacodoris) KregBsit, Mürch.
C. prismaticum, molle, gelatinosum ; clypeus planius- culus, vesiculoso-rugosus, anlice angustior; pes pallio paulo brevior ef angushor, postice rotundato-acuminalus ;
Nr ut
folia branchialia 6 brevia, triangularia, postica duo du- plo majora, frondosa; rhinophori apice conico, juæxta marginem anthicum clyper suti; palpr minuli, pliaformes, obliqui, supra os sili; rostrum breve, conicum, retractile, orificio minulo, inter clypeum et pedem occultum ; sulcus transversalis anticus pedis laleraliter valde reducius, ob- soletus, lobis inæqualibus, antice plica infundibulifornu. Color post mortem griseus ; clypeus interdum maculis ni- grescenhibus, irregularibus.
Long. anim. contr. 35 mall., lat. 45.
Bab. Saint-Thomas (Riise), ad prof. 2-5 ped., in co- ralliis; Sainte-Croix (Krebs).
Cette espèce est très-voisine du Doris lacinlata, Cuvier (Ann. du Mus.).
14. GONIODORIS PICTURATA, Môrch. |
C. prismaticum., obscure lilacinum; clypeus elongato- ovals, antice paululum angustior, granulis parvis sat remohis, œquidistantibus ; lineis lacteis latis reticulatus, unde maculs irregularibus, orbicularibus vel angulatis magnitudine diversa. Branchiæ et tentacula retractilia. Orificium branchiale parvum, prominulum, in vertice _cont brevissimi situm. Limbus pallà latiusculus, inferne sulcis 5-6 concentricis. Pes angustus, plicis marginalibus magnis, postice aculus (contractus), vit palliG longior ; suleus anticus pedis validus, utrinque productus, cornulus. Palpi breves, subulati, juxta os siti, velo intermedio par- vo, crenalo 1n Specimine capte prolruso; cavilas cervica- lis parva, in specimine capite retracto videtur.
Bab. Saint-Thomas (Riise), ad prof. pedis, sub lapidibus.
Dans les exemplaires conservés, le pied paraît dépasser le manteau en longueur, mais tous les caractères me font placer cette espèce parmi les Goniodoris. Elle se rappro- che, par ses couleurs, du &. Villafrancana, Risso; mais le
ER. a réseau des lignes extérieures y forme des taches rondes, triangulaires ou hexagonales.
15. PELAGELLA, Sp.
Un dessin de M. OËErsted représente un Gymnobranche de Sainte-Croix, dont les yeux sont distincts derrière les Rhinophores lamelleux, et qui me parait appartenir au genre Pelagella.
Genre BORNELLA, Gray.
Ce genre diffère du g. Dendronotus par ses papilles si- tuées à la base des ramifications branchiales, et par les deux groupes en étoiles de petites papilles qu'il présente en avant. Il fait le passage entre les Dendronotus et les véri- tables Éolidiens. On en connaît jusqu'ici trois espèces, sa- voir :
4. BoRNELLA ADamsir, Gray. Tritonia from Bornco, Adams, Gray, fig., t. CXCVI, f. 6. Bornella Adamsii, Gray, fig., Moll., p. 107. _— — Adams, Genera,p.67,t.LXV, É9, — — «Adams et Reeve { Voy. de Samarang) , p. 19 , f. 5. : Hab. les côtes de Bornéo, sur les fucus (Adams). 2. BORNELLA DIGITATA, Ad. et Reeve (Samarang), p. 67, pl. xix, f. 1. Hab. détroit de Sunda, sur les fucus flottants. 5. BORNELLA HancockIANA, Kelaart. Annals and Magazine of N. H., 1859, octob., p. 269. Hab. île de Ceylan (Kelaari). 4. BORNELLA CALCABATA, Môrch. C. compressum, vesiculoso-areolatum, rugosum, dorso
MSN. OCR
latiore, utrinque fasciculis sex postice sensim minoribus ê papillis planis validis 2-6 inæqualibus et plumulis bran- chialibus 2-4 brevibus ramoso-pennatis composilis. Pa- pilla acuta solitaria in apice poshco dorsi sila. Vaginæ rhinophororum validæ, rugosæ, uti squamose, carina dor- sali compressa, latissima, superne lobis digitatis 4-5 in- æqualibus erectis ; foramina rhinophororum parva, anfice papillis planis, acutis, longiusculis trinatis divergentibus ornata. Frons utrinque fasciculo stellato e papilhs parvis obtusis 9-10 radiatilibus composito. Rima ovalis subova- lis ; maxillæ laterales flavæ, convexæ, sed aciem non vidi. Clypeus frontalis parvus forma ferri equint. Solea pedis contractione canaliculata, limbo undulato, extus linea im- pressa notato, postice acutissima, producla. Long. cire. 65 m.
Hab. ad ins. S.-Thomas (A. H. Riise).
Le filament caudal ressemble à celui des Pleurobranchæa.
Genre HERMÆA, Loven.
Ce genre est plus voisin des Élysiens que des Éolidiens par la forme de ses tentacules fendus longitudinalement, par celle de l'estomac (1), et par les ramifications corres- pondantexactement aux «trachées » décrites par Souleyet (2) dans le g. Acteon. Les dents linguales sont exactement les mêmes danslesdeux familles. Les appendices «branchiaux» des Hermæa sontaussi très-différents de ceux des Éolidiens par leurs nervures et me paraissent très-rapprochés des crêtes palléales des Elysia, et surtout des Tridachia.
47. HerMÆA viripis (Desh.), Mürch. C. prismaticum, postice acuminatum, viride, dorso lato
(4) Milne-Edwards, Annales des sc. nat.,t. XVII, pl. x, fig. 2. Calliopæa. (2) Souleyet, Journal de Conch., vol. I.
Lu ae punclis asperis regulariter remotis, utrinque foliolis pe- tiolatis confertis. Clypeus frontalis parvus, quadrangu- laris, anguli inferiores processibus parvis products, an- guli superiores tentaculis (vibracula?) angustis, erectis, acutis, latere exlterno membrana undulata. Tentacula (Rhinophori) basi connata longa, linea impressa lalerali notata, inæqualiter bifida, apicibus truncatis cylindricis perforaltis, longior apex sulco longitudinal divisus. Oculi minimi postice ad basin tentaculorum in emarginatione rectangulata pall siti. Nodus dorsalis ovalis convezus paululum ante medium corporis situs. Foliola dorsalia conferta, peliolata, ovali-rhomboidea vel spathulata, su- perne obluse angülata, intus ad petiolum oblique semi- infundibuliformia, tri vel quinquenervia ; nervi obsolen * marginem versus bi vel trifidi verrucis asperis remotis ornali ; fohiola marginalia minora, angushora fere ses- silia (apetala). Pes utrinque membranaceus (sulcus trans- versalis anticus dishinchissimus, angustus) marginibus carnosis, margine inferiore linea transversah diviso. — Long. 35 m., lat. pedis antice cire. 12 m., fol. cum pe- tiolo 44 m. long., lat. 8 m., long. petioli cire. 5 m.
Hermæanviridis, Desh., Journ. de Conch., 1857, p.141.
Hab. Saint-Thomas { A. H. Riise): la Guadeloupe sur
le Briopsis ramulosa (Schramm).
La description de M. Deshayes est trop courte pour per- mettre d'adopter définitivement le nom qu’il propose; mais, comme c'est la seule espèce connue des Antilles, j'ai pensé pouvoir conserver ce nom sans inconvénient. Grâce à l’obligeance de M. Bergh, j'ai vu dansles nombreux des- sins exécutés aux îles Philippines par M. Semper, d’Altona, un animal très-semblable à l’espèce des Antilles.
cu SR AE Genre ELYSIA, Risso.
Subg. Tridacha, Desh., Journ. de Conch., 1857,p. 141.
Plerogasteron, Pease, Proc. zool. Soc., 1860, p. où.
Ce sous-genre ne diffère des Ælysia que par son man- teau à bord ondulé, mais il est très-différent des Tritonia par ses tentacules fendus latéralement, etc. Le g. Placo- branchus, v. Hasselt (1) en diffère par les sillons du dos. Les deux expansions aliformes des flancs constituent une. partie du manteau et non, comme celle des Aplysiens, une partie du pied (epipodium, Huxley). Le véritable pied des Elysiens est très-petit, carré, quelquefois plus large que long ; ilestbien représenté par Souleyet (Journ. de Conch., 4850, pl. r, f. 2-5), et dans l’Astrolabe (pi. xxiv, f. 15). L'organe de progression le plus développé est la partie in- férieure du manteau. En effet, une simple comparaison avec les Bulléens, les g. Akera et Philine par exemple, donnera la confirmation la plus évidente de cette opinion. Lesdeux lobes en ailes des Élysia correspondent à la petite membrane qui entoure la spire de la coquille dans les g. Philine et Doridium. La langue porte une seule rangée de dentslon- gues, comprimées, pointues , articulées à leur base par une petite saillie de chaque côté. Les dents de l Hermæa figurées par Alder et Hancock ne me semblent différer nullement de celles du Tridacha crispata.
Sur la partie dorsale se trouvent deux vaisseaux rami- fiés débouchant dans une poche semi-lunaire pourvue d’un orifice à l’extérieur. Souleyet regarde cette poche comme un sac pulmonaire et les deux canaux comme des ira-
(1) Rang, Manuel, pl. 1v, fig. 4.
ADI
chécs aériennes; mais cette opinion ne me semble pas très- naturelle.
18. ELysra (Tridachia) crispaTA , OErsted (in Sche- dula).
Animal cuneiforme, capite utrinque angulo producto, fronte convexo, medio inciso. Tentacula divergentia trun- cala, latiuscula, longitudinaliter convoluta, unde fissura lalerah hiante.Oculi minutissimi, pone basin tentaculorum sit. Lobr pallu erecti, marginibus crispatis antice con- Juncti, ulrinque plicis validis 6-7. Color viridis, frons, tentacula et latera capilis albescentia; dorso guttis ovali- bus, magnis, inœqualibus, albis seriatim dispositis; la- lera corporis pallide virescentia guilis albis elongato- ovalibus, subæqualibus, approxæimatis, in serie triplice digestis, serie suprema breviore; limbus palli angustus, albus, margine interno punciis coccineis approximalis terminalo (ex icone OErstedii).
Animal spiritu vini conservatum, albescens quttis can- dis obsoletissimis. Nodus dorsalis (saccus pulmonalis, Soult.) hemisphæricus sulco arcuato transversali bipar- lus, parte antica minore, « tracheæ » validæ latere exlerno ramoso. Solea pedis veri latior quam longior, antice sulco profundo transversali utrinque angulatim producto, postice a solea pallii, sulco transversali obsoleto disjuncta. Solea pallii, marginibus oblusis, transversim rugosa, postice angustata. Margo anticus fissuræ late- ras tentaculorum bilobatus, inferne lobo triangulari. — Tentaculum dextrum majus.— Long. 45, lat. anim. ex- pansi circ. 55 m.
Var. à Schiadura.
Crista palli postice contracta marginibus continuis, unde cauda umbellata, « trachea » sinistra postice bifida,
DR T0
ramulo interno impressionem parvam infundibuliformem intrante.
Hab. ad ins. Sainte-Croix (A. S. OErsted).
M. Deshayes, qui a vu le croquis du dessin de M. OErs- ted, l'a déclaré spécifiquement différent du Tridachia Schrammi, Desh. {Journ. de Conch., 1857, p. 141).
M. Pease a encore décrit deux espèces des îles Sandwich, savoir : Pterogasteron bellum et PE. ornatum ( Proceed. z00l. Soc., 1860, p. 55.)
On a done, jusqu'à présent, décrit quatre espèces de cette division des Elysia. Peut-être aussi doit-on rapporter à ce genre le Thallepus ornatus, Guild. { Swainson , Treatise , 1840, p. 250)?
Genre PELTA, Quatrefages (Ann. sc., 4844, p. 151). Runcina, Forbes.
Le genre Pella me semble suffisamment caractérisé par l'appareil dentaire gastrique. La branchie découverte par M. Alder était probablement ou non encore développée, ou retirée dans sa cavité, sur les exemplaires examinés par M. de Quatrefages , ainsi que sur l’animal observé par M. OErsted. Le genre Pella de Beck étant fondé sur une espèce inconnue ne peut prétendre à l’antériorité.
Les cordons ovariens, découverts par M. Quatrefages, ont une si grande ressemblance avec le cul-de-sac cochlo- gène de l'Endoconcha mirabihs, Müller, qu’il me paraît probable que c’est par l'étude du g. Pella qu'on doit par- venir à la solution d’une des plus grandes énigmes con- chyliologiques.
Voici les espèces appartenant à ce genre :
4. PELTA CORONATA, Quatrefages (An. sc., 1844, p. 151, pl. ani, f. 7). Gray, fig., tab. cxcix, f. 6.; Chenu, Man., p- 131, f. 557.
Lie 4e is 2. PELTA ORNATA, Quatrefages, 1. c., p. 152. C'est peut-être la même chose que l'espèce suivante : 5. PELTA Hancock, Forbes. Pelta sp., Ald et Hanc., An. et Mag., XVNT, p. 289, pl. 1v, f. 1-5. Runcina Hancock, Forb. et Harl., Brit. moll., 1855, p. 64, pl. ccc, f. 2. — Gray, Annals, XII, 1854, p. 450. Dentes (Gray, Guide, p. 205, f. 414). Pella nigra, Ald. et Hanc.; Chenu, #an., p. 46, f. 5087. Runcina Hancockui, Ad., Gen., 2, p.45, t. LXI, f 5. Subg. Cnazipis, Quatrefages ? 4. CHALIDIS CÆRULEA, Quatrefages, L. c.
L'anatomie de ce mollusque le rapproche de l'espèce
précédente plus que des Limapontia. 19. PELTA pRasiNA, Môrch.
C. lineare, elongatum, lateribus subparallelis, fronte leviter inflexo ; pallium prasinum, verrueis minutis con- ferlis, regulariter remotis, poshce trilobatum, lobo inter- medio minore; pars dorsalis pallu elevata, convexa, co- lore saluratiore ; oculi nigri, remotssimi, juxta frontem sih; pes pallio paululum latior, postice sat prominens, late rolundatus, flavo-virens. Serræ ventriculi quatuor fere semicirculares, dentibus vahidis, cylindricrs, oblusis, arcuals, sat remols.
Long. cire. 4 mull. (ex icone OErsteduü).
Hab. ad ins. Sie.-Croix juxta urbem Chrishianstad (4. S. OErsted).
Cette espèce diffère du P. coronata, Quatref., par sa forme plus étroite, par ses trois lobes postérieurs, par son pied arrondi en arrière, et ses yeux situés plus en avant.
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Les dents de l'appareil manducateur du gésier sont très- fortes, cylindriques, un peu courbées, à pointes obtuses. Le manteau ne paraît pas divisé en deux par le système de coloration, comme celui du P. coronata.
20. Oxcais.(Peronella), Armanicza, Môrch.
C. coriaceum (contractum), subglobosum, pallio granu- loso et areolato; areæ irregulariter hexagonæ congerie mediana granulorum, verruca centrali prominente ornatæ; areæ dorsales majores peripheria læviuscula pallida, unde uh ocellatæ ; areæ marginales rudes, sulcis profundis dis- crelæ ; margo inferior palli planus, flavus, granulis inœ- qualhibus confertissimis (pemipheria acuta). — Solea pedis ovalis, ochracea. Color pallii olivaceus. — Long. 12 mill., diam. A1 mall., all. 8 mill. (in contractione).
Hab. ad ins. Saint-Thomas (A. H. Riise).
Le Peroniaindolens, Couth. Gould.exped. Shells, p.290, provenant de Rio-Janciro, diffère beaucoup de notreespèce.
La place systématique de ce genre est encore très-dou teuse, C’est probablement près du g. Testacella qu'il doit être rangé. La mâchoire manque comme dans ce dernier ; les dents de la membrane linguaie me paraissent plates au
lieu d’être subulées comme chez les Festacella. 0. M.
Révision des espèces du genre @xymee, Rafinesque, et Lohiger, Krohn,
rAR O. A. L. Môrcu.
G. OxyNnor, Räfinesque. Oxynoe, Raf., Journ. de Phys., 1819, t. 89, p. 152 (Isis, 1820, p. 245).—Blv., Man., p.467. —Rang, Man. p. 375. — Phil., Handb., p. 253.
Een, be
Icarus, Forbes, Rep. Ægean, Moll. (Brit. Associations), 1845 (1844), p. 157. — Voodward, Manuel, p.186. — Gray, Proceed. z0ol. Soc., 1847, p. 163, n° 320.
Lophocercus, Krohn, An. sc. nat., 5° sér., t. VIE, p. 51, 1847.
Rafinesque a donné la description suivante du genre : corps rampant, à grande coquille dorsale extérieure, bulli- forme, à spire simple; ventre ou pied étroit, à branchies marginales striées transversalement; manteau élargi en deux ailes latérales, deux tentacules non rétractiles. Diffé- rent du genre Sigaretus par la coquille extérieure, etc. ©. olivacea, olivâtre, elliptique, tentacules saillants, obtus. Coquille à sommet obtus, évasée. Blainville a reproduit cette description, mais a écrit Coquille antérieure au lieu d’extérieure.
Le genre Cylhindrobulla, Fischer, Journ. de Conch., rapporté comme synonymie (1) à ce genre, en est très- différent, et me semble très-rapproché du genre Akera; l'animal peut se rétrécir au point de rentrer parfaitement dans la coquille, comme on le voit sur un exemplaire de Saint-Thomas conservé dans l'alcool au musée de l’univer- sité.
1. OXYNOE oLIVACEA, Raf.
Icarus Graves, Forbes, 1. c., p. 157 (2).
Lophocercus Sieboldii, Souleyet, Journ. de Conch., 1850, p. 295, t. 1, f. G.
Hab. Sicilia (Raf.); Syra, 10-15 brasses de prof. sur des plantes marines (Forbes); Malte (Souleyet).
L'espèce figurée par Souleyet ne présente pas les articu-
(1) Adams, Genera, vol. II, p. 657. (2) An. viride, purpureo alboque variegatum. T. alba, pel- lucida.
RAD A NIET lations couleur de rose au bord du manteau et sur la ca- rène dorsale du pied représentées par Krohn.
La coquille figurée par Souleyet, comparée avec celle de Krobn, est plus ovoide et à sommet très-étroit. Ces différences sont surtout évidentes quand on compare la coquille représentée du côté de la spire de Souleyet (fig.6) avec la figure 9 de Krohn. Bien que je n’aic pas vu ces espèces, les dessins de Souleyet et Krohn me semblent trop différents pour appartenir à une seule et même espèce.
2. OxyNoE SIEBoLDH, Krohn.
C. viride verrucis in seriebus obliquis dispositis ; os et tentacula apice carneo ; margo epipodü et carina dorsalis pedis carnea maculis cyaneo-atris arliculata ; pes 1sabel- nus, lalere externo articulato, interrupte linealo.
Lophocercus Sieboldi, Krohn, An.se., 5°sér., t. VIE, p. 52, 1. V, f. 5-8. Ad. et Sow., Thes., CXIX, f. 19 (copie). Gray, Figures, p. 98, t, CLXXVE, £. 5. Gray, Proceed., 1847, p. 163, n° 524. Icarus Graves, Woodw., Man., p. 486. Hab. ad Messinam (Krohn). 3. OXYNOE BRACHYCEPHALUS, Môrch.
C. verrucis remohs, collo brevissimo.
T. ovalis, alba, postice contracta, spira parva acuta ; anfr. ultümus intrans, pariele convexo brevi.
Lophocercus Sieboldui, Ad., Gen., IL, p. 50, t. LIX, FL: Chenu, Han., 594, f. 2980-90 (copie).
Hab.—?
Le dessin original de M. Adams me semble représenter une espèce différente de celle de Krohn.
4. OxYNoE KROBNIT, Adams.
a EG
T. involuta, ovato-oblonga, postice gibbosa, at apicem subangulata et plicata ; spira occulta, «lba, nitida, fra- ailis, pellucida : aperlura ovalis postice acuta, antice dila tata; labro postice soluto, angulo postico libero, inflexo ac rotundalo.
. Lophocercus Krohnii, À. Ad., Procced.,1854,p.94. Lobiger Krohni, Adams, Genera, If, p. 51.
Hab. ad ins. Sandwich (mus. Cuming).
Cette espèce est, selon M. Adams, plus gibbeuse en arrière que le. L. Sieboldu ; la région de la spire est plis- sée, et la coquille est transparente et fragile. Comme l’es- pèce est comparée avec le Loph. Sieboldü, c'est probable- ment par erreur qu'elle est rapportée aux Lobiger dans le « (rencera.»
5. OXYNOE PELLUCIDA, À. Adams, 1854.
T. ovali, subinvolula, alba, fragih, pellucida, longitu- dinaliter substriata, spira occulta ; apertura oblonga, ampla, postice producta et subangulata, anfice dilatata ; labio tenu, subreflexo ; labro arcualo, margine acuto.
Lobiger pellucidus, Adams, Proceed., 1854, p. 94. Fischer, Journal de Conch., 1856, p. 274-275. Lophocercus pellucidus, Adams, Gen., IX, p. 51.
Hab.—? (musée Cuming).
M. Adams compare son espèce avec le Lobiger Phi- hppii et le Lophocercus Cumingü, qui est un Oxynoe. Elle diffère du premier par sa coloration blanche et sa transparence; elle se distingue du second par la forme différente de l'ouverture qui n’est pas dilatée en canal tubuleux, en arrière.
6. Oxynoë ANTILLARUM, OErsted et Mürch, L ec. 7. OXYNOE viripis, Pease.
Shell thin, fragile, white, ovate, striated obliquely,
convolute; onter lip separate from the apex, overlaps
HRROU AN the inner posteriorly, and produced in a éubular form. Lophocercus viridis, Pease, Proc. zool. Scc., 1861, p. 246, avec description de l'animal.
Hab. Sandwich Islands, Pease.
Cette espèce diffère, selon les descriptions, de l'O. Krohnu, Adams, par la forme tubuleuse de la coquille en arrière. Il y aurait ainsi deux espèces du genre propres aux iles Sandwich. ;
8. OxXYN0E CumiNGrr, A. Adams.
Bulla Cumingii, Adams, Thesaurus, p.399, n°451, t. CXXI, f. 58.
Lobiger Cumingii, 1b., p. 604, n° 58.
Adams, Genera, II, p. 51.
Lobiger Cumingii, Fischer, Journal de Conch., 1856, p. 274.
Lophocercus Cumingii, Chenu, Man., p.359%, f.29914.
Lophocercus Cumingii, Souverbie, Journal de Conch., 1861, p. 272.
Hab. Puerto S. Elena, Wes!-Columbia, 6 fath. sandy mud. H. Cuming.
Le tube anal de la coquille est moins grand que dans l'espèce suivante :
9. Oxxnoz Vicourouxn, Montrouzier. Lophocercus Vigourouxii, Montr., Souverb., Journal de Conch., 1861, p. 271, pl. x, f. 4.
ffab. la Nouvelle-Calédonie, Montr. (Collect. Petit, musée de Bordeaux),
Cette espèce diffère de l'O. wiridis par la coloration fauve de la coquille.
G. LoBicer, Krohn. 4. Lomicer Paiiepii, Krohn, An. sc., 1847. Adams, Sow., Thes., pl. exIx, f. 48 (copie); Genera, pl. uix, fig. 2.
Re Chenu, Manuel, p. 394, f. 2993-94. Gray, fig., t. CLXXVI, F. 1, Guide, p. 201. Souleyet, Journal de Conch., 1850, t. X, f. 15-14. Hab. Sicilia, Krôühn. 2. LoBiGEr CORNEUS, Morch. T. fusca, spira umbilicata; anfr. ultimus aperturam intrans, angustus, callo parielali funiculari. Lobiger Philippu, Ad., Sow., Thes., t. CXXIE, f. 57, p. 598, n° 130. Fischer, Journal de Conch., V, 1856, p. 275. Woodward, Manuel, pl. xiv, f. 16. Hab.— ? (musée Cuming). 5. LogiGer Souvergunt, Fischer. Journal de Conch., V, p. 275, t. XI, f. 7-10. Hab. Guadeloupe. (Schramm.) 0. M.
Notes pour servir à la faune malasotogique de l’Archipel calédenien (supplément) (1 je
PAR P. FISCHER.
ee ee
Des envois récents du R. P. Montrouzier, et une étude prolongée des espèces appartenant au musée de Bor- deaux, me permeltent aujourd’hui de combler les lacunes du travail que j'ai entrepris sous le titre de Notes. Je re- mercie de nouveau le savant conservateur de la collection
(4) Voir Journal de Conchyl., t. VIX, p. 329; t. VILLE, p. 193 et 352 ;t. IX, p. 143.
PAP
néo-celédonienne, M. Souverbie, des nombreux docu- ments dont jedui suis redevable et dont il m'a laissé pro- fiter avec un rare désintéressement.
À l’époque de la publication de mon dernier article (avril 1861), les Mitres de la Nouvelle-Calédonie n'étaient pas encore déterminées, je n’en ai compris aucune ans ma liste, et l’on pourra juger, par l'énumération qui va suivre, de la richesse de l’Archipel calédonien en espèces de ce genre (1).
Mrrra Boissacr, Monfrouzier, Journ. Cunchyl.,t VIE, p. 575. — [d., t. VIT, p. 148, pl. xx, f. G.
Hab. ile de Pot.
Mirra Potensis, Monfrouzier, Journ. Conchyl., t. VI, p. 574.— ]d.,t. VILLE, p. 448, pl. ax, f. 2-5.
Hab. île de Pot.
Mirra rufo-maculata, Souverbie, Journ. Conchyl., t. VIE, Po bit; F9)
Hab. ile Art.
Mirra Fischeri, Souverbie, Journ. Conchyl., t. VII, p.523, pl. nt, . 8.
Hab. Art., Balade.
Mirra tricolor, Montrousier, Journ. Conchyl., t. IX bp: 272;.ph xi(,2:
L
Hab. Nouméa, sous les pierres du rivage. Mirra hystrix, Montrouner, Journ. Conchyl., € X, p. 240, pl. 1x, F. 8. Hab. Art.
(1) Nous répélons que ce catalogue ne renferme que les espèces recueillies par le R. P. Montrouzier dans l’Archipel calédonien ; on ne s’étonnera donc pas si l’on n’y voit pas figurer des espèces appartenant à cette faune, mais rapportées par d’autres personnes, et qui ont pu échapper aux recherches de notre zélé COTTESpOn- dant. PF:
4
ET en
Mira crocata, Lamk., 14. — Kiener, sp., pl. 27, f. 85. — Reeve, €. Ic., pl. 26, f. 206. Hab. Art.
Mrrra amphorella, Lamk., 51. — Reeve, €. Je., pl. xnr, f. 85. Bab. Art. C. C. Mirra (voluta) paupercula, L. — Lk., 55.
Hab. Art. €. C.
Oes. Les exemplaires que nous possédons sont {ous tronqués.
Mirra (voluta) exasperata, Chemnitz.— Desh., in Lk., 86. — M. torulosa (pars), Lk., 57.
Hab. Art.
Oss. Coquille très-variable dans sa forme et son orne mentation, et d'après laquelle on a établi plusieurs espèces litigieuses.
Matra (voluta) dactylus, L. — Lamk., 44. — Kien., sp., p. 1092, pl. xxxi, f. 105.
Hab. Art.
Mrrra (voluta) nucea, Gron. — M. olivaria, Lk., 47. — Kien., sp., p. 104, pl. xxxx, F. 102.
Hab. Art. Mira (voluta) crenulata, Chemn.—-Kien., sp., pl. xxx, f. 105.
Hab. Balade, Art. Mrrra fenestrata, Lamk., 45. — Kien., sp., p. 104, pl. xxxi, f. 404. Fab. Art. Mirra punctata, Swainson. — Desh., in Lk., go A1. rosea, Reeve, C. Ie., pl. xxvn, f. 249. Hab. Art. Mirna cucumerina, Ek., 54. — Reeve, C. Îc., pl. xxw, RAI E D ER
SE M
Hab. Art. Mirra (voluta) digitalis, Chemn. — Reeve, C. 7c., pl. mir, f. 21. — M. millepora, Lk., 5.— Kien., sp., pl. var, f. 49. Hab. Art. Mirra semifasciata, Lamarck, 60. — Reeve, C. Ic., pl. xvur, f. 451. Hab. Art. MirrA ferruginea, Lamarck, 10. — Kien., sp., pl. vin, f. 25. — Reeve, C. Ic., pl. 1v, f. 28. Hab. Art. Mira chrysostoma, Swainson. — Reeve, C. Ic., pi «, fig. 142. — M. contracta, Kien., sp., pl. 1x, f. 25. Hab. Art. Mirra ambigua, Swainson. — Desh., in Lk., 88. — Kien., sp., p. 40, pl. vx, f. 46. — Reeve, C. Je. pl. 11, f. 8. Hab. Art. Murra conica, Schum. — Desh., in Lk., 100. — Reeve, C. Ic., pi. xxvit, f. 216. — M. marmorata, Schub. — Kien., sp., p. 100, pl. xxxiv, f. 412. Hab. ile de Pot. Mirra retusa, Lamk., 61. — Kien., sp., p. 49, pl. xxv, f. 49. Hab. Art. Mirra litterata, Lamk., 70. — Kien., sp., pl. xvr, f. 50. Hab. Art. C. C. Murra (voluta) coronata, Chemn. — Lamk., 52.— Kien., sp. pl. xvinr, f. 60. — Reeve, C. 1c., pl. xIv, f. 104. LA Hab. Art. Mrrra Cumingii, Reeve, C. Ic., pl. x, f. G7, Hab. Art.
PR 2 PM Mirra amanda, Reeve, €. Ic., pl. xxx vit, f. 518. Hab. Art. Mrrra amabilis, Reeve, C. Ie., pl. xxxu, f. 274. Hab. Art.
Mirra decurtata, Reeve, C. Ic., pl. xx, f. 144. Fab. Art. Mirra (voluta) filaris, L.— M. nexilis, Martyn.—Lamk., 16. — M. filosa, var., Kien., sp., pl. v, f. 42 a. Hab. Art. Murra Ticaonica, Reeve, C. Ic., pl. xxxt, f. 481. Hab. Art. Mirra nodosa, Swainson. — Reeve, €. Lc., pl. xxvr, f. 196. — M7. fraga, Kien., sp., pl. xxvIx, f. 87. Hab. île Lifu. Mitra intermedia, Kiener, sp., pl. xxu, f. 70. Hab. Nouvelle-Calédonie. C. C. Mirra stigmataria, Lamk., 52. — Kien., sp., pl. xxiv, f. 74. — Reeve, C. Zc., pl. 11, f. 45. Hab. Balade, Art. Mirra pellis-serpentis, Reeve, C. Ee., pl. x, f. 66. Hab. Art. Mirra virgata, Reeve, C. Ic., pl. xxv, f. 197 D. Hab. Art. Mirra obeliscus, Reeve, C. Ic., pl. xv, f. 407. Bab. Art. Mirra (volula) episcopalis, L. — Lk., 4, — Kien., sp., DL FA
Hab. Art.
Mira pontificalis, Lk., 5. — Kien., sp., pl. 1, f. 2. Hab. Art. — Tata, au sud de Kanala. R.
M1TRA sphærulata, Martyn.—KReeve, C. Ie., pl. v, f. 57.
®
= 64 2
M. scabriuscula, Lk. — Kien., sp., pl. rv, f. 9.
Hab. Balade, Art.
Mira rubritincta, Reeve, C. Ic., pl. x1x, f. 147. Hab. Art. R.
Mirea affinis, Reeve, C. Ic., pl. xvi, f. 241. Hab. Art.
Mirra crassa, Swainson. — Reeve, C. Ic., pl. 11, F. 7. Hab. Art.
Mitra Gruneri, Reeve, GC. Ic., pl. xvi, f. 119. Hab. Palade, Art.
Mirra (volula) scabriuscula, L.— M. granatina, Ek., 19.
—Kien., sp., pl. 1v, f. 10. Hab. Art. Mirra acupicta. Reeve, C. Ie., pl. xx, f. 76. Hab. Art.
MiTra (volula) variegata, Gmel. — M. serpentina, Lk., 21. — Kien., sp., pl. vi, f. 17. — Reeve, C. Ic., pl. xv, f. 112. atL
Hab. Art. Var. Reeve, C. Ic., pl. xv, f. 111. Hab. Art.
Mitra rigida, Swainson. — Reeve, €. Ic., pl. xxn, f. 169.
Hab. Art.
Mitra cardinalis, Lamarck, 6. — Kiener, sp., pl. m1, f. 6.
Hab. Art.
Conus geographus, L. — Kiener, sp., pl. xui, f. 1. Hab. Art.
Conus tulipa, L. — Lk., 25. — Kiener, sp., pl. n, f: 2. Hab. Art. et Lifu.
Coxus bullatus, L. — Lk., 450. — Kiener, sp., pl. Lun, f. 3.
= SR 2 Hab. île des Pins. + Conus solidus, Sowerby. — Kien., sp., pl. riv, f. 1. — Desh. in Lk., 214. Haob. Art. Conus tesselialus, Bruguière. — Lk., 48. — Kien., sp., pl. xvir, f. 1. Hab. Art. R.
Conus monachus, L. — Lk., 76. — Kien., sp., pl. L, FL: Hab. Uagap. Conus coccineus, Gmelin.— Desh. in Lk., 210. — Kien., sp, pl. Lxxvir, f. 5. — Conus Solandrei, Sowerby. Hab. Art.
Conus terebra, Born. — Lk., 145. — Conus terebellum,
Chenu. | Hab. Art.
Convs figulinus, L. — Lk., 89. — Kien., sp., pl. XXVWE, f. 1.
Hab. Uagap et Yenguen, €. — Balade et Art., R.
Concvs fabula, Sowerby. — Kien., sp., pl. LXXHE, f. 5. — Desh. in Lk., 212.
Hab. Art.
Conus imperialis, L. — Lk., 4. — Chenu, Man., f. 1437.
Hab. Art., Lifu, Balade.
Conus ammiralis, L. — Encyclop. méth., pl. cccxxvin, f. 2. — Var. B. de Lk. — Kien., sp., pl. xx, 1.11.
Hab. Balade, Art.
Conus achatinus, Chemnitzs. —Lk., 79. —Chenu , Han., f. 1553.
Hab. Nouvelle-Calédonie.
Las CR
Conus crocatus, Lamarck, 156. — Kien., sp., pl. Lu, f.-3: Hab. Art. Conus nussatella, L. — Lk., 162, var. b. Hab. Art. Conus Cabritii, Bernardi, Journ. Conchyl., t. VIE, p.377, pl. xu, f. 2. Hab. Art. Conus pulicarius, Bruguière. — Lk., 19. — Et Conus fushigatus, Brug. Hab. Art. Conus quercinus, Bruguière. — Lk., 90. Hab. Art. Coxus episcopus, Bruguière. — Lk., 175. — Kien., sp., plixer, f,45:0,.c. Hab. Art. OLiva elegans, Lamarck, 11.— Reeve, C. Ic., pl. xu, f. 20. Hab. Balade. Vozura Deshayesii, Reeve, Proceed. 001. Soc., p. 75, pl. xxvi (1854). | Hab. le nord de la Nouvelle-Calédonie, surtout à Arama, au nord de Balade. C. VozuraA deliciosa, Montrouzier, Journ. Conchyl., t. VIF, p. 375,—t. VILLE, p. 421, pl. n, f. 7-8. Hab. Art.R.R. Ovuzum lacteum, Lamarck, 4 (ovula). — Kien., sp., pl. vi, f. À. Hab. Art. Ovuzum tortile, Martyn (Cyprea). — Ovula angulosa, Lk., 2. — Kien., sp., pl. ax, f. 1. Hab. nord de la Nouvelle-Calédonie. KR. Ogs. Coquille fort recherchée ces sandaliers, qui l'en-
NS 0 Ve
voient du nord de la Nouvelle-Calédonie aux Nouvelles- Hébrides, à Tana, à Ervomango surtout, et obtiennent, en échange, jusqu’à un demi-tonneau de bois de sandal, c'est-à-dire la valeur de 4 à 500 francs. Les naturels Ja portent comme ornement; on l’appelle Buf dans le nord de la Nouvelle-Calédonie, Uatsizsi à Kanala. Elle devient rare (Montrouzier). Cxprza hirundo, L.— Ek., 59. — Kien., 5p., pl. xxxu1, f. 4° Hab. Art. CyPRÆA urseilus, Gmelin. — Ek., 45. — Kien., sp., pl. XXxXIHH, f. 4. Hab. Art. CyprÆA punctata, L.—C. alomaria, Gmel. — C. stercus muscarum, Lk., 48. Hab. Art. R. Cyxpræa spurca, L. — Kien., sp., pl. xxx, f. 1. — Cy- prœa flaveola, Lk., 42. Hab. Yenguen. Crpræa nucleus, £L. — Lk., 57. — Encyclop. métu., pl. CCCLV, f. 5. Hab. Balade, Art. CyprÆA eburnea, Barnes. — Kien., sp., pl. vin, f. 5. — Desh. in Lk., 74. Hab. Art. CyPrÆA limacina, Lamarck, 58. — Kien., sp., pl. XXxv, F4 41D. Hab. Balade, Art. CyrrÆA Walkeri, Gray. — Kien., sp., pl. xrv, f. 5. — Desh. in Lk., 82. Hab. Art. CyPrÆaA argus, L. — Chenu, Man., f. 1673-4. Hab. Art., Nouméa. C.
EMA UT
Cypræa Childreni, Gray. — Kien., sp., pl. x£, f. 5. — Desh. in Lk., 96.
Hab. île de Pot.
Harpa conoidalis, Lamarck, 5. — H. major, Mart.
Hab. Yenguen, Balade, Art. C.
SrromBus minimus, L. — Sfrombus troglodytes, Lk., 25. — Kien., sp., p. 62, pl. xxxt, f. 2.
Hab. Art.
Srromgus terebellatus, Sowerby. — Desh. in Lk., 44. — Reeve, €. Ie., pl. vi, f. 10. — Strombus dentatus, Kiener, sp., pl. xvui, f. 2.
Hab. Art.
Srromgus elegans, Sowerby. — Reeve, C. Ic., pl. xvnr, f. 41. — An Strombus dentatus., L., var. ?
Hab. Art.
Os. C'est à celte espèce qu’il faut rapporter le Strom- bus dentatus que nous avons déjà mentionné dans notre catalogue (Journ. Conchyl., t. VIE, p. 560). MARGINELLA avena, Kiener, sp., p. 17, pl. vi, f. 24. —
Desh. in Lk., 58.
Hab. Baie-Boisée.
MARGINELLA suavis, Souverbie, Journ. Conchyl., t. VI, p. 576; —t. VIN, p. 126, pl. ux, f. 15.
Hab. Art. PE
(La suile prochainement.)
— 08 —
Étude sur le genre Cameeltaire, et descriplion
d'espèces nouvelles (suite),
PAR M. H. CRossE.
T 1.
Depuis notre dernier travail sur le genre €ancella- ria (1), il n’a point été publié, du moins à notre connais- sance, de mémoire anatomique relatif à l’organisation générale des animaux de ce genre, et nous restons tou- jours, à ce sujet, en présence de l'insuffisance des docu- ments que nous avons précédemment signalés, Mais il n'en est pas de même d’un point spécial de cette organi- sation, l'appareil buccal, au sujet duquel M. le professeur Troschel, de Bonn, a fait récemment une découverte in- téressante qu’il a publiée dans les archives de Wieg- mann (2). L'universalité des auteurs admettait comme un fait acquis à la science que les Cancellaires étaient pour- vues d'un appareil buccal d'une simplicité remarquable, caractérisé par l'absence de toute denture linguale ; ce caractère avait même déterminé quelques auteurs, qui basaient leur classification des Gastéropodes uniquement sur les différences offertes par l'appareil buccal, à placer le genre Cancellaria dans le groupe des Gymnoglossa avec les Pyramidellidæ et les Eulimidge. Il paraît que rien n'est moins exact, si l’on doit s’en rapporter à l'examen fait par M. Troschel de la masse buccale d’un individu (Cancellaria crenifera, Sowerby) que lui a communiqué M. Sicenstrup, de Copenhague.
(1) Journai de Conchyliologie, 1861, vol. IX, p. 220. (2) Archiv. fur Naturgeschichte, 1861, p. 361.
ME: IDR
Sur cet individu, il a constaté l'existence, à l'intérieur d’une trompe proéminente, d’une très-petite masse buc- cale, vers la partie médiane de laquelle on distinguait une étroite bande longitudinale. Cette bande n’est autre chose que le radula, autrement dit la râpe linguale, avec son armature; elle est constituée par deux rangées de James longues, très-minces, en forme de ruban, et avec les extrémités libres dirigées en avant. Les lames, dans leur partie médiane, sont traversées en sens longitudinal par un canal étroit et légèrement sinueux. Le savant pro- fesseur de Bonn constate et reconnait que la configuration de ces lames s'éloigne notablement de celle des dents en forme de flèches des g. Conus, Pleurotoma et Terebra, qui constituent le groupe des Toxoglossa ; mais il croit, néanmoins, ne pouvoir se dispenser de rattacher le g. Cancellaria à ce groupe dans lequel il formerait une fa- mille particulière, à cause de la longueur, de la disposi- tion ainsi que de Ja direction des lames, el de la présence - du canal que nous avons signalé plus haut.
En l'absence d’une connaissance complète de l'animal, la grande dissemblance des coquilles nous empêche de partager cetle opinion : nous croyons, d’ailleurs, que, pour obtenir une bonne classification, il est plus prudent de se baser sur les rapports et différences de l’ensemble des or- ganes que sur Îles caractères offerts par un seul d’entre eux. D'ailleurs, même si l’on se borne à examiner les par- ticularités que présente la masse buccale dans le g. Can- cellaria, on ne peut s’empècher de reconnaître que rien ne prouve l'existence, chez les Mollusques, de l’espèce de glande à venin qui rend notablement douloureuse la mor- sure faile par les grandes espèces du genre Conus (4), et
(4) « La morsure du Conus aulicus est venimeuse, accompa-
PVR. qui constitue une particularité d'organisation bien re- marquable.
On doit, néanmoins, en présence de l'intéressante ob- servation que nous venons de relater, se demander si, contrairement à l'opinion émise par M. Deshayes, et que nous avons reproduite dans notre premier travail, les ani- maux du g. Cancellaria ne sont point zoophages et des- tinés, par conséquent, à vivre de chair et non de végétaux. M. Troschel reconnaît, d’ailleurs, que leur armature lin- guale n’est point propre à piquer et paraît en même temps trop faible et trop flexible pour pouvoir opérer comme Ciseau.
Un autre point reste également douteux, et nous nous permettrons d'appeler sur Jui l'attention des naturalistes du Nord, plus à même que les autres d'étudier fa question; c'est celui de savoir si les Cancellaires septentrionales (g. Admete) sont réellement dépourvues d'armature lin- guale, comme on l'a cru jusqu'ici, ou si l’on est tombé, à leur égard, dans la même erreur d'observation qu'à l’é- gard du Cancellaria crenifera. Dans le premier cas, le genre Admete serait bon, il devrait être adopté; car il of- frirait enfin ce dont il nous paraît manquer jusqu’à pré- sent, un caractère de valeur générique tiré de l’organisa- tion intime de l'animal. Dans la seconde hypothèse, au contraire, il y aurait lieu de le supprimer, ainsi que nous l'avons fait précédemment.
«gnée de douleurs aiguës, et laisse une pelile marque triangu- «laire, profonde, qui détermine la formation d’une cloche pleine « de liquide. A la petite île de Mayo, une des Moluques, près « Ternate, sir Edward Belcher fut mordu par un de ces Cônes, « qui sortit soudainement sa trompe au moment où il le tirait de « l'eau, à la main. Il compara la douleur éprouvée à celle que « produit le phosphore brûlant sous la peau. » (Adams et Reeve, Voy. of the Samarang, Mollusques, p. 19.)
= GŸ =
IE.
Nous avons quelques espèces vivantes à ajouter au cata- logue publié par nous en 1861 ; oa en trouvera la des- cription plus loin: nous profiterons également de la cir- y constance pour opérer quelques additions ou reclifications relatives à des espèces déjà connues.
Premier groupe : Krigonostomes. 4. CANCELLARIA TRIGONOSTOMA, Lamarck.
M. Petit de la Saussaye, dans ses Mélanges (A), croit, sans toutefois pouvoir l'affirmer positivement, que cette espèce habite la côte orientale de l'Afrique.
Nous persistons dans notre appréciation première pour les raisons que nous avons exposées.
21. CANCELLARIA SERRATA, Reeve.
M. Otto Semper, d’Altona, dans un travail paléontolo- gique sur lequel nous: aurons à revenir (2), fait remar- quer, avec raison, qu'il existe déjà dans la nomenclature, depuis 4831, c’est-à-dire bien antérieurement, un Can- cellaria serrata, Bronn (3), espèce fossile fort différente ; il propose et l'on devra adopter à l'avenir pour l'espèce vivante le nom de Cancellaria Crossei, Semper.
Deuxième groupe : Purpuriformes. SO. CANCELLARIA RUGOSA, Lamarck.
Nous avons, avec les auteurs anglais, indiqué la Chine comme étant la patrie de cette espèce : c’est très-proba-
(4) Journal de Conchyliologie, 1862, p. 221: (2) Palæontologische Untersuchungen, D. JA (3) ltaliens Tertiargebilde, p. 48, n° 241.
et OR blement une erreur. Un fait certain, c'est que cette Can- cellaire se trouve à la Guadeloupe (Marie-Galante, Saint- Martin). Nous nous rangeons donc à l'opinion de M. Petit de la Saussaye (£. c.) sur ce point.
85. CANCELLARIA CUMINGIANA, Petit.
L'habitat de cette espèce, que nous avions omis d’indi- quer, est Payta, sur la côte du Pérou. Nous avons eu tort de ne pas placer dans son voisinage immédiat, sur notre catalogue, le C. obtusa, Deshayes : ce fait nous a été dé- montré par la communication d'une forme remarquable et presque intermédiaire entre les deux espèces, que nous décrivons ci-dessous, à titre de variété, et dont nous n’hé- sitons pas à donner la reproduction (pl. 1, fig. 9).
CANCELLARIA CUMINGIANA, Petit.
Var. 8 subobtusa, brevior, magis globosa, adbasin minus attenuata , validius subumbilicata, anfr. k (embryonalibus 1 1/2 lœvibus , albis) , margine dextro et margine basali co- lore luteo tinctis, limbo brunneo-violacescente, epidermide oli- vacea induta. — Inter C. Cumingianam, Petit, et C. obtu- sam, Deshayes, quasi media, sed C.Cumingianæ magis vicina. — Long, 38. diam. max. 29 null.
Hab. Payta (collect. B. C. Thomas).
Cette intéressante coquille est le second individu de cette rare espèce qui ait été apporté en France, du moins à notre connaissance, elle en offre tous les principaux ca- ractères; mais, néanmoins, par sa forme plus courte, plus globuleuse, moins atténuée à la base, par son ombilic un peu plus large, elle se rapproche, à certains égards, du C. obtusa, ainsi que nous le fait remarquer M. Thomas, qui a bien voulu nous la communiquer, et constitue ainsi une variété très-intéressante. Le bord droit et la base sont bordés d’un jaune orangé, et le limbe extrême est d’un
08 brun violètre. L’épiderme qui subsiste encore sur une partie de la coquille est mince et d’un vert olivâtre. Elle a été recueillie à Payta, par des marins de la frégate la Per- sévéran£e (1856-1858), qui pèchaient à la seine, et donnée à son possesseur actuel par M. Bigot, chirurgien principal de la marine. 5° groupe : FEitriformes.
92. CANCELLARIA SowErBy1, Crosse.
M. Semper, dans l'ouvrage mentionné plus haut, nous reproche d’avoir donné ce nom comme nôtre à cette es- pèce, quand Bellardi avait déjà pris le même soin en 1844, Nous lui rappellerons que l’auteur italien n’a pas latinisé le nom qu'il proposait, et que, par conséquent, d’après les règles de la nomenclature, cenom n'a pas pu prendre date: il n’existe, pour la science, qu’à partir du moment où il est formé régulièrement.
Nous avons six espèces, dont trois nous paraissent iné- dites, à ajouter aux quatre-vingt-treize de notre catalogue, ce qui porte à quatre-vingt-dix-neuf le nombre total des types actuellement vivants du g. Cancellaria; les deux premières appartiennent au groupe des Trigonoslomes, et les quatre autres à celui des Purpuriformes.
94. CaxcerLarrA BocaGeaAxA, Crosse et Debeaux (1).
Hab. golfe du Pe-tchi-li, non loin des forts de Takou ‘ (nord de la Chine), dans la vase.
Jolie espèce, voisine de notre C. Thomasiana (C. sca- larina, Reeve, non Lamarck); elle a été recueillie par notre honorable correspondant M. Odon Debeaux, phar- macien aide-major attaché à l'expédition de Chine.
(4) On trouvera plus loin, dans le présent numéro, la diagnose latine de l'espèce.
GPTL 93. CANCELLARIA ANGASr, Crosse (pl. 1, €. 8).
T. imperforata, elongato-turrita, subscalariformis, te- nuis, &lbida ; spira elongata, apice rotundato, obtusiusculo ; anfr.6 1/2 (embryonalibus, 1 1/2 lœvibus, nigricantibus,; o- tundatis) acute carinais, parce et obsolete spiralter siriatis, impressis longitudinaliter costis validis, ad angulum carinæ acutis, subspinosis ; ultimo anfractu bicarinato (altera carina müinore, ad insertionem marginis dextri sita), spiram fere æquante; columella biplicata, callo parvo munita, alba; apertura trigono-subquadrata, fauce alba, non lirata , nti- da. — Long. 15, diam. max. 8, long. anfr. ultimi T, long. spiræ 8 millim.
Hab..….?
Coquille imperforée, turriculée, élancée, subscalari- forme, mince, blanchâtre; spire allongée, à sommet ar- rondi et obtus. Les tours de spire sont au nombre de 6 1/2; les tours embryonnaires (1 1/2) sont lisses et d’un gris noirâtre ; les suivants sont munis d’une forte carène située environ vers le tiers du tour en partant de la suture, mar- qués, dans le sens de la spire, de stries rares el obsolètes, disparaissant à peu près complétement sur le derniertour; ils sont aussi pourvus de côtes longitudinales fortement prononcées, aiguës et subépineuses à leurs points d’inter- section avec la carène. Le dernier tour présente deux ca- rènes, dont la seconde, plus faible et moins prononcée que l’autre, est située à la hauteur de l'insertion du bord droit; la columelle est pourvue de deux piis, assez fortement cal- leuse, eu égard au peu d'épaisseur de la coquille, et blanche, ainsi que l'ouverture, dont la forme subtrigone tend à devenir légèrement quadrangulaire, sous l’influénce de la deuxième carène, et qui est entièrement lisse à Fin- térieur. — Longueur 15 millimètres, plus grand dia- mètre 8, longueur du dernier tour 7, longueur du réste de la spire 8.
RER e AUS Cette élégante petite espèce nous a été communiquée par M. Thomas; elle fait partie de sa collection, mais il en ignore la provenance. Nous ne trouvons, dans les mono- graphies du genre, aucun type auquel nous puissions la rapporter ni qui reproduise la double carination si singu- lière de son dernier tour. Elle se rapproche beaucoup plus, sous le rapport de la forme, de quelques espèces fossiles des terrains tertiaires d'Italie, et notamment du C. unian- gulala, Deshayes. Nous la dédions à notre honorable correspondant, M. G. French Angas, auquel le journal doit la communication de plusieurs nouveautés intéressantes.
96. CANCELLARIA SEMPERIANA, Crosse (pl. II, f. FUË
T. imperforata, globoso-turrita, parum crassa, cinnamo- mea; Spira elongata, apice rotundato, obtusiusculo ; anfr. G 1/2, duobus primis embryonalibus lævibus, pallide castaneis, cœæteris longitudinaliter et irregulariter plicato-costatis, spi- raliter frequentissime striato-sulcatis, striisinæqualibus, im- primis ad basin undulatis, alüs tenuibus, numerosis, aliis validioribus, ad occursum costarum longitudinalium nodulo- sis; anfr. penultimo et ultimo obtuse subcarinatis, ultimo an- fractu ventricoso , inflato , spira multo mujore , colore squa- lide albo fasciato, supracarinam et ad suturam albovariegato ; columella crassiuscula, valide callosa, nitide candida, tripli- cata ; apertura satis ampla, ovato-rotundata', fauce lirata, cinnamomeo-albida; margine dextro acuto, fleruoso, postice abeunte.—Long. 37, diam. max. 95, long. anfr. ultimi 24, long. spiræ 13 millim.
Iabitat in Nova-Caledonia, teste B. C. Thomas
Coquille imperforée, d'une forme généralement globu leuse, bien que la spire soit turriculée et assez allongée, peu épaisse et d’une couleur cannelle assez foncée: le som-
met de la spire est arrondi en forme de bouton et assez 5
4 Os
obtus. Les tours sont au nombre de 6 1/2 : les deux pre- miers, qui constituent les tours embryonnaires, sont en- tièrement lisses ct d’un brun clair; les autres présentent, dans le sens longitudinal, des côtes, ou plutôt des plis irré- guliers et plus ou moins obliques, et, dans le sens con- traire, desstries fort nombreuses, et de deux natures diffé- rentes : les unes sont plus faibles, plus fréquentes; les au- tres plus rares, mais plus marquées, forment de petites nodosilés aux points où elles rencontrent les côtes lon- gitudinales : toutes ces stries, d'ailleurs, sont légèrement ondulées, surtout dans le voisinage de la base. Les deux derniers tours présentent une carène obtuse, plus sensible au toucher qu’à la vue; le dernier lour est ventru, renflé, beaucoup plus grand que la spire, marqué d’une bande d’un blanc sale; on y remarque, également, des parties blanchâtres au-dessus de la carène et dans le voisinage de la suture. La columelle est assez épaisse, fortement calleuse, d’un blanc pur et brillant; elle porte trois plis : l'ouverture est assez large, de forme à peu près ovale, rayée à linté- rieur, et d'un blanc qui tourne au marron clair; on y voit, par transparence, la place de la bandeclaire du dernier tour; le bord droit est tranchant, flexueux et fuyant en arrière. — Longueur 57 millimètres, plus grand diamètre 25, lon- gueur du dernier tour 24, longueur du reste de la spire 15.
Cette espèce, qui fait partie de la riche collection de M. Thomas, provient, selon toute apparence, de la Nouvelle- Calédonie; elle a été acquise, en 1861, avec d’autres co- quilles, toutes de la même provenance.
Nous ne trouvons, dans les monographies de Reeve ct de Sowerby, qu’une seule espèce qui ait quelque rapport avec la nôtre, le Cancellaria undulata, Sowerby, de Tas- manie. Malheureusement, l'an et l’autre, selon la déplo-
St
rable habitude de la plupart des auteurs anglais, ne don- nent ni les dimensions de l'espèce ni le nombre des tours de spire, ce qui gène pour la comparaison; de plus, la fi- gure de Reeve paraît représenter un individu non adulte. Si nous nous en rapportons à celle de Sowerby, nous trou- vons les différences suivantes entre les deux espèces. La nôtre a le dernier tour plus ventru et proportionnellement beaucoup plus grand, l’ouverture plus large, la callosité columellaire plus forte, lavant-dernier tour moins déve- loppé et la spire notablement moins haute; de‘plus, la cari nation obtuse des tours semble placée plus loin de la suture et les plis longitudinaux en forme de côtes sont beaucoup moins marqués et beaucoup plus irréguliers. Dans les deux espèces, les côtes sont légèrement noduleuses à leur point d’intersection avec les stries les plus fortes, et la columelle présente des granulations dans la partie qui avoisine les plis. La description de Reeve n'indique que deux plis à Ja columelle du C. undulata, celle de Sowerby est muette à cet égard. Notre espèce porte trois plis parfaitement dis- tinets. Nous lui donnons le nom de M. Otto Semper , d’AI- tona, auteur d’un travail paléontologique sur le genre Can- cellaria.
97. CANCELLARIA PARVA, Philippi.
Philippi, Reise durehdie Wueste Atacama, D: 187 pl VII, f. 18 (Halle, 4860).
Cette espèce a été recucillie par M. Philippi, sur la côte d’Atacama (Chili), dans le guano. II ne restait plus de trace de coloration sur les exemplaires trouvés. L'ouvrage dans lequel se trouve décrit ce Cancellaria étant peu répandu, nous reproduisons la diagnose : 7. oblongo-fusiformu, longitudinaliter costata et cingulis transversis ornala ; cos-
lis, ubi a cingulis secantur granuliferis; cinqulis in anfr.
— 68 — ’
superioribus tribus, in ullimo circa sex ; cauda disuncta, subimperforala ; apertura spiram æquante; columella bi- plicata; labro plicis & intus munito. — Al. 5 1/2 ln., crass. 5 1/5 lin., alt. aperture 5 lin.
L'auteur ajoute que les tours sont au nombre de 7, et que les 5 premiers sont lisses.
98. CANCELLARIA AUSTRALIS, Philippi.
Malak. Blätter, 1856, p. 164.
Hab. détroit de Magellan.
Cette espèce appartient, ainsi que la suivante, au groupe de Cancellaires à test mince, provenant des régions froi- des, et pour lesquelles à été établi le genre Admete. Elle porte deux plis assez apparents à la columelle, et est fai- blement ombiliquée.
99. CANCELLARIA SCHYTHEI, Philippi.
Malak. Blaller, 1856, p. 164.
Hab. détroit de Magellan.
La columelle, dans cette espèce, ne porte qu'un seul pli, et ii n’est pas très-prononcé.
Il existe encore quelques autres espèces décrites par di- vers auteurs comme faisant partie du genre Cancellaria, mais qu'on ne peut admettre, les unes, comme le C. Can- deana, d'Orbigny (Moll. Cuba, pl. xxx, fig. 23,24), et ses congénères, parce qu’elles font partie du genre Phos ; les autres, comme les €. multiplicata, Lesson, et C. mu- troides, G. Fischer de Waldheim, parce que, grâce à lim perfection des diagnoses, il est impossible de savoir avec certitude, non-seulement à quel genre, mais même à quclle famille il faut rapporter les Mollusques décrits (1):
(1) Voir l’article de M. Petit de la Saussaye, Journal de Conchy- liologie, |. €.
Ge |
IT.
Au point de vue de la distribution géographique des espèces actuellement vivantes du genre Cancellaria, nous n'avons rien à changer à nos conclusions relatives à l'existence des deux grands centres de développement du genre , l'Amérique centrale, du côté du Pacifique, et la égion asialico-océanienne. Mais nous devons modifier quelques points de détail. On connait avec certitude l'ha- bitat de 77 espèces, au lieu de 71 seulement. 29 espèces, au lieu de 28, habitent l Amérique centrale, puisqu'il faut ajouter le C. Cumingiana, de Payta, dont notre pre: mier catalogue omettait l'habitat. Il est même probable, vu la grande analogie des formes, que le €. obtusa habite aussi quelque point de la côte du Pérou.
Le Chili compte maintenant une espèce, C. parva, et le détroit de Magellan deux, C. Schythei et C. Australrs. Le nord de la Chine fournit une espèce nouvelle, C. Boca- geana, du Pe-tchi-li, et une autre déjà décrite, le C. Spen- gleriana, connu seulement aux Philippines, qui a été re- cueilli par M. Odon Debeaux, dans la grande rade de Tche-Fou, où il atteint des dimensions considérables. La Nouvelle-Calédonie s'enrichit d’une deuxième espèce, le C. Semperiana.
- Telles sont les diverses additions que nous avons à faire à notre précédent travail, pour ce qui concerne les Can- cellaires de l'époque ‘actuelle. Dans un prochain article nous donnerons le supplément du catalogue des espèces: fossiles, supplément assez imporlant; car aux espèces ter- tiaires omises ou décrites postérieurement, il paraît :y avoir lieu d'ajouter des formes de la craie supérieure ap- partenant incontestablement au genre Cancellaria,
H. C.
Eu QE
Note sur le Cassidarin Deshnyesii,
par M. LE D' Duvar.
J'ai donné, il y a plus de vingt ans, dans la Revue z00- logique (numéro de septembre 1841), la description d’une espèce nouvelle de Cassidaire, que je dédiai à M. Deshayes. Depuis cette époque, cette curieuse coquille n’a été ni fi- gurée, ni mème indiquée dans aucun ouvrage de conchylio- logie venu à ma connaissance. La publication du C. Pro- vincialis, faite récemment dans le Journal de Conchylio- logie, a reporté mes souvenirs sur le C. Deshayesii, et j'ai pensé qu'il serait agréable aux conchyliologues de con- naître une jolie espèce parfaitement caractérisée dans un genre qui en compte si peu, soit vivantes, soit fossiles. Je me décide donc à la tirer de l'oubli, qu'elle me paraît ne pas mériter, en la faisant connaître par une bonne fi- gure. Je reproduis la diagnose originale, en reclifiant seulement les dimensions.
Cassiparia Desmaxesint, Duval (pl. I, fig. 9).
T. ovato-ventricosa (1), utrinque conica, carinata, longi- tudinaliter et undatim plicata, transversim sulcata; ad ca- rinam subtuberculata, albido-violacescente, puncticulis lineo- lisque arcuatis, fuscis picta. Spira acuta, mucronala, an- fractibus angulatis, supra planis, ad angulum tuberculato- carinatis; suturis undulatis; apertura alba, labro crasso, intus plicato, murgine undulato et puncticulis fuscis notato. Columella supra inferneque rugosa. Long. 32, lat.20 millun.
1\ Revue zoologique, 1841, p. 278. ÿ ;
Se pee
Cette espèce habite la côte occidentale d'Afrique. N'ayant pu avoir de renseignements précis sur son habitat, je suis réduit à des présomptions; elle m'est parvenue avec des coquilles du Sénégal et de Gorée. D.
Description d'une wokute nouvelle,
PAR À. VALENCIENNES, professeur au Muséum. :
En rangeant les nombreuses Volutes de la collection du Muséum d'histoire naturelle, j'ai trouvé une très- belle espèce provenant des doubles de la collection faite à Bordeaux par un riche négociant de cette ville, et acquise par l’État, sur la proposition que les professeurs du Muséum firent à-M. le comte de Salvandy, alors mi- nistre de l'instruction publique.
En examinant, sans une minutieuse comparaison, cette coquille, on lui trouve une coloration qui rappelle celle du Voluta zebra, décrit par le docteur Leach, et figuré dans le Recueil zoologique que ce savant publiait alors sous le nom de Mélanges (Zool. Misc., vol. L., tab. 49). Lamarck introduisit cette description dans son histoire naturelle des animaux sans vertèbres, sous le nom de Marginella radiala. Cependant j'ai cru devoir ramener cette forme au genre Volute, en en faisant toutefois une coupe sous-générique distincte que j'ai nommée, dans les galeries du Muséum, Pilidia, et que je compte caractéri-
jai MER
ser dans une prochaine monographie à publier sur ce beau genre des Volutes.
Notre nouvelle Volute a des formes et une taille qui la placent auprès du Voluta Lapponica ; mais elle me pré- sente moins de plis à la columelle : il n’y en a que six, et encore les deux supérieurs sont à peine visibles.
L'ayant trouvée avec mon amiM. Lorois, ancien préfet du Morbihan, qui emploie ses loisirs et sa fortune à l’étude de la conchyliologie, et dont les conseils m'ont été sou- vent très-utiles, j'ai voulu lui donner une nouvelle preuve de mon amitié en appelant de son nom la Volute qui prend place dans la collection du muséum sous la déno- mination de
Vozura Loroisi, Valenciennes.
Tesia ovata, fusiformi, lœvigala, nitida; ex rubes- cente alba, vel rosea, lineis qualuordecim spadiceis lon- gitudinaliler ornata; labro aculo ; columella sexplicata, rugis duabus superis, vix conspicuis.
Long. 79, diam. max. 40 millim.
Habitat?
Cette Volute n’a aucun de ses points roussâtres disposé en bande transversale sur le dos ; elle est donc distincte, par ses couleurs, de toutes celles que je trouve dans les au- teurs. AU
Descriplion d’une Mélieine nouvelle,
PAR LE D' L. PFEIFFER.
HeLtcinA Rosaziæ (pl. IE, fig. 5).
T'. lenticularis, solidu, acute carinata, oblique subtilis-
— 0 me
simestriatula, lutescens; spira breviter conoideo-elevala ; su- tura linearis; anfr. k 1/2 plant, non exserti, ultimus albo- carinatus, basi convexus, medio caællo mitido, citrino, parvo, cireumscripto munitus ; columella brevissima, tuber- culo minuto terminata; apertura perobliqua, subtriangula- mis; perist. callosum, album, margine supero vix . expan- siusculo, basali arcuato, reflexiusculo. — Diam. maj. 8, min. 6, all. 4 mul.
Habitat Halu et Digallorin insularum Philippinarum.
Species peraffinis nonnullis aliis insularum Philippinen- sium äncohs, præsertim varietatibus minutis H. acutissi- meæ, sed differt spira multo minus elata, AN FTRCTURS non exsertis, elc.
Coquille lenticulaire, solide, à carène aiguë, très-fine- ment striée en sens oblique, et de coloration jaunâtre : spire formant un cône surbaissé ; suture linéaire; tours de spire au nombre de 4 1/2 et à surface plane; le dernier est entouré d’une carène blanche, convexe à la base, à la partic médiane de laquelle règne une callosité de couleur citrine, luisante, petite, circonscrite : columelle très- courte, terminée par un petit tubercule; ouverture très- oblique, subtriangulaire; péristome calleux, blanc; bord supérieur présentant à peine une faible expansion, bord basal arqué, légèrement réfléchi. — Plus grand diamètre 8, plus petit 6, hauteur 4 millim.
Cette espèce a été recueillie par M. C. Semper, à Halu et à Digallorin (îles Philippines). Elle a de grandes affinités avec quelques autres Hélicines des mêmes îles, et surtout avec les variétés de petite taille de l’H. acutissima, dont elle diffère par sa spire beaucoup moins élevée, par ses tours à surface plane et par quelques autres caractères. Elle fait partie de la collection de M. Grosse, qui me l'a communiquée. LP
RUE AE
Deseripuon Jl'Espéess nouvelles,
PAR M. SOUVERBIE (8° article) Er LE KR. P. MoNTROUzIER (6° article).
HELIX ISABELLENS:S, Souverbie.
Testa subumbilicata, subgloboso-trochiformis, plus mi- nusve acute carinata, oblique striatula et striis subimpres- sis spiraliter decussatula, tenuiuscula, subdiaphano-ala- bastrina, epidermide flavidulo-viridula, tenui induta ; spira conoidea, apice obtusula; sutura depressula; anfr. k con- vextiusculi, ultimus parum descendens, fascia opaco-alba, angusta, ad carinam ornatus, infra minus convexus ; apert. obliqua, subrhombeo-rotundata, superne modice arcuata, inferne roltundata; columella sublata, suboerticaliter as- cendens, medio longitudinaliter impresso-sulcatula; perist. reflexum, expansum, marginibus callo sublato, tenuissimo junctis , in loco columellari extus breviter fornicalim recur- vum et umbilicum angustissimum formans.
AÏL.92, diam. max. 24, min. 21 mill.; apert. 16 mill., alt. ex columell. 11 lala. (Mus. Burdigalense.)
Habit. ins. Isabella (archip. Salomon). Sex specim. vidi.
HyDRoCENA ( OmPrHALOTROPIS) MAaRITIMA, Montrouzier.
« Testa umbilicata, ovato-conica, tenuissime striatula , « tenuiuscula, translucida, flavidulo velrubello-cornea; spira. « conico-acutiuscula; anfr. 5 192—6 convexi, subscalures, « sutura profunda separali; ultimus spira brevior, obsole- « tissime subcarinatus , basi circa perforationem profun- « dam, infundibuliformem, carina filiformi albidulæ obli-
«
Des, * Vies
quissime munilus; apert. subverticalis, ovato-subpirifor-
“mis, basi subcanaliculata; perist. simplex, rectum, mar-
ginibus callo tenui junctis, columellari subincrassato, brevissime reflexiusculo.
« AU. 5, lat. 3 1fk maill. (Mus. Burdigalense.)
« Habit. ins. Art. ( Archip. Caledon.) sub vetustis lignis maris vento expositis. »
Dorium TEsrTarDr, Montrouzier.
« Testa profunde umbilicata, ovato-ventricosa, subsolida, spira elata; anfr. 6 convexi, supra planulati, transver- sim sulcati el costati, costis in ultimo anfractu circiter 93, impresse malleatis, ex basi ad suturam gradatim magis ac magis complanatrs el dilatalis, prope suturum subeva- midis, superioribus lira parva interveniente, albidula, apice migricante, postea rosacea, longitrorsum el sub- oblique fulvo-rufescente, flezuose flammulata; apert. intus- costulata, alba, in fundo aurantiaca; columella arcua-
GES Blouse (fracta).
« «
«
€ AE, 115, l'at. max. 85, min. 65 mull.; apert. 85 mil. longa, 45 lata. (Mus.Burdigalense.)
« Habit. ins. Pot. (Archip. Caledon.) Specimen unicum vidi. »
NERITINA SOUVERBIANA, Montrouzier.
« Testa suboblique ovalis, spira sublateralis, parum exserla ; anfr. 3 convexis, lævibus, nitidis, albo-subflavi- dulis, transverse (3-k-5 seriatim in ult. anfr.) albo-punc- tatis et flavo-subaurantiaco colore biballeatis, lineis ru- bidis vel nigris capillaceis, puncta alba non tangentibus, longitudinaliter flexuoso-strigatis; area columellaris alba, postice callosa et subluteola, antice medio late subemargi- nata et minute G-7 denticulala; apert. inlus concolor, punclis, balleis et slrigis perlucentibus ; operc. extus sub- concavo, radialim strialo, intus recurve subearinato
TG «et inæqualiler bipartito, postice angulatim emarginu- lato. » (Mus. Burdigalense cum var. B.) Var. B. strigis numerosioribus, balteis deficientibus. Var. C. fere nigra, juxta suturam seplumque albo- punctata; strigis latioribus, subfusis, vix undulatis. (Coll. - Gassies.) « Long. 5, lat. 3; alt. 3 172 mil. « Habit. Hienquen, ins. Art. et Pot. (Archip. caled.). » Species martima, fucorum incola.
HELICINA FiscHERIANA, Montrouzier.
Testa turbinato-lenticularis, solidula, oblique striata, spiraliter costulata, alba, radiatim et oblique luteo-strigata; anfr. 5 subplano-convexi, sutura impressa separati, ultimus acute carinatus, subtus convezxior, callo centrali nitido, albo, subgranulato munitus ; columella brevis, verticalis ; apert. obliqua, subrhombeo-triangularis, intus luteola; perist. album, ad carinam subrostratum , margine supero subsi- nuoso, subreflexiusculo, basali breviter reflexo, cum colu- mella angulatim juncta.
Diam.maÿ. 15, min. 13; alt. 9 mil. (Mus. Burdigalense).
Helicina Fischeriana, Montr. in Sched.
Habit. ins. Woodlark : specim. unicum vid.
HELIx WoopLARKkIANA, Souverbie.
Testa imperforata, semiglobosa, oblique striata , tenuis- sime granuloso-malleata, hic illic obsoletissime spiraliter striata,tenuiuscula,nitidula,subtranslucida, subuiolacescens, apice violacea; fasciis 4 albis, tribus superioribus plus minusve interruptis et fusis, .quarta latiore, integra ad: peripheriam ornata; area periomphali pallidiore, fascus: tribus albis, minimis, subevanidis cireumdata; anfr. 4 con: vexi, sutura impressa, ultimus carinalus, sublus convexior,
antice parum descendens, pone labrum albo- favidulum subconstrictus; apert. intus concolor fascus perlucentibus,
St en 2
obliqua, subrhombeo-lunaris ; perist. acutum, album, mar- gine supero antice arcualo et subreflexo, postea usque ad columellarem subrosaceo-violaceum reflexe dilatato, colu- mellari subito reflexe appresso.
Lat. maj. 19 172, min. 15 mul. ; alt. 14 192 mal. (Mus. Burdigalense.)
Habit. ins. Woodlark. ( Louisiadarum). Spec. unic. vida. S: et M.
Diagnoses d'Espèces nouvelles du nora de !a Chine,
L PAR H. CROSSE ET O. DEBEAUX.
1. CANCELLARIA BOCAGEANA.
T. vix subrimata, elongato-pyramidalis, crassiuscula ; anfr. 6 1/2 (præler anfr. apicales læves, albidos, subro- tundatos), coslis longitudinalibus 6-9, distantibus, rotun- dato-obtusis, lævibus muniti, superne angulati, ad suturam profunde canaliculah, transversim inter costas inconspi- cue strial ; ullimus anfraclus spira paulo minor, zonulis pallide cinnamomeis, numerosis, confluentibus transver- sim cinclus, albo unifasciatus ; apertura oblongo-triangu- lari, fauce livida, albo unizonata ; columella triplicata, basin versus obsolete granulata; labro crasso, effuso, intus denticulato-lirato, ad suturam angulato el obsolele uniden- {alo, ad limbum colore cinnamomeo maculato. — Long. 22, diam. max. 15 millim.
Habitat ad littus loci dich « Ta-Kou, » Chinæ septen- trionalis.
LR 9, FRAGILIA YANTAIENSIS.
T. crassissima, Ovalo-trigona, inœquilalerahs, turqi- dula, postice phcato-carinata, extus rubigineo-albisans, concentrice rugosa et sublamellosa, intus squalide alba ; latere anlico paulo breviore, rotundalo, postico obtuse ros- trato, subflexuoso ; cardine bidentato (alterodentemajore); umbonibus compressis, conliquis ; nymphis lalis, subpla- nis ; ligamento crasso, nigrescente; lunula parva, pro- funde intrante. — Long. 48, lat. 42, crass. 24 millim.
Habitat in sinu « Yan-tlai » dicto, Chinæ septentriona- lis, in lapidibus excavatis frequens. H:C. et 0. D.
Pour la dernière des deux espèces dont nous donnons la diagnose ci-dessus, nous avons adopté le nom générique de Fragilia, mais ce n'est pas, nous devons l'avouer, sans une grande hésitation. Schumacher a créé, en 1817, le genre Gastrana pour deux espèces, dont l'une est bien un Fragilia, mais dont l'autre fait partie d'un genre diffé- rent. M. Peshayes (1) fait remarquer qu'on ne pent guère adopter le nom de cet auteur, attendu qu'il n'y a nulle raison de choisir comme type l’une de ses espèces plutôt que l’autre ; il pense donc que l'on doit rejeter le genre comme incertain et insuffisamment caractérisé. M. Des- hayes lui-même, en 1846, à élabli la coupe générique sous le nom de Diodon(a, et, comme il existait déjà anté- rieurement un genre Diodonta créé par Hartmann en 1845, il a remplacé cette appellation par celle de Æragi- lia. Ce dernier nom, malheureusement, n’est point tout à fait irréprochable, car il a pour radical un adjectif (2).
(4) Descr. Animaux s. vert. bassin de Paris, vol. I, p. 319:
(2) Nomina generica Adjectiva Substantivis pejora sunt adeoque non optima, Linné, Philos. botan., $ 235.
= ee D'un autre côté, nous ne nous sentons pas le courage de surcharger la nomenclature d’un quatrième nom, trou- vant que trois c’est déjà beaucoup trop pour un seul genre, et nous nous contentons, faute de mieux, du vocable Fra- gilia.
M. Odon Debeaux, ayant bien voulu communiquer à M. Fischer un exemplaire du F. Fantaiensis avec le mol- lusque conservé dans l’esprit-de-vin, nous donnons ci-joint le résultat de l’examen anatomique qui en a été fait par notre collaborateur. H. Crosse.
Note sur l’animal du Fragilia Yantaiensis,
PAR P. FiscHEr.
L'animal que renferme cette coquille est un véritable Fragilia et confirme de tous points le remarquable travail donné par M. Deshayes sur le type du genre, dans son Ex- ploration scientifique de l'Algérie.
Les bords du manteau sont garnis de tentacules coni- ques simples et bien différents de ceux des Fellines. Le siphon branchial est conique, épais, très-musculeux, ter- miné par des cirres; le siphon anal qui le surmonte est plus étroit, moins long, presque cylindrique. Ces-organes n’ont rien de la ténuité des siphons des Tellines, mais ils m'ont paru dépourvus d'épiderme, caractère que M. Des- hayes considère comme très-importan£ pour la distinction des Fragilia.
La masse abdominale est très-haute, volumineuse; le
DA | Nes
pied est subquadrangulaire, moins développé que celui des Zellines.
Quant aux palpes labiales et aux branchies, elles ont la même constitution que chez les Te/lines. Les feuillets branchiaux sont réduits, dechaque côté, à une lame divisée elle-même, à son insertion sur la masse abdominale, en deux portions, une antéro-inférieure, une postéro-supé- rieure. La branchie figure les deux feuillets d’un livre ou- vert. En arrière, les branchies se réunissent et descendent assez bas.
En somme, l’analogie de ce mollusque est si parfaite avec celui du Fragilia fragilis, qu'on ne saurait que les réunir dans le même genre. Du reste, les caractères de la coquille devaient faire prévoir ce rapprochement.
Quelle est la valeur du genre Fragilia? Son organisa- tion est extrêmement voisine de celle des Tellines, d’après la stracture des principaux organes. Il en diffère par la forme des tentacules du manteau, par ses siphons plus gros, plus courts, coniques et garnis de tentacules. Les coquilles sont privées de dents latérales. Enfin les animaux ont d'autres mœurs et vivent enfoncés dans la vase durcie ou dans les trous creusés par les mollusques perforants. L'’e - pèce de Chine présente un véritable pli postérieur des valves, tandis que le Fragilia fragilis en est privé.
Il y aurait lieu de s'occuper d’une révision des Tel- lines, et je crois que plusieurs espèces, même aplaties, plissées, mais dépourvues de dents latérales, grossiraient le nombre des espèces du genre Fragiha. Pie
Explication de la planche IV.
Fig. 4. Animal du Fragilia Yantaiensis. Le manteau est enlevé. — a, manteau ; b, siphon anal; c, siphon branchial; d, palpes labiales ; e, bran
Lo ae chie ; f, pied; g, masse abdominale; k, muscle adduc- teur antérieur ; ?, muscle adducteur postérieur.
Note additionnelle sur le Chondropoma Gundia-
chi et le Nassa Gallandiana,
par H. CROSSE.
——_—
La remarquable espèce dont nous donnons la figure (pl. I, fig. #) est le Chondropoma Gundlachi, que M. Arango a décrit dans notre dernier numéro (p. 408) et dont ila bien voulu nous communiquer récemment un exemplaire. Le genre Chondropoma a été créé par M. Pfeif- fer (1) pour des Cyclostomes à coquille de forme oblongue turriculée, souvent tronqués, à ouverture ovale, à péri- stome tantôt simple, tantôt plus ou moins doublé, presque droit, étalé où largement réfléchi, à opercule ovale, sub- cartilagineux, plan, paucispiré, et dont le nucleus est le plus souvent excentrique.
Ainsi que le dit M. Arango, cette espèce a les plus grands rapports avec le Chondropoma Shutileworthi de Pfeiffer ; elle en a la forme générale, la troncature, le double bord, si singulièrement tranché à sa partie ex- terne, près de la columelle. Elle en diffère en ce qu'’élle est plus épaisse et moins transparente, dépourvue des: ta- ches ou fascies interrompues, de couleur marron, signa- lées par M. Pfeiffer, et marquée de raies transversales plus fortes, plus apparentes, plus blanches, plus nombreuses et
M) Zeits. f. Malak., 1847, p. 109.
UT" Ru qui se prolongent également jusqu’à la suture, sans s'at- ténuer à cet endroit, comme dans le C. Shuftleworthi. Nous devons avouer, toutefois, que les deux espèces nous sem- blent bien voisines. Peut-êtretrouvera-t-on, à la suite de re- cherches ultérieures, des individus intermédiaires qui per- mettront de les réunir?
Le C. Gundlachi a été recueilli près de Paso-Real, dans la partie occidentale de l’île de Cuba ; le €. Shuttlewortha provient également de Cuba (San Diego de Banos, et, pour la variété g, Catalina).
Nous donnons en même temps (pl. I, fig. 6) la figure du Nassa Gallandiana, espèce décrite par notre collabo- rateur Fischer, dans le numéro de janvier 1862 du journal
(p. 37); nous devons la communication de cette espèce à M. Petit de la Saussaye. Elle a été recueillie à Lagos (Por- tugal) et à Cadix (Espagne). H: @
Description d’une espèce nouvelle de la Gun- deloupe,
PAR M. H. CROSSE.
ENGINaA Scarammi (pl. [, fig. 7).
T'imperforata, crassa, subglobosa, utrinque attenuata, rosea; anfr. 5 convexiusculi, longitudinaliter obtuse cos- talo-plicati, spiraliter hris ornati creberrimis, nodosis et eleganter gemmulatis ; ultimus anfractus colore brunneo- nigrescente intense trilinealus ; columella rugosa et quasi plicifera; margine dextro crasso, dentibus 4 munito albi-
ms QU canhibus, allero dente cœteris majore ; apertura subrecta, angusta, dentibus marginalibus coarctata, fauce roseo- violacea, basi canaliculata.— Long. 9, diam. max. G mil- him.
Habitat in insula Guadeloupe dicta (collect. Crosse).
Coquille imperforée, épaisse, subglobuleuse, atténuée aux deux extrémités et de couleur rose. Les tours de spire, au nombre de cinq, sont légèrement convexes, mu- nis de côtes longitudinales obtuses, et ornés transversale- ment de nombreuses et élégantes lignes de nodulations : une seule de ces lignes, placée près de la suture, est d’un brun noirâtre très-intense : sur le dernier tour les lignes transverses, d’un brun noirâtre, sont au nombre de trois, l’une près de la suture, la seconde vers la partie médiane du tour, la troisième plus près de la base. La columelle est ridée et comme plissée, le bord droit épais et armé de quatre dents, dont l’une (la plus rapprochée du point d’in- sertion) est plus grosse que les autres. L'ouverture est, à peu près, droite, resserrée par les dents marginales, et par suite étroite : son intérieur est d’un rose violacé. La base de la coquille est canaliculée et sensiblement prolon- gée. — Longueur 9, plus grand diamètre 6 millimètres.
Cette jolie espèce provient de la Guadeloupe et fait partie de notre collection. Elle a été recueillie par M. Schramm, vérificateur des douanes au Moule, et natu- raliste zélé, auquel nous nous faisons un plaisir de la dé- dier. Comme la plupart de ses congénères, elle affecte une forme voisine de celle des Ricinules, et se rapproche, sous le rapport de la coloration, du Ricinula pulchra, Reeve, des Philippines, qui est également un Engina : elle s’en éloigne, d’ailleurs, notablement par sa forme différente, sa taille beaucoup plus petite et son habitat.
Nous ajouterons que le genre Engina a été créé par
RG PRE
M. Gray, en 1859 (1), pour des coquilles généralement de petite taille, à ouverture étroite, à bord droit épais et muni de grosses dents souvent inégales, ayant de grands rapports avec les genres Columbella et Ricinula. Presque toutes les espèces connues ont été jusqu'ici rangées par les auteurs soit dans le premier genre (exemple, Columbella mendicaria, Lamarck), soit dans le second {exemple, Rici- nula lineata, Reeve). H: C°
Description d'espèces nouvelles d'Australie,
PAR M. H. CROSSE.
1. CoLUMBELLA INFUMATA (PI. I, fig. 5).
T. imperforata, ovato-elongata, crassiuscula, lœus, non nitida, fuligineo-castanea; anfr. 6-6 174 vix con- vexiuscuh, ad suturam albo parum conspicue quittulat ; ultimus anfractus in medio obsoletissime subcarinatus (carinainquibusdam speciminibus omnino deficiente) ; aper- tura ovalo-elongata, spira minore; margine dextro sim- place, subflexuoso , intus denticulis 7-8 parum prominulis munilo; columella, margine dextro et aperturæ fauce nitide violaceo-castaneis. — Long. 12, diam. max. 5 172 millim.
Habitat in sinu Sancti Vincent, Australiæ meridio- nalis (coll. Crosse).
Coquille imperforée, de forme ovale-allongée, assez
(1) The zoology of captain Beechey's voyage, p. 112.
RAS
épaisse, lisse, mais non luisante, et d'un brun fuligineux. Les tours de spire, au nombre de 6 à 6 1/4, sont à peine convexes et marqués, près de la suture, de petites taches blanches peu visibles : le dernier tour présente, à sa partie médiane, une sorte de carination très-obsolète, compara- ble à celle que l’on observe quelquefois sur des coquilles non adultes ; néanmoins ce caractère disparaît compléte- ment dans un de nos exemplaires. L'ouverture forme un ovale allongé et est plus petite que la spire; le bord droit est simple, presque tranchant, subflexueux, et porte de sept à huit denticulations peu saillantes, situées assez pro- fondément à l’intérieur : la columelle, le bord droit et l'intérieur de l'ouverture sont d’un brun violacé uniforme et luisant. — Longueur 12 millimètres, plus grand dia- mètre 5 1/2.
Cette espèce nous semble distincte de toutes celles qui ont été publiées récemment dans la monographie de Reeve. La plus voisine nous paraît être le Columbella po- lita, Reeve (Conch. Icon., 221), sans indication d'habitat. Notre espèce diffère de celle-ci en ce qu'elle est un peu moins allongée, plus grande (si l’on s’en rapporte à l'é- chelle de proportions donnée sur la planche de l’auteur anglais), et à peu près complétement unicolore, au lieu d'être fortement tachetée et réticulée ; de plus, les denti- culations de son bord droit semblent moins nombreuses, moins saillantes et placées plus à l’intérieur : la coloration de l'ouverture est aussi différente; enfin notre espèce est lisse, mais non brillante à l'extérieur.
Cette espèce provient du golfe St.-Vincent (Australie du Sud). Ainsi que les espèces suivantes, elle nous a été communiquée par M. Geo. French Angos, naturaliste aus- tralien distingué.
se SO te 2. Tyrais ANGasi (pl. 1, fig. 2).
Timper/forata, trigona, elongata, tenuiuscula,subtrans- lucida; anfr. 6-7 albidi, ad suturam violacei, trifariam varicosi, varicibus obliquis, compressis, foliaceis, tubul- fers, inter varices tuberculis 2 minutis, parum conspicus, rotundalis ornati ; ultimus anfractus spiram superans, zona lata violacea balteatus ; apertura subovata, parva, intus alba, violaceo colore bifasciata; columella alba, arcuata; margine dextro lato, foliaceo ; canal subobliquo , recurvo. — Long. 15, diam. max. 7 192 millim.
Habitat in loco diclo « Port Jackson, Australiæ (coll. Crosse).
Coquille imperforée, trigone, allongée, assez mince et subtranslucide : les tours de spire, au nombre de six à sept, sont blanchâtres, violacés dans le voisinage de la su- ture, pourvus de trois varices comprimées, foliacées et se dirigeant en sens oblique : l’espace compris entre les va- rices présente deux petits tubercules arrondis et peu visi- bles (ce caractère n’a pas été suffisamment saisi par le des- sinateur, el est mal rendu dans la figure) : le dernier tour, plus grand que la spire, est orné d’une large zone violacée qui se continue sur le bord droit ; l’ouverture est petite, à peu près ovale, et blanche avec deux fascies violâtres : la columelle est blanche et arquée, le bord droit large, fo- liacé, le canal légèrement oblique et recourbé en arrière. — Longueur 15 millimètres, plus grand diamètre 7 1/2.
Cette jolie espèce, par les épines de ses varicés, ou- vertes à leur extrémité, tubuleuses et souvent recourbées en crochets, offre tous les caractères du genre Typhis. Elle à été recueillie à Port-Jackson (Nouvelle-Galles du Sud, Australie). Nous nous faisons un plaisir de la dédier à notre honorable correspondant, M. Geo. French Angas.
ms QÙ de 5. Brrrium LAwLEvYANUM (pl. [, fig. 4).
T'. imperforata, elongato-turrita, tenuiuscula, violaceo- cinerea, ad suturam albida ; anfr. A1 sensim accrescentes, transversim suleati, ullimus anfractus spira mullo minor; sulura impressa; apertura subrotunda, fauce violaceo- caslanea; margine dextro simplice, acuto. — Long. 11, diam. max. 5 millim.
Habitat in sinu Spenceriano Australie meridionalis (coll. Grosse).
Coquille imperforée, élancée, turriculée, assez mince, d'un violet cendré, blanchâtre près de la suture. Les tours de spire, au nombre de onze, s’accroissent peu à peu, sont médiocrement convexes et portent des sillons transverses : le dernier tour est beaucoup plus petit que le reste de la spire : la suture est marquée; l'ouverture, de forme pres- que ronde, est d'un roux violâtre à l’intérieur : le bord droit est simple et tranchant. — Longueur 11 millimè- tres, plus grand diamètre 5.
Cette espèce a été recueillie dans le golfe de Spencer (Australie du Sud) : nous lui donnons le nom de M. Robert Lawley, de Montecchio. Nous ajouterons que le genre Bit- lium a été créé par Leach et publié seulement aprèssa mort par M. Gray, en 1847. C'est un démembrement du vieux genre Cerithium, comprenant quelques formes douteuses qui se rapprochent de la famille des Mélaniens.
4. PLeuroTOoMA ANGasi (pl. I, fig. 5).
T. imperforata, non crassa, elongato-turrila, pallide olivacea; anfr. 8 12 (apicalibus À 172 lœvibus), con- vextusculis, costis circa A0, albidis, oblusis, spissis, suturam non langentibus, longitudinaliter cinclis ; inter- shitus costarum brunneis : ultimo anfractu hra transversa,
L
ir Re brunnea balteato; apice obtuso, rotundato ; canali bre- vissimo ; fissura marginali parum profunda; fauce livida. —"Long. 1, diam. max. 4 millim. Habitat in loco dicto « Port-Jackson, » Australiæ (coll. Crosse).
Coquille imperforée, peu épaisse, de forme allongée, mais à canal très-court et d’une couleur olivâtre pâle. Les tours de spire sont au nombre de8 1/2; la partie embryon- naire (A tour 1/2) est lisse et se termine par un sommet obtus et arrondi; les tours suivants sont légèrement con- vexes; chacun d’eux porte environ dix côtes longitudi- pales, blanchâtres, serrées, obtuses, et séparées de la su- ture par un assez large espace lisse; les interstices de ces côtes sont de couleur brune, ce qui fait paraître ces côtes plus blanches qu’elles ne le sont en réalité. Le dernier tour est orné d’une ligne brune transverse vers la partie des côtes qui avoisine la base; la fente du bord droit est peu prononcée, l’intérieur de l'ouverture est livide. — Longueur 11 millimètres, plus grand diamètre 4.
Cette espèce a été recueillie, ainsi que la suivante, à Port-Jackson (Nouvelle - Galles du Sud). Nous prions M. French Angas de vouloir bien en accepter la dédicace.
5. PLEUROTOMA BERAUDIANA (pl. L, fig. 6).
Î’.imper/forata, ovato-turrita, livide olivaceo-virescens; anfr. 8, coshs circa 7 nodosis, subdistantibus longutudi- naliler tmpressis, transversim liris albicantibus, parum conspicuis, cinclis; canali brevissimo ; fissura marginali parum profunda; fauce livide brunnea. — Long. 15, diam. max. 5 millim.
Habitat in loco dicto « Port-Jackson, » Austraheæ (coll. Crosse).
“sc O0
Coquille imperforée, de forme ovale-allongée et d'un vert olivâtre livide. Les tours de spire, au nombre de 7, portent chacun, dans le sens de la longueur, environ 7 côtes noduleuses assez espacées, et sont ornés transver- salement de linéoles blanchâtres peu visibles ; le canal est très-court, la fente marginale peu profonde ; l'intérieur de l'ouverture est d’un brun livide. — Longueur 13 milli- mètres, plus grand diamètre 5.
Cette espèce, voisine de la précédente sous le rapport de la taille et de la coloration, s’en distingue par ses côtes moins nombreuses, plus espacées et un peu plus angu- leuses, ainsi que par ses linéoles blanchâtres transver- sales ; elle est aussi moins élancée. Nous la dédions à M. le conseiller Béraud, d'Angers.
6. CRENELLA PauLucciÆ (pl. I, fig. 8).
T. elongalo-ovata, antice atlenuata, postice dilatata, late obtusa, tenuissima, translucida, luteo-smaragdina, nitida, in medio lævis, antice et postice longitudinaliter costellata, costulis anticis minoribus, posticis validioribus, majoribus; umbonibus minimis, vix prominentibus, lu- lescentibus ; intus nitide margarilacea , costulis extlernis umpressa, in parte lateris postici cardinali lineis brunners, raris maculala et quasi fulqurata ; margine cardinal obsolete subcrenulato. — Long. 10 172, lat. 6 mullim.
Habitat in sinu Sancti Vincent, Australiæ meridio- nalis (coll. Crosse).
Coquille de forme ovale-allongée, atténuée antérieure- ment, dilatée et largement obtuse du côté postérieur, très-mince, transparente, et d’un beau vert-émeraude tournant au jaune et brillant; elle est lisse à sa partie médiane, et ornée, sur le reste de sa surface, de petites côtes longitudinales ; celles du côté postérieur sont plus
grandes, plus écartées, plus nombreuses et plus fortement prononcées que celles du côté antérieur ; les crochets sont petits, à peine saillants, et de couleur jaunâtre. L’inté- rieur de la coquille est d’un vert nacré brillant; le peu d'épaisseur du test fait que les côtes externes s y trouvent accusées ; le bord cardinal est muni de crénulations obso- lètes ; sur la partie du côté postérieur qui avoisine la char- nière, on remarque quelques peites lignes brunes distri- buées irrégulièrement. — Longueur 10 1/2, largeur 6 mil- limètres.
Cette jolie espèce provient du golfe Saint-Vincent (Australie du Sud); elle paraît bien distincte de ses congé- nères. Par les crénelures de son bord cardinal elle appar- ticnt à la division des HModioles, pour laquelle Brown a créé, en 1827, le genre Crenella (1). De plus, comme ses côtes longitudinales sont interrompues vers la partie mé- diane (caractère qui se retrouve dans plusieurs Crenella), elle peut être mise dans le genre Modiolaria que Beck a proposé pour ce groupe d'espèces; mais nous pensons que ce caractère est loin d’avoir une importance générique. Nous prenons la liberté de dédier cette espèce à madame la marquise À. Paulucci, de Traversetolo. H. C.
(4) Zlustr. of the Conchol. of Great Brit., 1. XXXI, f. 12-14.
Le QE
Description de Coquilles fossiles des terrains
tertiaires inférieurs (suite),
PAR M. C. Mayer (1).
26. SPHENIA TRUNCATA, Deshayes.
Desh., Descripl. anim. sans vert. bass. Paris, vol. 1, pag. 195, pl. x, f. 24-26.
S. testa cuneiformi, compressiuscula, solidula, valde inæquilaterali, transversim irregulariter et grosse striata, antice abrupte truncata, postice elongala, paulum atle- nuata, truncataque , carina rusticula, flexuosa, prœædita; latere palhiari plus minusve fleæuoso; umbonibus tumi- diusculis, obtusis ; fossula in valva dextra minima, pro- funda ; sinu pallii latissimo, parum profundo.— Long. 7, lat. 4 mill.
Coquille cunéiforme, légèrement comprimée, assez so- lide, très-inéquilatérale, couverte de stries d’accroissement irrégulières et assez fortes. Côté antérieur tronqué presque à angle droit; côté postérieur prolongé, légèrement atté- nué et tronqué à son extrémité, parcouru en sens oblique par une carène flexueuse, grossièrement découpée par les stries d’accroissement. Côté palléal plus ou moins sinueux. Crochets assez forts, obtus. Fossette cardinale de la valve droite petite et profonde. Sinus palléal très-large et peu profond.
Plusieurs raisons m'ont engagé à décrire cette coquille de nouveau; et d’abord il m’a paru digne d'intérêt de la
(1) Voir Journ. de Conchyl., 1861, vol. IX, p. 52.
at 09e
faire connaître d’un terrain de trois étages plus récent que celui d'où M. Deshayes l’a citée en premier lieu; puis, j'ai cru devoir peser sur les petites différences qu'offre mon échantillon, quoiqu'il soit spécifiquement identique à celui de M. Baudon. Enfin j'ai dù signaler sa ressem- blance trompeuse avec les Saxicaves de la section des Hiatelles, cette ressemblance indiquant peut-être des ap- tiludes analogues à celles de ces mollusques et qui se re. trouvent chez une autre Sphénie, la soi-disant Saxicave analine, si répandue dans les terrains tertiaires supé- rieurs.
J'ai trouvé une seule valve droite de cette espèce dans les marnes bleues tongriennes supérieures de Gaas, près Dax, où elle est, du reste, accompagnée de plusieurs au- tres espèces du calcaire grossier, telles que Lucina gibbo- sula, Cardita calcitrapoides, Delphinula marginata, Pleu- rotoma semistriala, Matra plicatella, etc., toutes parfai- tement identiques à leurs aieules du Nord.
27. VENUS PRÆCURSOR, Mayer (pl. HI, f. À).
V. testa subcirculari, subcordata, sohda, concentrice rugala, lateribus radiatim tenunssime striata ; Fugis regu- laribus , crassis, interstitus paulo minoribus, striis im- pressis quinque-sex aralis ; inlerstitiis concentrice et te- nuissune strialis ; latere antico brevi, rotundato, postico paulum atltenualo, superne angulato; umbonibus tumi- diusculis, obtusiusculis ; lunula ovato-rotundala, concava, sulco profundo circumscripta ; pube lanceolato ; cardine valvæ siistræ tridentalo, dentibus divaricatis, antico pro- duclo, sublunulari minimo ; sinu pallii parvulo, apice aculo ; margine palliari crenulato. — Long. 22, lat. 20 472 mul.
Coquille presque ronde, légèrement cordiforme, assez
DL NOUS
solide, ornée d’une vingtaine de lamelles concentriques épaisses et obtuses, et, sur les flancs, de stries longitudi- nales extrèmement fines, légèrement onduleuses. Toute sa surface extérieure, sauf la lunule et le corselet, est, en outre, couverte d’une infinité de stries concentriques en- foncées, dont celles qui découpent les lamelles sont du double plus fortes que celles qui occupent les sillons. Côté antérieur court, arrondi, postérieur légèrement atténué et anguleux. Crochets un peu bombés. Lunule fort distincte, ovale-arrondie, concave, lisse, bordée par un petit sillon. Corselet lancéolé. Charnière de la valve gauche composée de trois dents cardinales, dontl’antérieure est la plus élevée, et d’une dent sublunulaire rudimentaire. Sinus palléal fort petit, à sommet pointu. Bord palléal finement crénelé.
Cette espèce intéressante appartient, évidemment, au groupe du V. verrucosa et en est le plus ancien représen- tant actuellement connu. Elle provient des marnes cal- caires blanches tongriennes inférieures de la marnière Lesbarritz, à Gaas. — Une valve.
928, CYTHEREA ÆQUISTRIATA, Mayer.
C. testa transversa, ovalo-rotundala, convexa , inæqui- laterali, tenui, concentrice regulariter multistriata; lalere antico, brevi, rotundalo, postico depresso, superne obtuse angulato ; umbonibus magnis, tumidis, obliquis ; lunula ovato-cordiformi. — Long. 54, lat. 30 null.
Coquille transverse, ovale-arrondie, assez convexe, fort inéquilatérale, un peu mince, couverte d’un grand nombre de stries d’accroissement enfoncées, fort régulières, rare- ment dichotomes. Côté antérieur court et arrondi; côté postérieur légèrement atténué, tant soit peu déprimé dans sa partie supérieure, assez large encore et arrondi à son
=, Qu extrémité. Crochets forts el obliques. Lunule ovale-cordi- forme.
Cette jolie coquille forme un groupe avec les €. ambi- qua, Verneuil et Suessomiensis. Elle se distingue de ces trois espèces par sa forme plus arrondie, et des deux der- nières, en outre, par ses stries plus fines et plus serrées. L’unique exemplaire que j'en connaisse provient du ter- rain nummulitique bartonien des Ralligstæche près de Thoune et se trouve au musée de Berne.
29. CarpiuM BRONGNIARTI, Mayer (pl. IIL, f. 2).
C. lesta ovato-rotundata , longitudinali, paulum obl- qua, subcordata, subæquilaterali, antice rotundala, postice depressa, atlenuala, obluse truncata; umbonibus elatis , obtusis ; coslis circiter 45, angustis, altis (lœvibus?), in- tersitiis latioribus, laleralibus crassioribus, posticis in- terstitiis æœqualibus, extremis tuberculato - squamosis ; lunula ovato-acuta, concava. — Long. 37, lat. 54 mull.
Coquille ovale-arrondie, plus longue que large, légère- ment oblique, un peu cordiforme, presque équilatérale, ar- rondie en avant, légèrement comprimée et subtronquée du côté opposé. Crochets élevés, recourbés, à peine obliques. Côtes nombreuses, au nombre d’environ quarante-cinq, étroites et hautes, paraissant lisses, plus fortes sur les flancs que sur le dos de la coquille, plus larges que les in- terstices, hormis sur le côté postérieur ; sur ce point, ainsi que du côté de la lunule, elles portent des traces de grosses granulations squamuleuses. Lunule distincte, concave, ovale-pointue.
La seule espèce que je rapproche de celle-ci, à ma con- naissance, est le C. formosum du calcaire grossier. La Bu- carde nouvelle se distingue facilement à sa taille, sa forme un peu oblique et ses côtes carrées. Elle semble caracté-
ER TE riser la zone méridionale de l'étage tongrien, se trouvant, à la fois, à Castelgomberto, d’où provient l'individu dé- crit et figuré, et à Gaas, où ses moules et ses empreintes ne sont pas rares dans la carrière de M. Garans.
30. PECTUNCULUS GLYCIMEROIDES, Mayer.
P. testa magna, paulum transversa et obliqua, sub- ovala, conveæa, crassa et ponderosa, radis circiter 35, latissimis, longitudinaliter striatulis , striis rugisque in- crementi subcancellatis ; latere antico rotundalo, postico latiore, oblique subtruncato ; umbonibus brevibus, acutis. — Long. 88, lat. 90 mull.
Coquille assez grande, un peu transverse et oblique, ovale-arrondie, passablement convexe, épaisse et pesante, ornée d'environ trente-cinq côtes superficielles, très-larges, couvertes de stries longitudinales et légèrement découpées par des stries et des rides d’accroissement. Côté antérieur arrondi; côté postérieur un peu élargi et subtronqué en sens oblique. Crochets petits et pointus.
Belle espèce, à peu près de la forme du P. insubricus, remarquable par ses rayons larges et peu nombreux. L’u- nique exemplaire qui la représente appartient au musée ‘es mines defffunich et provient des marnes tongriennes de Hæring dans le Tyrol.
51. Lima Aquensis, Mayer (pl. ILE, f. 5).
L. testa ovato-oblonga, obliqua, valde inæquilateralr, paulum depressa, tenu, fragili, longitudinaliter tenue striala ; stris asperulis, sæpe aliernantibus, subundulatis, antice evanescentibus ; latere antico late et fere regulariier arcualo, postico valde depresso, fere reclo; cardine sais obliquo; auriculis sulæqualibus, antica paulo minore intus hiante. Long. 24, lat. 15 mall.
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Coquille ovale-oblongue, oblique, très-inéquilatérale, légèrement déprimée, mince et fragile, ornée de petites côtes longitudinales aiguës, peu serrées, souvent inégales et alternantes, disparaissant bientôt sur le côté postérieur. Côté antérieur largement et presque régulièrement arqué, postérieur presque droit et abrupt. Charnière fort oblique; oreillettes presque égales, l’antérieure un peu plus petite et concave intérieurement.
Cette Lime est l’analogue éocène du L. hians, et il est probable qu’elle en est l’aieule. Comme cependant elle offre quelques particularités qui manquent déjà au L. hians, fossile des couches aquitaniennes de Saucats, et qu’elle paraît être constante, je pense qu’on peut la dis- tinguer comme espèce. Elle est un peu plus petite, moins déprimée que son analogue, son côté antérieur est plus régulièrement arqué, le postérieur plus abrupt; enfin la charniène est plus oblique.
J’ai trouvé une empreinte de cette espèce dans la car- rière de M. Garans et six ou sept valves dans la marnière du Tartas, à Gaas près Dax.
92. Lima TyRoLENSIS, Mayer.
L. testa ovata, paulum obhiqua, depressa , tenui, fra- gi, radiatim dense striala ; striis undulatis, sæpe dicho- tomis ; latere antico arcualo, postico subtruncalo ; cardine obliquo auriculis inæqualibus, antica longiore.—Long.55, lat. 24 mull.
Coquille ovale, légèrement oblique, déprimée, mince et fragile, couverte d’une infinité de stries rayonnantes su- perficielles, onduleuses, souvent dichotomes, découpées par de rares lignes d’accroissement. Bord antérieur régu- lièrement arqué, postérieur déprimé, subtronqué. Char-
= 097 "= nière oblique; oreillettes inégales, l'antérieure étant la plus longue.
Cette singulière espèce réunit, à la forme la plus ordi- naire des Limes, des ornements semblables à ceux du £. diastropha : j'en connais cinq exemplaires ; ils proviennent de Hæring.
M. Guembel et moi, nous avons publié en même temps, mais sans entente préalable, lui dans sa Description géo- logique des Alpes bavaroïses, moi dans l'édition française du complément à la Flora tertiaria Helvetiæ de M. Heer, le catalogue des fossiles de Hœring que nous avions dressé en commun; mais tandis que moi, je n'ai ajouté aux noms des espèces nouvelles que le nom d’auteur de celui de nous qui proposa la dénomination acceptée, M. Guembel a fait suivre de nos deux noms chacune de ces dénomina- tions.
Or, comme cette manière d'agir de M. Guembel n’est pas le résultat d’un commun accord, qu’elle n’est fondée sur aucun précédent et qu’elle tend à engager ma respon- sabilité dans les dénominations qui sont propres à M. Guembel et dont je ne puis garantir l'exactitude, je dois protester contre elle.
93. DENTALIUM NOBILE, Mayer.
D. testamagna, parum arcuata, longiludinaliler costata, coshs circiter 28, subæqualibus, remotis, striis incrementi reqularibus, remotis, elegantissime decussato-crenulatis. Long. 50-60, lat. 6-7 mull.
Coquille assez grande, légèrement arquée, ornée d’en- viron vingt-huit côtes longitudinales, presque égales, éle- vées, découpées par des stries d’accroissement régulières, élevées et serrées, qui donnent à la coquille un cachet tout particulier et fort élégant.
Cette belle et rare espèce, qui n’est malheureusement 7
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connue que par le tronçon du gros bout, provient des cou- ches tongriennes de Hœæring. Musée des mines de Munich.
54. TURRITELLA BRONGNIARTI, Mayer (pl. [TE f. 4).
T. testa elongato-turrita, subscalata; anfrachbus crr- citer A1, altis, obliquis, dimidiatis, superne convexis, bicarinatis, inferne concavis , levibus vel stria super ficiali cinclis; ultimis ad suluram marginalis ; carinis paulum approæimatis, æqualibus, tenuibus el aculis, subserratis; ultimo anfractu superne convexo, seæ-seplem-cincto ; aper- tura parva, rotundata ; labro profunde sinuoso. — Long. 25, lat. 9 mull.
Coquille allongée et turriculée, sensiblement scalari- forme. Tours au nombre de onze environ, assez hauts, obliques, formés de deux moiliés distinctes, dont la supé- rieure est convexe et porte deux carènes assez rapprochées, égales, minces et aiguës, légèrement dentelées, tandis que l'inférieure est concave et lisse. On remarque sur Îles derniers tours, au-dessus de la suture, une strie assez forte, et, sur la partie supérieure du dernier, cinq à six autres stries semblables. L'ouverture est petite et arrondie; son bord libre est fort sinueux.
Cette espèce n’est peut-être qu'une forte variété du T.. fasciata, mais comme elle se distingue facilement de toutes les variétés de cette dernière, que M. Deshayes a fait con- naître, et qu’elle tend aussi vers le T. angulata, je pense qu'il est bon de la distinguer. Elle provient des couches tongriennes de Monte-Viale, dans le Vicentin. — Un exemplaire.
À propos de cette espèce, je dirai que le 7. Archime- dis, auquel elle ressemble grossièrement, apparaît de fait dès l'étage tongrien, puisque j'en ai un individu sous les
yeux qui provient de Castelgomberto.
= : Or ie
35. TROCHUS PEREGRINUS, Mayer (pl. IE, f. G).
T. testa obluse conica, apice acuthiuscula, tenui, fra- gili, lœvigata ; anfractibus 6-7, convexo-planis, irregula- riler et oblique tenuistriahs ; ultimo paulum dilatato, convexiore, carinalo, Superne convexo, concentrice tenuis- sime et densissime strialo ; apertura satis magna, trans- versa, quadrata ; umbilico nullo.— Alt. 16, lat. 18 null.
Coquille en forme de cône déprimé, à sommet assez pointu, mince et fragile, à peu près lisse. Tours au nombre de six à sept, plano-convexes, irrégulièrement et finement striés en travers. Le dernier tour un peu élargi et plus con- vexe que les autres, limité en sa partie inférieure par une carène d’abord aiguë, mais qui devient de plus en plus obtuse en s’avançant vers l'ouverture; sa partie supérieure est fort convexe, elle est chargée, outre des stries d’accrois- sement superficielles, de stries concentriques excessivement fines et nombreuses, invisibles à l'œil nu. L'ouverture est assez grande, presque transverse et irrégulièrement car- rée. Il n’y à pas trace d’ombilic.
Ce Troque tout particulier n’a été trouvé qu’une seule fois dans la marnière de Lesbarritz à Gaas.
36. Fusus SERRESI, Grateloup (pl. IL, f. 5). Conch. foss. du bass. de l’Adour, atlas, pl. xxiv, f. 42.
F. testa oblongo-fusiform; spira acula; anfractibus 7-8, convexis, ad suturam strangulatis, longitudinaliter costatis, transverse striatis ; costis alliusculis, subacutis, interstitiis minoribus, subrechis, ad marginem evanescen- libus ; striis transversis, æœquahbus, remolis ; ullimo anfr. spira longiore, basi sublævigato, strits sæpe crassioribus , distantioribus ainstruclo; apertura ovala, in canalem
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brevem, angustum, obliquum, vix recurvum exeunte ; labro incrassato, intus sulcato. — Long. 22, lat. 10 null.
Coquille oblongue, fusiforme, à spire pointue. Tours au nombre de sept à huit, convexes, aplatis près de la suture, ornés de côtes à peine courbées, assez élevées et aiguës, moins larges que les interstices et n’atteignant pas la su- ture, et de stries transverses élevées et égales, peuserrées. Le dernier tour est plus long que la spire; il est presque lisse à sa base, les côtes s’effaçant de bonne heure de ce côté; celle-ci est, en revanche, occupée par des stries transverses assez fortes et plus ou moins distantes. L'’ou- verture est ovale; elle se termine par un canal court et étroit, d’abord oblique, puis légèrement tordu. Le bord libre est épaissi et crénelé à l’intérieur.
Cette espèce a si mal été décrite et figurée par Grate: loup, qu'il est assez difficile de la reconnaître. Aussi ai-je cru, dans l’origine, devoir distinguer mes exemplaires sous le nom de #. Gaasensis. Cependant ils ressemblent tant à la figure citée quant à la taille et à la forme, qu'en fin de comple je crois devoir les identifier, en admettant que l’é- bauche des côtes et des stries faite par Grateloup est inexacte par suite de la grossièreté du travail.
Je n’ai pas trouvé l’espèce à Lesbarritz; mes sept exem- plaires proviennent des couches tongriennes les plus su- périeures du Tartas à Gaas. En revanche, j'ai trouvé, à Lesbarritz, le T. corneus qui appartient au même groupe.
Je profite de l’occasion pour rectifier ici deux erreurs de localité qu'a commises Grateloup. Le Rissoina elegans ne provient point des marnes miocènes supérieures de Saint-Jean-de-Marsacq, mais bien des marnes éocènes su- périeures de Lesbarritz; de même le Voluta subcostata, d'Orb. (V. cos{ata Grat. non Sow., V. decora Beyr.), n’est
— 101 — point de Saubrigues, mais des marnes bleues miocènes inférieures (étage aquitanien, couche n° 1) de la fonderie de cuivre, à Léognan. C. M.
BIBLIOGKRATHEE,.
M. Arthur Adams, l’un des auteurs du Genera of Shells, vient de publier, dans les Annals and magazineof natural history de 1860 à 1862, de nombreux et intéressants ar- ticles conchyliologiques sur les mollusques nouveaux ou peu connus qu'il a eu occasion d'observer à bord du bâ- timent de guerre anglais l’Actéon, dans les mers de Chine et du Japon. Nous pensons qu'un compte rendu de ces travaux ne sera pas sans intérêt pour nos lecteurs.
1. On Some new genera a. species of Mollusca from Japan (sur quelques nouveaux genres et quelques nou- velles espèces de mollusques du Japon), par A. Adams, F. E:5Ssvetci:(4).
Nous trouvons dans cet article les nouveaux genres Constanhia (C. elegans) considéré par l’auteur comme ap- partenant à la famille des Scalidæ (Scalariens de Lamarck); Lole (L. scitula), intermédiaire entre les Monoptygma et les Menestho; Mucronalia (M. bicincta), qui semble parti- ciper aux caractères des Leiostraca et des Styhfer, sans pourtant ètre parasite comme ces derniers; Morcha (M. obvoluta), voisin des Cyclops et surtout des Teinostoma; Zeidora (L. calceolina), sorte d’Emarginula pourvue d’un septum interne à sa partie postérieure; Cranopsis (C. pe-
(4) Annals a. mag. of nat. hist., 1860.
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lex), forme voisine des Cemoria et des Rimula ; Kleinella (K. cancellaris), qui se rapproche des Aclæon; Sarepla (S. speciosa), qui a des rapports avec les Nucula et les Malletia; Huxleyia (H. sulcata), voisin des Limopsis (4); Syrnola (S. gracillima), appartenant aux Pyramidellidæ ; Stylopsis (S. typica), voisin des Eulimella par la forme de sa columelle; Styloptygma, créé aux dépens des Monop- tygma (S. stylina); AMyonia (M. Japonica), auquel s’ap- plique la même observation; Leucotina (L. Niphonensis), intermédiaire entre le précédent et le genre Ac{æon; Alcyna (A. ocellata et lepida), appartenant aux Trochidæ ainsi que le suivant; Enida (E. Japonica et speciosa) ; Conradia et Couthouyia, voisins des genres Fossarus et Trichotropis.
Iudépendamment de nos réserves au sujet de la multi- plicité de ces genres, nous remarquerons que le premier (Constantia) ne nous semble pas très-heureusement créé sous le rapport du nom. Il faut éviter de donner aux genres des noms qui expriment des idées abstraites.
2. Mollusca Japonica (2).
Ce mémoire comprend de nombreuses descriptions d’es- pèces appartenant aux genres suivants qui font partie de la famille des Pyramidellidæ : Chrysallida (8 espèces), Parthenia (5 espèces), Odostomia (14 espèces), Aclis (4 espèces), Ebala (2 espèces), et Dunkeria (5 espèces) ; description des Scaliola bella, Isapis lirata et Cranopsis puleolus.
(1) Dans un article postérieur, M. Adams, craignant que le nom n'ait déjà été employé antérieurement, propose, à sa place, celui de Cyrilla.
(2) Annals a. mag. of nat. hist., 1860.
— 103 —
5. Notes sur les animaux de certains genres de Mol- lusques (1).
M. Adams a eu occasion d'examiner Flanimal du Bullia ampullacea, Middendorff, qui fait partie du genre Volutharpa créé par notre collaborateur Fischer (2). Ce Mollusque ressemble à un Buccin; il est de couleur blan- che, et moucheté de noir sur la tête, le pied et le siphon. Les tentacules sont larges, contigus à leur base; les yeux sur le côté externe, vers la partie médiane. Le siphon est épais et court, le pied charou et simple en arrière. L’o- percule est subcirculaire; son nucléus est marginal et placé à la partie antérieure du bord. La conclusion de l’auteur est que la position naturelle des Volutharpa se trouve entre les geures Buccinum et Pseudoliva.
L'animal, dans le genre Naticina, de Gray, ressemble à celui des Morvillia ou bien des Limneria; le genre doit, par conséquent, passer de la famille des Naticidæ à celle des Velutinide.
Dans le genre Stenothyra (Nematura), de Benson, l’ani- mal est semblable à celui des Hydrobia et Amnicola.
L'auteur reconnaît que les détails donnés par le docteur Gray sur l'animal du genre Rotella sont généralement exacts; il pense qu’on doit considérer le voile comme un développement du tentacule gauche. La membrane laté- rale présente quatre filaments de chaque côté. Les pédon- cules des yeux sont aussi longs que les tentacules et apla- tis; les yeux sont peu développés, surtout du côté droit; l’animal est dépourvu de rostre.
Dans l’animal des Photinula, les supports des yeux ne sont pas aussi distincts des tentacules que dans la plupart
(1) Ann. a. mag., août 1860. (2) Journ. de Conchyl., 1855, p. 85.
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des Trochidæ ; les lobes de la tête sont simples, le mufle large, les filaments de la membrane latérale au nombre de quatre de chaque côté. Ce mollusque doit faire partie des Trochidæ, dans le voisinage des Margarita.
Dans le genre Macroschima, la coquille n’est pas placée à l'extrémité postérieure de l'animal, mais au contraire sur le côté antérieur ; son sommet est subcentral et in- cliné en arrière.
L'auteur donne encore quelques détails sur l'animal de V'Emarginula parmophoroides, Quoy et G. (g. Tugalia de Gray) et celui des Tomichia, genre qui paraît très- voisin des Truncatella.
4. Sur l'animal de l'Umbonium vestiarium (Rotella li- neolata de Lamarck).
S. Sur quelques nouveaux genres el quelques nouvelles espèces de Mollusques du Japon (1).
Cet article comprend la création du genre Zafra, pour de petits Pleurotomes habitant les eaux profondes et sem- blables à ceux qui sont figurés sur la planche XXXIX de la monographie de Reeve; du genre Styliferina, probable- ment parasite comme les Stylifer ; du genre Niphonix, sorte de Sfomatella à peristome double; du genre Finella, voisin des Rissoa ; et du genre Minolia, voisin de certains Solarium (Torinia), sous le rapport de la forme et de la sculpture, mais nacré intérieurement.
6. Sur un nouveau genre el quelques nouvelles espèces de Mollusques du Japon (2).
Description du nouveau genre Cingulina, voisin des Monoplygma pour la forme et la sculpture, se rapprochant
(4) Annals a mag., octobre et novembre 1860. (2) Ann. a. mag. of nat. hist., décembre 1860.
— 105 — des Turbonilla par le peu d'épaisseur de la columelle et l'absence de pli pariétal.—Description de nombreuses es- pèces appartenant aux g. Odostomia, Parthenia, Turbo- nilla, Leucotina, Dunkeria, Capulus, Agatha et Ce- moria.
7. Espèces nouvelles de la famille des Pyramidellidæ, provenant des îles du Japon. — Espèces nouvelles du Ja- pon appartenant aux genres Eulima, Leiostraca el Ceri- thiopsis (1). |
Cet article comprend de nombreuses descriptions de pe- tites espèces.
8. Sur un nouveau genre el quelques espèces nouvelles de Mollusques pélagiens. — Sur les Scalidæ (Scalariens) des mers du Japon avec description de quelques espèces nouvelles (2).
M. Adams crée le genre Alciope pour 2 espèces de pe- tits Mollusques pélagiens des mers de Chine, à coquille trochiforme, carénée, à ouverture presque carrée et à co- lumelle droite se terminant par un rostre ou une épine. {1 décrit en même temps 2 Sinusigera et 1 Macgillivrayra. Ce dernier genre nous paraît avoir été établi sur de très- jeunes Dolium, pour ainsi dire à l’état de larves : il pour- rait bien en être de même du genre Alciope; la columelle, chez les individus très-jeunes appartenant au genre Do- lum, se termine aussi par un rostre ou une épine bien mar- quée. Nous trouvons ensuite la description d'un Recluzia nouveau (R. Bensoni), d'un Janthina, d'un Bellerophina et d’un Litiopa.
M. Adams remarque qu’il a recueilli dans les mers du Japon de nombreux Scalariens, connus pour se trouver aux Philippines, et qu’il a constaté le même fait de distri-
(1) Ann. a. mag., janvier et février 1861. (2) Ann. a. mag., 1861.
— 106 —
bution géographique pour beaucoup d’autres mollusques. Cela provient, d’après lui, de ce que les îles du Japon for- ment une partie de la grande chaine sous-marine de mon- tagnesde plus de 6,600 milles delong, qui s'étend des Phi- lippines, au sud, jusqu'aux îles Kouriles et Aléouliennes au nord, et de ce que l'influence du Gulf-Stream s'étend josqu’à Niphon d'une part, et de l’autre jusqu’à l’intérieur de la mer du Japon, par le détroit de Corée. Dix espèces nouvelles, appartenant à la famille des saines sont décrites dans cet arlicle.
9. Sur quelques nouveaux genres et quelques espèces nouvelles du nord de la Chine et d:: Japon (1).
Les recherches de M. A. Adams sur les mollusques ma- rins du nord de Ja Chine se sont étendues sur la totalité de la mer Jaune. Cette mer est peu profonde, et ses eaux sont jaunes et bourbeuses, surtout près de la terre. Par suite de l'énorme quantité de vase qu'accumulent les cours d’eau, ie fond est très-défavorable au développement de la vie animale en général et des mollusques en particulier. « Le « collecteur de coquilles marines, dit M. Adams, ne peut « trouver, pour ses recherches, un pire champ d'explora- « tion que les côtes de la mer Jaune et les golfes de Pe- « tchi-li et de Lian-tung. »
Nous trouvons dans cet article les nouveaux genres sui- vants : Vanesia, établi pour une coquille marine, ressem- blantàun Melania mince, et rappelant aussi le g. Mesalia; Diala, voisin du g. Alaba, de MM. H. et À Adams, et se rapprochant beaucoup des Hydrobies ; Cecina, dont l’aui- mal ressemble beaucoup à celui des Truncatelia ef a le même mode de progression, et dont la coquille est épi- dermée et lisse. Parmi les nombreuses espèces nouvelles
A.
(4) Ann. a. mag., septembre ei octobre 1861.
— 107 —
qui font partie de genres déjà connus, nous signalerons un Teinostoma (T. Carpenteri).
410. Sur quelques espèces nouvelles de Cylichnidæ, Bul- lidæ et Philinidæ, des mers de Chine et du Japon. — Sur quelques espèces nouvelles de Mollusques acéphalés de la mer du Japon (1).
Les espèces décrites comme nouvelles et faisant partie des 5 familles mentionnées ci-dessus sont au nombre de 42. Parmi les Acéphalés nouveaux, nous citerons 9 Myrtea, 7 Cryptodon, 4 Lepton {L. Japonicum), 1 Galeomma (G. Japonica), 6 Crenella et 1 Modiolaria.
11. Sur quelques espèces de Mollusques du Japon. — Remarques sur la Faune malacologique du Japon (2).
D’après M. Adams, la province Mantchourienne, établie, d’ailleurs, avec doute, par le professeur E. Forbes, doit être supprimée, du moins au point de vue de la Faune malaco- logique. La province Japonienne est limitée, au nord, par la province Okhotskienne, au sud par la province Indo-Pa- cifique; siun certain nombre des espèces qu’elle renferme peut, selon toute apparence, être considéré comme lui étant particulier, il n’en est pas moins vrai que la plupart lui proviennent d'immigrations venues du Nord, du Sud et de l’Ouest. Les espèces du Nord, provenant de la mer d'Okhotsk, ont traversé la manche de Tartarie, et, suivant le courant froid qui y prédomine, se sont distribuées sur les côtes de Mantchourie et celles d’Yesso. Les formes du Sud, ouindo-chinoises, ont pénétré par le détroit de Corée, et, suivant le courant chaud qui prédomine le long de la côte de Niphon, se sont répandues dans la mer du Japon, en se mêlant aux espèces du Nord et de l'Ouest. Quant
(1) Ann. a. mag., février et mars 1862. (2) Ann. «. mag., avril 1862.
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aux formes de l'Ouest, provenant de la partie septentrio- pale de l'océan Pacifique, elles ont pénétré dans la mer du Japon par les détroits de Tsuka et de Lapérouse.
12. Sur l'animal et les affinités du q. Alaba, avec le catalogue des espèces connues et la description de quelques espèces nouvelles (1).
Le g. Alaba, qui vit dans la zone laminarienne, à une faible profondeur, représente, dans cette zone, le genre pélagien Lifiopa; il en diffère en ce que sa coquille n’est pas tronquée à la base. L'animal produit très-rapidement un fil transparent de sécrétion visqueuse, qni sort d’une glande située à l’extrémité postérieure, et auquel il reste suspendu, le sommet de la coquille en bas, quand il se trouve fatigué. L'auteur énumère 51 espèces, sur lesquel- les 16 sont nouvelles.
15. Sur quelques nouvelles espèces de Scissurellidæ des mers de Chine et du Japon (2).
L'auteur décrit 9 espèces nouvelles de Scissurellidæ. W y a, par conséquent, lieu de les ajouter aux 18 espèces énu- mérées par M. Munier-Chalmas (3), si l’on veut avoir le catalogue complet du genre. Avant de les énumérer, nous nouspermetirons une légère critique à l'égard de M. Adams. Il admet, comme nous, la division des Scissurellidæ en 2 genres, l'un composé des espèces pourvues, à l’état jeune, d’une fissure, puis, à l’état adulte, d’une perforation ar- rondie ; l’autre comprenant les espèces munies d'une fis- sure à tout âge (4). Mais il s’obstine à donner le nom gé- nérique de Scissurella aux espèces à perforation arrondie,
(1) Ann. a. mag., octobre 1862.
(2) Ann. a. mag., novembre 1862.
(3) Journ. de Conchyl., 1862, p. 391.
(4) Journ. de Conchyl., 1861, p. 159 et 257.
bien qu’il soit constant que d’Orbigny, le créateur du genre, n’a jamais connu le fait de cette perforation, et que la fissure latérale a toujours été pour lui le caractère con- du genre. En revanche, M. Adams, pour désigner les véritables Scssurella de d’Orbigny, se sert du mot gé- nérique Analomus, et non de celui de Montfort, sur lequel il passe condamnation, mais d’un autre Anatomus, celui H. et A. Adams. Cette façon de procéder ne nous semble pas régulière, et nous pensons qu'il faut nommer Scissurella les espèces à fissure et Schismope les espèces à
stitutif
de MM.
— 109 —
perforation arrondie. Voici la liste des espèces :
1.
Hab.
G. ScxisMore, Jeffreys.
Schismope carinata. Scissurella carinata, A. Adams.
. Okosiri, Seto-Uchi, Gotto (16 à 71 brasses). . Schismope modesta.
Scissurella modesta, À. Adams. Tabu-Sima (25 brasses).
. Schismope mranda.
Scissurella miranda, À. Adams. Mino-Sima (65 brasses).
G. SCISSURELLA, d'Orbigny.
. Scissurella Japonica.
Anatomus Japonicus, A. Adams. Mino-Sima (65 brasses), Gotto, O-Sima.
. $cissurella lamellata.
Anatomus lamellatus, A. Adams,
. Mino-Sima, Gotto, O-Sima (26 à 71 brasses). . Sossurella turbinata.
Anatomus turbinatus, À. Adams.
. Mino-Sima (63 brasses).
— 410 —
4. Scissurella concinna. Anatomus concinnus, À. Adams. Hab. Rifunsiri (55 brasses). 5. Scissurella nurifica. Anatomus mirificus, A. Adams. Hab. Lo-shan-kow, Shantung. G. Scissurella staminea. Anatomus stamineus, À. Adams. Hab. Tsu-Sima (25 brasses).
14. Sur l'animal et l'appareil flotteur des Janthines. — Sur l'animal et les affinités du genre Scaliola, du Ja- pon (1).
Dans le nord de } Océan atlantique, à environ 400 milles des Açores, M. Adams a pu recueillir et observer un grand nombre de Janthines vivantes. L'animal est entièrement aveugle, et ne porte des traces de points oculaires sur au- cune partie de ses tentacules. L'appareil flottant paraît être de même nature que le fluide glutineux sécrété par les Litiopa et les Alaba : écrasé dans un mortier, il se ré- duit facilement en mucus. Le mufle est contractile, les côtés du pied sont munis d’une membrane latérale, qui, chez les individus vivants, s’étale sur le côté droit de l’a- vant-dernier tour de la coquille.
Dans l'animal du genre Scaliola, la tête est rostriforme, comme chez les Rissoide, et non pourvue d’une trompe rétractile, comme chez les Scalariens. Les espèces con- nues sont au nombre de quatre et offrent cette particula- rité curieuse que, comme les Xénophores, elles aggluti- nent des corps étrangers (grains de sable) sur la surface de leurs coquilles. Les tentacules sont petits et filiformes, avec de larges yeux noirs à leur base externe; la tête
(1) Ann. 4. mag. of nat. hist., décembre 1862.
— 111 —
est allongée, le pied court, ovale et semi-transparent.
Nous nous sommes étendu, peut-être un peu longue- ment, sur les nombreux et intéressants mémoires quisont le premier résultat des explorations de M. A. Adams. Ils augmentent, dans une proportion considérable, la quan- tilé des espèces connues jusqu'ici comme provenant des mers de Chine, ct surtout de celles du Japon, si peu ex- plorées avant lui. Nous devons donc savoir gré à M. Adams de ses utiles recherches et des résultats scientifiques qu'il a obtenus. S'il faut faire la part de la critique, nous lui reprocherons la multiplicité, peut-être excessive, de ses coupes génériques et subgénériques, et la trop grande con- cision de ses diagnoses, dans lesquelles nous ne trouvons ni les dimensions de l'espèce décrite, ni même souvent le nombre des tours de spire. Plus les espèces connues de chaque genre se multiplient, plus il est nécessaire que le naturaliste insiste sur les moindres différences qu'elles présentent entre elles : autrement, on risque de tomber dans la confusion. Quoi qu’il en soit, la série des articles de M. Adams présente le plus grand intérêt et sera con- sultée avec fruit par tous les naturalistes.
H. CROSSE.
Cours de Paléontologie sitratigraphique professé au Muséum d'histoire naturelle par À. D'ARCHIAC.
Première année — 1"° partie, Précis de l’histoire de la Paléontologie stratigraphique, 1 vol. in-8°, 492 p. Paris, Savy. (1862.)
$ 1. La nouvelle publication de M. d’Archiac est l’ex- posé de la première partie de son cours de paléontologie
— 112 — professé avec un grand succès au Muséum d'histoire natu- relle. Mais comme l’auteur l'explique lui-même, ce livre n’est pas la reproduction littérale du cours; l’on y trouve des détails que les convenances du professorat avaient fait supprimer, et des développements nouveaux sur les points les plus importants.
Le discours d'ouverture pose nettement les principes et
l'esprit de l’enseignement développé dans les leçons sui- vantes. Un cours de paléontologie ne saurait se transfor- mer en un Cours de zoologie et de botanique fossiles, sous peine de n’être qu’une répétition incomplète de ces bran- ches de l'histoire naturelle. Or, dans ce cas, quel est l'homme qui posséderait assez de science et de temps pour remplir convenablement cette lourde tâche? La paléonto- logie doit donc consister dans la connaissance des êtres organisés fossiles considérés stratigraphiquement ou dans leurs rapports avec l'ancienneté des couches qui les ren- ferment. Tel est le véritable domaine du paléontologiste stratigraphe, et c'est ainsi que la zoologie et la botanique fossiles entreront dans la voie des applications sérieuses à l'étude de la constitution de notre globe durant les diverses périodes de la vie à sa surface.
Pour l’auteur, un cours est l'exposé généra de lascience et non le développement d'idées et de théories particulières. L'individualité du professeur disparait devant l’immensité des matériaux accumulés par d’autres; dégagé de toute idée personnelle, il juge librement et porte sur les ques- tions les plus difficiles le ffambeau d’une critique impar- tiale et élevée. Par la publication de son Histoire des pro- grès de la géologie, M. d'Archiac avait déjà prouvé qu'il possédait à un haut degré l'aptitude critique dans son expression la plus parfaite, le bon sens scientifique uni à une vaste instruction.
— 113 —
$ 2. Avant de pénétrer dans l'étude des couches sédi- mentaires de l’écorce terrestre, il était rationnel d’esquis- ser l’histoire de la paléontologie. Les leçons que nous ana- lysons sont consacrées à cette partie de la science complé- tement délaissée malgré les efforts de Walch et Knorr en Allemagne et de Cuvier en France. Bien des auteurs ont dû reculer devant laridité apparente du sujet ou se sont effrayés du nombre considérable de documents qu'ils avaient à dépouiller, commenter et classer.
« Et pourtant l’histoire d’une science est comme le pé- € ristyle d’un temple, c’est l'introduction la plus naturelle « au tableau des merveilles que son étude doit nous ré- « véler; c’est, en outre, un acte de justice distributive « auquel il n’est pas permis de se soustraire. »
Ces lignes font pressentir que l'histoire de la paléonto- logie sera impartiale et que l’auteur, sans se laisser aveu- gler par le sentiment égoiste de la nationalité, rendra à tous ce qui leur est dû. Le mouvement des idées, en effet, ne s’est pas manifesté isolément dans un pays : on peut le suivre à la fois en [talie, en Allemagne, en Angleterre, en France, se modifiant d’après les tendances particulières de chaque peuple; se montrant tour à tour théorique, prati- que, philosophique, religieux, d’après les idées régnantes; changeant d'aspect par l'application des découvertes de quelques rares génies, mais s’avançant toujours vers la constitution d'une science unique dans sa nature, parce qu’elle résume les connaissances de tous les peuples et de toutes les époques.
Il fallait analyser ces tendances, prouver l’envahisse- ment successif des notions utiles, signaler les défaillances des maîtres, dispenser l'éloge d’après le résultat obtenu, se dégager de l’asservissement à l'autorité d’on nom, en un mot être indépendant et ennemi irréconciliable des
8
PRIE
atermoiements avec l'erreur. Nous croyons que ce pro- blème a été courageusement résolu.
$ 5. L'histoire de la paléontologie nous conduit de son origine à sa constitution définitive en 1825. À cetteépoque, les principes généraux ne sont plus discutés ni discutables.
L'auteur aborde l’histoire de la science dans chaque contrée : l'Italie, les Alpes et la Suisse, l'Allemagne, la Scandinavie, la Russie, les îles Britanniques, l'Espagne, les deux Amériques, les Pays-Bas, la France enfin. Un chapitre est consacré à chacune de ces divisions territo- riales, et tous les travaux qui s’y rapportent sont analysés; mais l’auteur s'arrête de préférence à ces grands noms ‘ qui éclairent la route de la science. On lira avec fruit des études consciencieuses sur Arduino, Fortis, Breislak, Brocchi (Italie); de Saussure, de Luc (Suisse); Fuchsel, Werner (Allemagne); Pallas (Russie), Smith (Angleterre), Maclure (États-Unis), etc.
Les chapitres consacrés à la France sont extrêmement complets; Bernard de Palissy ouvre la marche, et nous pouvons apprécier les idées neuves et originales de cet esprit prime-sautier. Mais après lui un siècle s'écoule, sté- rile, vide, et c’est le grand siècle par excellence! Singu- lière contradiction bien digne de remarque. I semble que la France, si prodigue de gloires en toutes sortes, a oublié d’enfanter un géologue.
Au siècle suivant, Réaumur étudie les falans de la Touraine (4720). Dès lors le charme est rompu, le goût de l'observation se réveille, les travaux se multiplient, mais la tendance, prématurément théorique et synthé- tique, de nos savants entachés de cartésianisme s’opposera longtemps aux progrès de la paléontologie et amoindrira la valeur des recherches de Jussieu, Sauvages, de Maillet.
Le dernier mérite une étude spéciale. Son livre, célè-
— 115 —
bre pendant longtemps, a dû sa fortune aux élans d’une imagination capricieuse. N'oublions pas, cependant, que Telliamed place ses rêveries sous le patronage de Cyrano de Bergerac, et que, à l’occasion, il nous fait part d’ob- servations pratiques d’une grande valeur qui contre-ba- lancent les écarts de la folle du logis.
Telliamed, admiré au siècle dernier, était tombé bien bas dans l'estime de nos contemporains. M. d’Archiac réhabilite en lui le stratigraphe. Quelques auteurs mo- dernes devraient, en bonne justice, le réhabiliter comme théoricien. N’est-il pas le créateur de la théorie des trans- formations des êtres sous l'influence des milieux? N’est-il pas le précurseur de Lamarck, Geoffroy Saint-Hilaire, Darwyn? Malheureusement pour sa gloire, heureusement peut-être pour la raison humaine, il n’osa présenter la transformation des êtres que sous une forme fantaisiste. Que n’eût-il fait un livre bien sérieux, il aurait aujour- d'hui ses fanatiques. Sic vos non vobts.
Si de Maillet brille par le style et l'imagination, son contemporain Guettard ne jouit pas précisément des mêmes avantages. Sa lourdeur, sa prolixité sont prover- biales. Il faut une patience soutenue pour lire ses œuvres. Néanmoins Guettard a eu deux inspirations qui le dési- gnent à l'attention des géologues : la construction de la première carte géologique de la France (1751), et la dé- couverte des volcans anciens au centre de notre pays (1752). Mais telle était la mauvaise impression qu'il avait produite sur ses collègues, qu’on lui contesta cette der- nière découverte : il dut la revendiquer vingt-huit ans après.
Enfin Buffon apparaît et contribue, plus que tout autre, à populariser la géologie, grâce à l'appui de son admirable talent et de ses théories qui ont le mérite d’a-
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giter les questions les plus importantes pour son époque. Pendant que Buffon se livre à ses brillantes spéculations, des travailleurs moins célèbres poursuivent avec ténacité l'étude de la succession des couches dans diverses pro- vinces : Palassou, Ramond (Pyrénées); Giraud-Soulavie, Darluc (France méridionale) ; Monnet, Lavoisier (Nord).
Ils s’adonnaient à ces œuvres de détail si importantes en stratigraphie, et pour lesquelles Buffon montrait presque de l’éloignement.
La succession de ces hommes de talent est couronnée par Cuvier et Brongniart, dont l'association heureuse de- vait nous doter de la paléontologie du bassin de Paris. Ces deux hommes de génie se complètent ; mais, dès que Cu- vier est privé de l’appui de son collaborateur et qu'il aborde la géologie, il erre, s'embarrasse, s’agite dans le vide de théories surannées et inadmissibles. Si nous le devons nous incliner devant sa merveilleuse sagacité, si nous devons admirer la puissante méthode qu'il a mise en œuvre dans l’étude des ossements fossiles, faisons nos réserves pour le discours sur les révolutions du globe, dont la vigueur et le style ne peuvent cacher les aberra- tions géologiques.
On voit, d'après l’exposé du livre de M. d’Archiac, que toutes les grandes questions y sont agitées dans l’ordre de leur apparition successive. De cette manière, l'histoire de la science acquiert le seul intérêt auquel elle puisse pré- tendre, et n’est plus un simple catalogue chronologique.
H. CROSSE.
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Di un muovo fossite delle argile subapennine, — lettera di Vittorio Peccmorr, all’egregio amico sig. Dott. Cesare d'Ancona. — In-8°, 7 jean 01e Florence, 1852.
La lettre de M. V. Pecchioli renferme la description d'une magnifique espèce de Fuseau : Fusus etruscus, de l'argile subapennine. Cette coquille, longue de 457 milli- mètres, ne se rapproche que du F. clavatus, Brocchi. Il en existe quelques exemplaires dans la collection paléonto- logique du Muséum d'histoire naturelle de Paris. Nous les avons montrés à M. R. Lawley, de Montecchio, qui a pu nous assurer de leur identité avec ceux qui ont été re- cueillis par M. Pecchioli.
La brochure que nous signalons est accompagnée d’une très-bonne planche. Si toutes les espèces subapennines avaient été aussi bien figurées, nous ne serions pas sou- vent embarrassés pour leur détermination. Espérons que les paléontologistes italiens reprendront une étude appro- fondie de leurs terrains, et nous gratifieront d’un ouvrage complet dont l'apparition est vivement désirée par les amis de la science ! P. Fiscner.
— 118 —
Description d'un mouveau genre et de plusieurs espèces nouvelles (de cequilles provenant de la collection €Cuming. — Description d'un nouveau genre provenant de la même collec- üon. — Description de quelques nouveaux genres el de quelques mouvelles espèces PrO- venant de la même collection {1}, par ME. Henry Adasms, F. L.S.
M. Henry Adams propose le nouveau genre Ocana pour le Turbo helicinus, Born (T. cidaris, Gmelin), à cause de la forme de lopercule qui, dans cette espèce, est muni d'une côte spirale granuleuse, fortement perforé et à bord externe simple; le sous-genre Ameria, pour les Physes à tours aplatis en arrière, anguleux ou carénés, à spire courte et déprimée, et le sous- genre Adula pour les Planorbes profondément ombiliqués en dessus, convexes en dessous, à tours de spire convexes et nombreux, à ou- verture campanuliforme.
Dans son deuxième article, l’auteur crée le genre Alora pour le Trichotropis Gould, À. Adams, coquille de Pa- nama, qui diffère des autres espèces du même genre par son ouverture prolongée en avant comme certaines Méla- nies et par l'absence de tout canal.
Nous signalerons,. dans le dernier article, l’établisse- ment 1° du genre Canidia (C. fusca, H. Adams, de l'Indo-Chine, et Melanopsis Helena, de Java, seules es-
(1) Proceedings of the zoological Society, 1861, p. 143, 272 et 383. — Tirages à part, 9 avril, 25 juin, et 26 novembre 1861.
— 119 —
pèces connues), pour des Mélanopsides dont l'opercule est petit, corné, onguiculé, à nucléus marginal, muni d'une saillie basale élevée, et dont l'ouverture est très-émargi- née en avant, la columelle tronquée et presque droite, le bord droit simple et muni d’un sinus en avant; 2° du sous-genre Notoplax (N. speciosa, de Tasmanie) pour une forme de Chutonellus à valves presque égales, disjointes, «nbcordiformes, et dont les intervalles sont médiocres et sensiblement égaux. En thèse générale, nous ne sommes nullement partisan des coupes subgénériques, qui nous font l'effet d’une cinquième roue ajoutée au char de la no- menclature : entre le genre et l'espèce, selon nous, il ne doit point y avoir d’intermédiaire. Si l’on admet les sous- genres proposés par un premier auteur, on s'expose à ce qu'un second, plus ingénieux encore, invente des hypo- sous-genres (qu'on nous passe ce mot hybride). Il n’y a mème pas de raison pour qu’on s’en tienne là, et voilà la nomenclature en désarroi! Nous regrettons donc vivement qu'un naturaliste de la valeur de M. Henri Adams se soit engagé dans cette voie qui nous paraît pleine de dangers. Eu outre des créations génériques et subgénériques ci- dessus mentionnées, les articles de M. Adams renferment la cescription d'un certain nombre d’espèces nouvelles pour la science. H. CROSSE.
Étude sur les Zonites de l’Htalie septentrionale, par Gabriel de Mortillet [l).
M. de Mortillet, déjà connu des naturalistes par quel-
(4) Brochure in-8, 24 pages. Milan, 1862. — Tirage à part, extrait du vol. IV des Ati della Socieià italiana.
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ques travaux malacologiques publiés dans diverses Revues scientifiques de Suisse, de Savoie et d'Italie, fait connaître le résultat de ses recherches, en ce qui concerne les Zo- mifes de l'Italie septentrionale. Voici les espèces dont il signale la présence, dans son travail : Z. Leopoldianus, Charpentier; Z. hiulcus, Jan; Z. nitens, Michaud ; Z. nitidulus, Draparnaud ; Z. nitidus, Müller ; Z. radiatulus, Alder ; Z. cellarius, Müller, et Z. lucidus, Draparnaud, deux espèces que l'auteur propose de réunir; Z. glaber, Studer; Z. hydatinus, Rossmassler ; Z. crystallinus, Mül- ler; Z. hyalinus, Férussac ; Z. algirus, Linné ; Z. verli- cillus, Férussac; Z. Gemonensis, Férussac; Z. fulvus, Müller, et enfin Z. candidissimus, Draparnaud, en ad- mettant, avec Moquin-Tandon et quelques autres savants, que ce dernier doive entrer dans le genre, à cause de ses caractères anatomiques. Nous trouvons, dans ce petit mé- moire, de nombreuses indications de localités, et des ob- servations critiques snr les rapports et les différences des” espèces entre elles. H. CROSSE.
Annexion à la faune malacologique de Franee par Gabriel de Mortillet (1).
Dans cet opuscule fort original, et spiritueilement écrit, l’auteur examine les résultats malacologiques qu'a pro-
(1) Deux brochures in-8; parties 1 el ni, tirage à part de la Re- vue savoisienne, numéro de février 1861, 22 pages d'impression; — partie ur, tirage à part de la même Revue, numéro de juil- let 1862, 8 pages.
duits, pour la France, l’annexion de Nice et de la Savoie. La réunion de la Savoie ajoute à la faune française les es- pèces suivantes : Vitrina nivalis, Charpentier, et W. an- nularis, Stud. (cette dernière signalée antérieurement en France, mais avec doute); Succinea Charpentieri, Dumont et Mortillet, $. Droueti, Dumont et Mortillet; Helix Pe- tronella, Charpentier; Æ. glacialis, Thom.; Limnea cor- rosa, Dam. et Mort.; L. frigida, Charpentier; plus quel- ques variétés intéressantes appartenant à des espèces con- nues pour exister en France. Le comté de Nice fournit un contingent de deux espèces qui n'existent point sur notre ancien territoire, l Hehix cingulata, Studer, et le Bulimus cinereus, Mortillet, dont M. Bourguignat a changé le nom pour celui de B. psarolenus (1). Ces espèces se rencontrent à Saorgio, c’est-à-dire sur la limite extrême du territoire annexé.
L'auteur constate que le reste de la population mala- cologique des Alpes-Maritimes lie intimement ce pays à la France, et qu’il en est de mème, à un degré plus considé- rable encore, pour la généralité des espèces de Savoie : elles se composent notamment de Mollusques caractéris- tiques des Alpes françaises et du Jura français (Helix al- pina, H. plebera, H. personata, I. lapicuda, etc.). Deplus, et ce fait est remarquable, la faune malacologique de Sa- voie se trouve être presque aussi distincte de celle de la Suisse que de celle d'Italie, même pour les provinces les plus voisines de la première, telles que le Chablais et le Faucigny. Les espèces savoisiennes suivantes, Helix al- pina, Neritina fluviatilis, Pomatias apricum, P. Carthu- sianum, Pupa Bigorriensis, Unio Rousu, U. Requient, Anodonta rostrata, n'existent point en Suisse, ou du
(1) ÆAménilés malacologiques, 1. II, p. 116.
= 1469 =
moins n’y ont pas été signalées jusqu'ici. Au reste, ainsi que le reconnaît M. de Mortillet, P. Strobel avait déjà, en 1855 (Giornale di Malacologia, p. 48), établi que les faunes malacologiques de la Savoie et de Nice présentaient tous les caractères de la faune française.
M. Strobel conclut aussi, de l'examen des Mollusques terrestres et fluvatiles, que le Tyrol se rattache à l'Italie el non à l'Allemagne; mais nous doutons fort qu'il par- vienne à faire partager ses convictions à l'Autriche.
De même, en ce qui concerne la France, nous devons avouer qu'un certain nombre de Mollusques allemands ont passé le Rhin, et donnent à notre faune d'Alsace un caractère légèrement germanique. Heureusement que ce: animaux sont parfaitement acclimatés et naturalisés, sans quoi nous tremblerions pour lunité française, et nous nous verrions dans l'obligation d'inventer des canons en- core plus rayés que par le passé pour protéger l'intégrité de notre faune malacologique !
H. CROSSE.
On a species of Limopsis, C{c. (sur une espece de Häismopasis (rouvée vivante dans les mers bri- lanniques, avec des observations sur le genre), par M. #. Gwyn Seffreys (1).
Dans cet article, M. Gwyn Jeffreys, notre honorable correspondant, annonce qu'il a découvert à l'état vivant,
(1) nn. mag. of natural history, novembre 1862. — Tirag: à part,
2.488 2 lors de ses dragages aux îles Shetland, le Limopsis au- rila, décrit comme Arca par Brocchi (1), donne d’intéres- sants détails sur l'animal qui ressemble beaucoup à celui des Pectunculus, ainsi qu’on doit s'y attendre. L'animal est d’un blanc de lait ; le manteau est ouvert partout, sauf en arrière; il n’a ni tubes ni plis, et ses bords sont épais- sis et munis de glandes papilliformes. Les branchies sont normales; le pied est volumineux proportionnellement au reste du corps. On sait que le g. Limopsis, créé par Sassi en 14827, a été établi de nouveau par Nyst et Ga- leotti, en 1855, sous le nom de Trigonocælia, et par d’Or- bigny, en 1844, sous celui de Pectunculina : ces deux derniers noms doivent donc disparaître. Les Limopsis sont des Pétoncles qui ont quelque chose de l'apparence géné- rale des Limes, dont les dents cardinales sont à peu près égales entre elles, et qui présentent, au centre de l'aréa du ligament, sur chaque valve, une fossette ou dépression triangulaire, servant à loger un petit cartilage. L'auteur énumère six espèces de Limopsis actuellement vivantes : L. mulhstriata, Forskal, de la mer Rouge; L. Belcheri, Adams et Reeve; L. munila, Philippi (espèce recueillie dans les terrains tertiaires de Sicile et de Calabre, mais dont M. Jeffreys prétend qu’il existe au British Museum deux exemplaires vivants, sans indication de localité); L. aurita, Brocchi (Trigonocælia sublævigata, Nyst), es- pèce connue antérieurement comme fossile et recueillie vivante aux îles Shetland; L. cancellata, Reeve; T. pel- lucida, Jeffreys, de Guernesey. Nous en signalons deux autres, L. borealis, Woodward, et L. oblonga, À. Adams: cette dernière espèce est décrite dans les Annals and Mag. of natural History, 1860, et provient du Japon. H. CRossE. (1) Conch. foss. subapen. (1814, vol. IL, p. 485, pl. n, fig. 9).
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Recherches comparatives sur les dépôts fluvio- Incustres tertiaires des environs de Montpel- lier, de l'Aude et de la Provence, par M. Philippe Matheron (1).
Nous signalons cet intéressant mémoire à ceux de nos lecteurs qui s'occupent particulièrement de paléontologie. L'auteur continue à admettre pour la grande série fluvio- lacustre de la Provence la division qu’il a établie précé- demment (1852) en 2 groupes, un inférieur dit terrain à lignites, un supérieur qu'il nomme terrain marneux à gypse d'Aix. Au-dessus vient un dépôt marin (molasse co- quüillière), puis un dernier groupe de couches fluvio-lacus- tres (terrain d’eau douce supérieur). Il compare à ces di- visions les dépôts des environs de Montpellier et de l’Aude, et étudie la corrélation qui existe entre elles et ces dépôts d’une part, et les étages tertiaires du bassin parisien de l'autre ; il signale, de plus, ce fait remarquable que la presque totalité des fossiles lacustres du midi de la France manque dans le bassin parisien, et réciproquement. M. Ma - theron cite, dans le cours de son travail, un assez grand nombre d'espèces inédites, que nous l’engageons vive- ment à décrire et à publier conformément aux règles ; car les espèces purement nominales ne servent absolument à rien et encombrent inutilement la nomenclature. Parmi les fossiles énumérés, nous citerons le curieux genre Lych- nus, établi par M. Matheron en 1852, et qu’A. d'Orbigny a cru devoir réunir au g. Anostoma; d'après l’auteur, les
(1) Marseille, 1862; brochure gr. in-8, 112 pages et 1 tableau Synoplique.
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Lychnus diffèrent des Anostoma en ce qu'ils ont l’ouver- ture retournée dans un sens opposé, et en ce que leur spire se trouve à peu près enveloppée par le dernier tour, à l’état adulte. (Espèces citées : L. elhipticus, L. Urgonen- sis, L. Panescorsi, L. mammillatus, L. provinciahs, L. rimatus, créées par M. Matheron, et L. Matheroni, de Re- quien. H. CROSsE.
Sur la ligne de propagation de quelques fossiles, et considérations géologiques sur la ligne de par- tage du bassin de la Seine et du bassin de la Loire, par Æh. Ebray, membre de la Société géo- logique de France, etc. (1).
Dans la première partie de ce mémoire, l’auteur étudie la ligne de propagation de certains fossiles, et notamment du Pholadomya carinata, du P. Vezelayi, du Terebra- tula d'gona, et des espèces qui composent le genre Thels, genre qui commence à se montrer dans l'étage Aptien, se propage dans l'étage Albien et disparaît définitivement à la base de l'étage Cénomanien. Trois espèces de ce genre ont été établies par A. d’Orbigny, T. lœvigata, T. minor et T. major. La deuxième partie du mémoire est purement géologique, et, comme telle, ne rentre pas dans notre ca- dre. L'ensemble du travail nous paraît mériter l'attention des géologues.
H. CROSSE,
(1) Nevers, 1862; brochure in-8°. 32 pages d'impression et Î carte,
— 126 —
Rapport sur les progrès de la géologie et de la pa- léontologie en France pendant l'année 1861, par M. &. Cotteau, membre de l'Institut des provinces (1).
Notre honorable confrère passe en revue, dans ce rap- port, les divers travaux qui, dans le cours de l’année 1861, ont contribué aux progrès de la géologie et de la paléon- tologie en France; il les analyse brièvement, en suivant l'ordre des terrains, de bas en haut. Nous le remercions vivement de la bienveillance avec laquelle il accueille les efforts que nous avons faits pour améliorer et développer dans notre recueil la partie paléontologique, dont on ne saurait nier l'importance en matière de conchyliologie. A propos d'un mémoire de M. Cailliaud (2), cité dans le rap- port et constatant l’existence. dans le N. E. du département de la Loire-Inférieure, de la faune troisième silurienne de M. Barrande, nous nous permettrons une observation. M. Cailliaud décrit et figure une Térébratule nouvelle, re- marquable par sa taille, sous le nom de T. Deshayesi. Nous ferons remarquer qu’il existe déjà un Terebratula Des- hayesi, Davidson, espèce vivante figurée par Reeve(Conch. Ic. Monog., g. Terebratula, 55), plus un T. Deshayesi, d’Archiac, espèce fossile (Bull. Soc. géol. de France, 1846, p. 336). Nous engageons donc l’auteur à changer sa dé- nominalion. Nous signalons avec plaisir le travail de
(4) Caen, 1862, chez Hardel, imprimeur-libraire ; brochure in-8 de 35 pages d'impression, extrait de l'Annuaire de l’Institut des provinces, année 1863.
(2) Bull. Soc. géol. de France, 2 série, 1. XVIIL, p. 330.
Mare
M. Cotteau à tous les naturalistes; ils y trouveront résumé
en quelques pages correctes et intéressantes le bilan géolo-
gique de l’année 1861, pour ce qui concerne la France. H. CRosse.
NÉCROLOGIE.
Nous avons à enregistrer, tous les ans, des pertes re greltables parmi les conchyliologistes.
L'année qui vient de s’écouler a vu s’éteindre en Alle- magne le professeur Bronn, de Heidelberg. Ses nombreux ouvrages sont connus de no: lecteurs : le Lethæa geognos- tica, Y Index paleontologicus se trouvent dans toutes les bibliothèques ; mais on aurait une idée très-incomplète de Bronn, si on ne le jugeait que d’après ces travaux ; dans diverses publications et surtout dans le mémoire qui a été couronné par l’Institut, il a prouvé que les questions les plus élevées de la science lui étaient familières, et qu'il savait les aborder avec talent.
Nous avons omis dans notre article nécroiogique de lan dernier le nom du regrettable Dr. Menke, de Pyrmont. C’est à lui qu’on doit la fondation du Zeitschrift für Ma- lakozoologie, continué par le Br. Pfeiffer sous le titre de Malakozoologische Blâtter.
On nous annonce encore la mort de M. le comte Aguil- lon, de Toulon, et de M. Van den Heuvel, d'Ysselstein (Hollande).
M. H. Coudert vient de mourir à Bordeaux; le goût des sciences naturelles était héréditaire chez lui, et les qualités
— 128 — de son cœur le font regretter de tous ses amis. Il Jaisse une belle collection remarquable par quelques séries très- complètes, entre autres celle des Conus, Mutra, Cyclo- stoma, etc. H. Crosse et P. Fischer.
Nous croyons devoir appeler l’attention de nos lecteurs sur un oubli du dessinateur, qui, dans la planche IE, ‘a omis de donner l'échelle de proportion de l'Helicina Ro- saliæ, Pfeiffer. Cette espèce est légèrement grossie (175 en: viron), ainsi qu'on peut le constater, du reste, par les di- mensions données à la suite de la diagnose.
H. CROSSE.
en —_— PARIS.—)MP. DE M°° v® BOUCHARD-HUZARD, RUE DE L'ÉPERON, 5.— 1863,
JOURNAL
DE
CONCHYLIOLOGIE.
1°" Avril 1963.
Note sur la faune malacologique des environs de Kieff (Russie),
par C. JELSKI.
Les conditions gcologiques des environs de Kieff sont peu favorables au développement des Mellusques ter- restres.
La contrée est uniformément couverte de mollasse ar gileuse (lôss) que les rivières et même les eaux du prin- temps coupent jusqu’à la profondeur de plus de 40 mètres, découvrant les couches sous-jacentes d'argile bigarrée, dé sable et d'argile plastique bleue. Cette dernière appartient à l'étage éocène, et c’est d'elle que proviennent toutes les sources du pays. L'absence du calcaire diminue notable- ment la richesse malacologique de la contrée ; aucune es- pèce d'Helix des Xérophiles (1) ne s’y trouve.
(4) Division adoptée par M. Albers (die Jeliceen, etc}, pour 9
— 130 —
La surface de la contrée est à peu près plate (steppe), et se compose de terres labourées ou de pâturages. Des vallées, des rivières et des ruisseaux constituent les senles ondulations de la contrée. Dans ces dernières débouchent des vallées secondaires, ordinairement ramifiées et qui se terminent par de courts défilés (jary) étroits, à penchants abrupts et s'augmentant, chaque année, par l'effet des eaux du printemps (1).
C'est sur les penchants de ces vallées, ordinairement convertes de bois (2), d'arbres ou d’arbrisseaux (3), que se trouvent principalement les Mollusques terrestres des envi- ronsde Kielf. Les stations pour les Mollusques fluviatiles sont les sources, les étangs et ruisseaux arrosant les vallées se- condaires, le fleuve le Dnieper et les petits lacs qui l'avoi- sinent et restent en communication avec lui pendant les grandes eaux du mois de mai.
Liste des Mollusques terrestres et fluviatiles des envi- rons de Aie :
1. Arion hortensis, Férussac. Sous l'écorce des vieux arbres et sous les feuilles mortes, dans les lieux ombragés et humides. à êr6
9, Limax maximus, Linné. Sous l'écorce des vieux arbres. À
5. Limaæ agrestis, Linné. Sous les feuilles mortes.
les Helix Pisana, marilima, variabilis, ericetorum, et autres formes voisines. H. CRossE.
(1) Ce dernier fait est caractéristique pour l'Ukraine, la Vol- hyuie et la Podolie. Les eaux du printemps détruisent, chaque année, les couches superficielles, et il viendra probablement une époque zoologique où les étages tertiaires auront eomplétement disparu de ces contrées.
(2) Quercus pedunculata, Tilia Europæa.
(3) Quercus pedunculata, Corylus avellana, Æcer campestre, A. Tataricum, Viburnum, Salix, Rosa.
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4. Limax marginalus, Draparnaud. Sous l'écorce des vieux arbres.
5. Vitrina pellucida, Müller. Sous la mousse et sous les feuilles mortes,
G. Succinea putris, Linné. Sur différentes plantes, au bord des sources, ruisseaux et étangs.
7. Succinea Pfeifferi, Rossmässler. Rampe sur la terre au bord des lacs avoisinant le Dnieper.
8. Succinea oblonga, Draparnaud. Sous les feuilles mortes, dans les lieux humides.
9. Iyalina nitidula, Draparnaud (1). Sous les feuilles mortes, au milieu des arbrisseaux.
10. Hyalina lucida, Draparnaud. Sous les feuilles mortes, dans les lieux humides.
11. Hyalina nitidosa, Férussac. Sous li mousse et les feuilles mortes.
12. Hyalina fulva, Draparnaud. Sous les feuilles mortes; rare.
15. Helix pygmæa, Draparnaud. Sous les feuilles mortes. |
14. Helix ruderata, Studer. Sous l'écorce des vieux arbres.
45. Helhx aculeata, Müller. Sous les feuilles mortes. ‘
16. Helir pulchella el var. costata, Müller. Se rencontre fréquemment sous la mousse et les feuilles mortes.
47. Helix fruticum, Müller. Sous les feuilles mortes et sur différentes plantes dans les lieux humides.
48. Æehx strigella, Draparnaud. Mème station que l'espèce précédente.
19. Helix austriaca, Mühlfeldt. Sur les arbrisseaux.
(1) Coupe faite aux dépens du genre Helix, et adoptée par M. Albers {die Heliceen), H. Crosse.
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20. Helix pomatia, Linné. Rare aux environs de KiefF; se trouve en quantité dans le parc de Biata Cerkien.
21. Bulimus obscurus, Müller, Se rencontre rarement sous les feuilles mortes, dans les lieux ombragés et hn- mides.
22. Achalina lubrica, Müller (1). Sous la mousse et les feuilles mortes. Les individus provenant des lieux hu- mides sont beaucoup plus grands et ont une coquille plus foncée que ceux des lieux secs.
25. Clausilia laminata, Montagu. Sous les feuilles mortes.
94. Clausilia orthostoma, Menke. Sous les feuilles mortes ct dans les fentes de l'écorce des vieux tilleuls.
25. Clausilia cana, Meld. Même station que la précé- dente espèce.
26. Clausilia phicala, Draparnaud. Cette espèce vit avec la CL. laminala.
27. Clausilia filigrana, Ziegler. Sous les feuilles mortes.
28. Pupa muscorum, Linné. Sous la mousse et les feuilles mortes.
29. Pupa minutissima, Hartmann. Même station que l'espèce précédente.
50. Pupa edentula, Draparnaud. Sous les feuilles mortes, dans les lieux humides.
51. Pupa antivertigo, Draparnaud. Sous la mousse et les feuilles mortes, dans les lieux humides.
52. Pupa pygmæa, Draparnaud. Sous la mousse et les feuilles mortes.
55. Pupa pusilla, Müller. Mème habitat. .
54. Pupa angustior, Jeffreys (P. Venetzii, Charp.). Sous
(t} Genre Ferussacia. H. CROSSE,
— 133 —
la mousse et les feuilles mortes, dans les lieux humides.
55. Carychium minimum, Müller. Se trouve en com- pagnie du Pupa angustior. ï
56. Limnæa avricularia, Draparnaud. Dans les lacs avoisinant le Dnieper et dans les étangs.
37. Limnæa ovala, Draparnaud. Dans un golfe du Dnieper.
38. Limnæa vulgaris, Pfeiffer. Dans les lacs avoisinant le Dnieper.
59. Limnæa peregra, Draparnaud. Var. manor. Dans les sources.
40. Limnæa stagnalis, Müller. Dans les lacs avoisinant le Dnieper.
A1. Limnæa palustris, Müller. La variété, de petite taille (L. fusca auct.), vit dans les sources; les grands in- dividus se trouvent en abondance dans les marécages de Romanowka, non loin de Kiefr.
42. Limnæa truncatula, Müller. Dans les prairies ma- récageuses.
43. Physa fontinalis, AS Sur les plantes aqua- tiques, dans les lacs avoisinant le Dnieper (1).
44. Planorbis corneus, Draparnaud. Dans les LE les étangs et les marécages. AR
45. Planorbis leucostoma , Michaud. Dans les maré- cages.
46. Planorbis spirorbis, Linné. Même station que l'espèce précédente.
47. Planorbis marginatus, Müller. Dans les lacs et les étangs.
(1) Le Physa hypnorum ne s’est pas trouvé jusqu’à présent aux environs de Kieff; mais celte espèce est commune dans les ma- récages du district de Radomyst et aux environs de Try pol, Jo-
calités qui ne sont pas très-éloignées de Kief.
— 13: —
48. Planorbis vortex, Linné. Même habitat.
49. Planorbis nitidus, Müller. Dans le petit lac de Ho- losiejew, aux environs de Kieff.Se trouve en grande quan- tité sur les plantes aquatiques.
90. Planorbis fontanus, Montagu. Dans un canal des- tiné à recueillir l'eau d'une source, à Sowki, pie de Kief.
51. Planorbis albus, Müller. Se rencontre Ans les étangs, où il est rare.
52. Planorbis nautileus, Linné. J'ai vu un grand nombre d'individus de ce joli Planorbe dans l'aquarium du prof. Rogowicz, où ils avaient été transportés avec des plantes aquatiques de nos environs.
55. Planorbis contortus, Linné. Vit en compagnie du Limnæa peregra.
54. Ancylus lacustris, Draparnaud. Se rencontre, mais rarement, dans les lacs avoisinant le Dnieper, sur les plantes aquatiques.
59. Acicula fusca, Linné. Sous la mousse, dans les endroits humides, ordinairement près des sources.
56. Valvata piscinalis, Gmelin. Dans l'étang de Sowki, près de Kieff.
57. Valvata cristata, Müller. Dans l'étang de Sowki, où cette espèce vit en compagnie du Planorbis fontanus.
58. Valvata Menkeana, n. sp., en compagnie du Lithoglyphus naticoides (1). On trouvera plus loin la diagnose de cette espèce.
59. Paludina vivipara, Linné. Dans les lacs avoisi- nant le Dnieper.
60. Paludina fasciata, Müller (P.achahna, Bruguière).
(4) Le Valvata depressa se trouve dans les marécages de Try- pol, non loin de Kiefr.
— 135 — Vit avec la précédente espèce, et dans l'étang de Kilajelr, non loin de Kiefï. Les exemplaires de cette dernière loca- lité sont beaucoup plus grands que ceux des lacs.
61. Bithinia tentaculata, Linné. Dans l'étang de Sowki et dans les lacs avoisinant le Dnieper.
62. Bathinia similis, Draparnaud. Dans les lacs avoisi- nant le Dnieper. |
65. Lithoglyphus naticoides, Férussac. Se trouve en grande quantité dans lé Dnieper, dans les endroits voisins du rivage, peu profonds et sablonneux (1).
Gt. Neritina fluviatilis, Linné. Dans le Dnieper, sur les pierres submergées et dans les lacs avoisinant ce fleuve.
65. Anodonta piscinalis, Nillson. Dans le Dnieper (où cette espèce est assez petite) et dans les lacs avoisinant le Dnieper (où elle est parfois très-grande).
GG. Anodonta Cygnea, Linné, Dans l'étang du Corps des Cadets.
67. Anodonta complanata, Liegler. Dans les lacs avoi- sinant le Dnieper et dans les petits golfes formés par ce fleuve.
68. Unio piclorum, Lamarck. Dans le Dnieper et dans les lacs.
69. Unio tumidus, Retzius. Vit avec la précédente es- pèce. Les exemplaires très-adultes ont la coquille noire ; le pied de l'animal est d’un ton orangé très vif.
70. Unio Batavus, Lamarck., var. fuscatus, Rossmäss- ler, Se rencontre dans Île \Dnieper, et surtout. dans ses golfes (2).
(4) Cette espèce se trouve aussi dans le Dniester, et beaucoup plus au nord, dans la rivière de Swistez; en Lithuanie, ce qui me conduit à penser qu’elle habite toutes Le rivières du bassin de la mer Noire.
(2) L’Unio ater, Nills., a été trouvé par moi dans la rivière d' ba
— 136 —
71. Cyclas rivicola, Lamarck. Commune dans le Dnie- per et dans les lacs qui l’avoisinent.
72. Cyclas cornea, Linné. Dans les lacs avoisinant le Dnieper et dans l'étang de Sowki.
75. Cyclas calyculata, Draparnaud. Les coquilles vides de cette espèce se trouvent en abondance sur Îles prairies, le long du Dnieper, après leur inondation pério- dique du printemps.
74. Cyclas solida, Normand. Se trouve dans le petit golfe du Dnicper.
75. Pisidium amnicum, Müller. Dans les lacs avoisi- nant le Dnieper.
76. Pisidium fontinale, Pfeiffer. Dans les sources, les ruisseaux et les étangs,
77. Dreissena polymorpha, Van Beneden. Dans le Dnieper et les lacs qui l’avoisinent.
Description du VALVATA MENKEANA, (PI. VI, fig. 4.)
Testa dextrorsa, umbilicata, globoso-depressa, subpel- lucida, nitidula, solidula, longitudinaliter minute et con- fertim strialta; supra brunneo-flava, subtus lactescens. Spira subdepressa, apice obtusa. Anfract. 5 1/2 convexi, rapide accrescentes; ultimus amplus, supra ad aperturam depressiusculus; sutura parum profunda. Umbilicus par- vus, margine columellari aperturæ vix tectus. Apertura ovalis, obliqua, superne angulata. Peristomium conti- nuum, anfractu penullimo appressum, reclum, acultum.— Alt. 4,5%; diam. maj. 5,5%", min. 4°*.; longit. aper- turæ 3,5%, latit. 2,5".
Operculum ovatum, tenerum, pellucidum, anfract. 5 ra- diatim substriatis. Diam. may. 5", min. 2,5".
pien, à Romanofka, près de Kieff. Cette espèce parait être très- rare. |
— 137 —
La coquille de notre espèce est plus déprimée que celle du VW, piscinahs; les sutures sont beaucoup moins pro- fondes, les tours s’accroissent beaucoup plus rapidement et sont moins arrondis. L'animal ressemble à celui du Y. piscinalis, seulement le panache branchial est presque invisible au dehors et l’appendice du manteau plus court. L'animal vit dans les endroits peu profonds du Dnieper, sur les fonds sablonneux. Il se trouve ordinairement près du rivage, où on le rencontre en compagnie du Lithogly- phus naticoides. Il est difficile à apercevoir, à cause de la ressemblance de couleur de sa coquille avec celle du fond sablonneux du Dnieper. GË
Observations sur le Catalogue des coquilles ma- rines d'Algérie, de M. Weinkaufr,
PAR S. PETIT DE LA SAUSSAYE.
M. Weinkauff a publié dernièrement, dans le journal de Conchyliologie, une liste des coquilles marines qu'il avait recueillies sur les côtes d'Algérie. C’est un service rendu à la science, et nous devons lui en savoir beaucoup de gré. Ainsi qu’il le dit lui-même dans un avant-pro- pos, il importe beaucoup, pour l'étude de la distribution géographique et géologique des Mollusques, de posséder des faunes locales aussi complètes et aussi exactes que possible.
Compléter la faune locale sur une étendue de côtes
— 138 — aussi considérable que celle de notre pessession d'Afrique n’est pas l'œuvre d’un jour, nous devons le dire, ct nous ne saurions partager entièrement l'opinion de M. Wein- kauff, lorsqu'il dit qu’il y aura, selon toute apparence, peu de chose à ajouter ultérieurement à la liste qu'il donne.
Quant à l'exactitude, pour des travaux de ce genre, c'est effectivement une condition indispensable, et les erreurs commises ont des conséquences d'autant plus graves que l’auteur aura inspiré plus de confiance.
M. Weinkauff a séjourné pendant deux hivers à Alger et sur différents points du littoral qu’il a explorés avec soin, en faisant usage de la drague, en visitant les plages et en recourant aux pêcheurs : il s’est évidem- ment donné beaucoup de peine. A-t-il été aussi complet et aussi exact qu'il le pense dans la rédaction de son catulogue? Ce sont deux points que nous lui demande- rons la permission d'examiner, et nous le ferons sans éprouver la moindre crainte de blesser sa susceptibilité, car il a apporté, dans son œuvre, trop de zèle et un trop vif désir d’être utile, pour ne pas accueillir nos légères observations et quelques rectifications dont plusieurs nous ont été signalées, par lui-même, dans sa correspon- dance.
L'auteur du catalogue, dont nous nous occupons, ne s’est pas borné à y inscrire uniquement les coquilles qu’il avait recueillies, il y a compris aussi les noms de plu- sieurs espèces signalées par d’autres auteurs comme exis- tant sur les côtes de l'Algérie. Cela ne présente aucun in- convénient lorsque ces conchyliologues inspirent de la confiance, et lorsqu'il s'agit de Mollusques vivant dans des eaux voisines. Nous regrettonsseulement que M. Wein- kauff n'ait pas eu connaissance de quelques publications
— 139 — dans lesquelles il aurait trouvé lindication d'un certain nombre d'autres espèces appartenant aussi à la faune algé- rienne ; il y a là quelques lacunes que nous allons tâcher de combler en partie.
Nous avons déjà eu l’occasion de citer, dans le Journal de Conchyliologie. les intéressants travaux publiés sur la distribution géographique des Mollusques des mers d'Eu- rope par M. Mac-Andrew, qui, avec une persévérance au- dessus de tout éloge, est allé lui-mème explorer ces mers depuis le cap Nord jusqu’à la rade de Tunis. Dans un court séjour qu'il a fait à Alger, il a trouvé, sur ce point, environ cent soixante-dix espèces, dont il a publié la no- menclature en 1850, et parmi lesquelles nous en voyons figurer vingt qui ne se trouvent pas dans le catalogue de M. Wcinkauff. Voici la liste de ces coquilles :
Psammobia costulata, Turt. Mactra subtruncata, Mont. Tellina distorta, Poli. Donax venusta, Poli. Artemis exolela, L.
Lucina radula, Lam. Modiola vestita, Phil. Nucula radiata, Hanley. Arca tetragona, Poli. Lima subauriculata, Mont. Pecten similis, Lask.
— distortus, Dac.
— opercularis, L.
— hyalinus, Poli.
— sulcatus, Born. Umbrella mediterranea, Lam. Bulla Cranchüi, Leach. Bullæa punctata, Ad.
Nerilina viridis, L. Trilon variegatum, Lam. Indépendamment des espèces ci-dessus nous citerons encore les suivantes : Mytilus afer, Gmel., peu rare sur les côtes d'AI-
gérie. Arca pulchella, Reeve, espèce figurée dans sa mo- nographie.
Ostrœa ruscuriana, espèce décrite par Lamarck.
Smaragdinella Algira, espèce découverte en Algé- rie et décrite par M. Hanley.
Murex Benoili, décrit par M. le docteur Tiberi et trouvé près de Bône par des corailleurs.
Aux Mollusques dont neus venons de donner l’'énumé ration nous pouvons ajouter la nouvelle espèce du genre Xénophore (X. mediterranea) dont M. le docteur Tiberi doit donner la description dans ce journal, et qui a été trouvée par des corailleurs aux environs de Bône.
On voit, d’après ce qui précède, que le nombre des es- pèces à ajouter au catalogue de M. Weinkauff n’est pas, quant à présent, bien considérable; mais nous ne mettons pas en doute qu’en poursuivant les recherches sur les côtes d'Algérie on n'arrive à en découvrir encore d’autres.
Nous allons maintenant mettre sous les yeux du lec- teur quelques-unes des observalions que nous à suggérécs la lecture du catalogue de M. Weinkauff.
Avant tout, nous dirons que l’auteur nous a fait con- naître lui-même qu’il y avait lieu de rayer de sa liste deux espèces qu'il y avait inscrites, et qui sont : le Trochus Sauleyi d'Orbig. et le Trochus obliquatus de Gmelin, qui est probablement le Tr. umbilicaris de Linné.
M. Weinkauff nous a fait aussi connaitre qu'il y avait lieu de faire les rectifications suivantes :
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Son Pleurotoma suturalis, Bronn., est le PI. gracihs de Montagu ;
Le PI. gracilis, Mont., du catalogue est le PI. atte- nuala du mème auteur, et le PI. altenuata, Mont., du catalogue est le PI. gracilis, Ph. (non Mont.), qui de- vrait recevoir un autre nom.
Quant à nos observations personnelles, elles portent sur les points suivants.
Cypricardia Renieri, Nardo.
Nous ignorons dans quel ouvrage M, Nardo aurait dé- crit la coquille inscrite sous ce nom. M. Weinkauff ayant bien voulu nous en adresser un exemplaire, nous avons pu reconnaître qu'il appartenait à l'espèce décrite par La- marck et nommée par lui Cardila lithophagella. On le trouve aussi dans l’Adriatique, et sur les côtes de la Sicile.
Venus multilamellosa, Benoît ?
Cette coquille est probablement la Cytherea multila- mella de Lamarck, et nous ne croyons pas que M. Benoît ait décrit l'espèce sous un autre nom.
Arca, n. sp.
M. Weinkauff a inscrit dans son catalogue une Arche qu'il croit nouvelle, mais qu'il n’a pas décrite, se bornant à signaler le rapport qu’elle a avec l’Arca diluvir. I est à regretter que l'auteur n'ait pas donné une diagnose complète, et n'ait pas fait figurer cette coquille dans la livraison du journal, comme il l'a fait pour plusieurs autres d’un moindre intérèt (1).
(1) Nous rappellerons que M. Weinkauff n’a ‘point recueilli lui-même celle espèce dont il a seulement vu un exemplaire dans la collection de l'exposition permanente d’Alger, et qu'il n'a pu ni faire figurer n1 décrire régulièrement. Nous nous asso- cions aux regrets de notre honorable confrère, M. Petit de la Saussaye ; mais nous éroyons qu'il aurait peut-être tort, en celle circonstance, de s’en prendre à M. Weinkauff exclusivement.
H. Croëse,
AO
On nous à donné autrefois, comme venant des côtes de la Sicile, une Arche qui nous paraît avoir beauconp d'a- nalogie avec celle de M, Weinkauff, et qui n’est autre que V Arca auriculata de Lamarck. Cet auteur dit, à la vérité, qu'elle est propre aux mers de l'Inde; mais les habitat qu'il indique ne sont pas toujours exacts. M. Reeve, qui a fait figurer cette espèce dans sa monographie des Arches, s'est montré moins explicite, et n’en fait pas connaître la provenance. Quant à nous, nous ne sommes pas com- plétement certain que notre exemplaire vienne réelle-
ment des mers de la Sicile, et ce n’est qu'avec doute que nous émettons notre opinion à cet égard : toutefois il
nous a semblé qu’il n’était pas sans intérêt de signaler ce fait à l'attention des collecteurs. Siphonaria striato-costala, Deshayes.
M. Philippi, et non M. Deshayes, a décrit sous ce nom une Siphonaire de la côte du Sénégal qui nous paraît être le Mouret d'Adanson, dont le S. Algesiræ de M. Quoy pourrait bien n’être qu’une variété.
Natica filosa, Philippi.
Nous ne connaissons sous ce nom qu’une espèce dé- crite, figurée par M. Reeve dans sa monographie du genre Natce, et que nous regardors comme exotique. Il est probable que la coquille rencontrée assez fréquemment par M. Weinkauf, en Algérie, est la N. Sagraiana de d'Orbigny, laquelle se trouve aux Canaries et n’est pas rare à Cadix. |
Scalaria varicosa, Lamk.
Nous regrettons, relativement à cette espèce, d'être complétement en désaccord avec M. Weinkauff; il est bien établi aujourd'hui que ce mollusque vit dans les mers des Philippines, où il n’est pas très-rare. En admettant que notre confrère ne se soit pas trompé dans la détermination
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de l’exemplaire unique qu'il a trouvé mort, et habité par un Pagure, on ne saurait raisonnablement en conclure que cet animal vit aussi dans nos mers. Si nous voulions nous donner la peine de publier une liste des coquilles exoti- ques qu'on à cru pouvoir ainsi introduire dans la faune européenne, on serait étonné de leur nombre et de la &i- versité des genres auxquels elles appartiennent.
Trochus bilabiatus, Philippi.
Nous ne connaissons point de coquille ainsi nommée par Philippi. Nous sommes d'autant plus porté à croire qu'il y a quelque erreur dans cette détermination, que M. Weinkauff indique la planche 98, fig. 17 de l'ouvrage de cet auteur sur les Mollusques de Sicile, comme repré- sentant le Tr. bilabiatus, tandis que la figure citée se rap- porte à une Balane.
Pusionella Nifat, Adanson.
La drague a rapporté un seul exemplaire de cette co- quille à M. Weinkauff, qui ne dit pas l'avoir eue avec son mollusque. Le Nifat vit sur les côtes du Sénégal et se trouve assez abondamment dans les localités qu’il habite. On n’avait pas encore signalé sa présence dans la Méditer- ranée, et nous devons avouer que nous éprouvons quelque doute sur la convenance d'admettre, dès à présent, cette espèce dans la faune des côtes d'Algérie.
Cypræa picla, Gray.
Nous appliquerons encore à celte espèce l'observation qui précède ; il n’est pas absolument impossible que ce mol- Jusque, commun au Sénégal, ait pénétré dans la mer Médi : terranée; mais il paraît que M. Weinkauff, qui a rencontré fréquemment cette coquille aux environs d'Oran, ne l’a pas trouvée à l'état vivant. Il nous en a envoyé un exem- plaire roulé, qui nous paraît appartenir plutôt à la Cyp.
= dog
zonala qu'à la Cyp. pictu. Toutes les deux, au surplus, sont originaires de la côte occidentale d'Afrique (1).
En résumé, nous ne saurions trop applaudir aux tra- vaux consciencieux des personnes qui, comme M. Wein- kauff, se livrent à l'étude de la distribution géographique des Mollusques, et à qui aucun sacrifice ne coûte pour réunir les espèces propres à une localité plus ou moins cir- conscrite ; mais c'est à la condition qu'elles se tiendront en garde contre la tentation de donner de longues listes. Nous croyons que les conchyliologues sérieux, qui, à la suite de recherches faites avec soin, dressent ainsi des ca- talogues spéciaux, ne devraient y inscrire que les espèces dont l'habitat ne saurait être l’objet d’un doute, sauf à si- gnaler, dans un appendice, celles dont la découverte dans la localité explorée présente queique chose d'insolite, et peut être attribuée à quelque canse accidentelle.
SP:
Note sur les conditions d'existence de l'Hinaites sinuosus des côtes de Bretagne,
PAR LE D' F. DANIEL.
Cette espèce est assez abondante à Brest; on l'y ren- contre principalement sur les roches de gneiss qui bor-
(1) M. Weinkauff nous a dit avoir pu se procurer en Algérie un grand nombre d'exemplaires du €. picta, dont aucun, il est vrai, n’était avec l'animal vivant. Il pense que celle espèce pro- vient de quelques points du littoral de la province d'Oran, d’où elle est rapportée à Alger par les corailleurs, H, CRossE,
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dent la rade et qui ne découvrent qu'aux grandes marées, dans les angles rentrants et surtout dans les parties oppo- sées à l'action du flux et des vagues. Je l'ai recueillie également sous les grosses pierres amoncelées qui for- maient l’ancienne jetée de Postrein. Il m'a été possible d’en récolter une quarantaine d'individus, en une seule course, lors d’une grande marée. On en trouve aussi sur les coquilles mortes de grande dimension, et notamment à l'intérieur des vieux Peignes (Pecten maximus), quel- quefois aussi sur le côté interne de la valve adhérente d’un autre individu de la même espèce. Jamais je n’en ai rencontré sur des roches schisteuses ni sur des valves d’huîtres.
Voici ce que je puis dire au sujet du mode d’adhérence. Dans le jeune âge, le genre Hinnites se présente sous l’as- pect d’un petit Peigne (P. pusio), à côtes très-serrées et à test presquetransparent. Il atteint ainsi un diamètre d’en- viron 1 centimètre à À centimètre et demi. Jusqu'à cette époque, il n’adhère au rocher que par quelques fibres d’un byssus blanchâtre. À partir de ce diamètre, la valve infé- rieure (celle qui doit adhérer) se déforme sur le bord, s'accommode aux aspérités du corps qui doit la supporter, accapare au-dessous d'elle des parcelles sablonneuses et finit par faire corps avec la roche. Le plus souvent, on l’en détache facilement au moyen d’une mince lame de cou- teau; mais quelquefois l’adhérence est si forte que la valve se casse transversalement lorsqu'on veut la dé- tacher.
Cette adhérence se poursuit ainsi, et la coquille conti- nue à s’élargir jusqu’à 2 ou 5 centimètres de diamètre, suivant les localités; puis, dans son développement ulté- rieur, elle abandonne le corps supportant ; la valve adhé-
rente se courbe en formant un angle obtus de 400 à 10
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120 degrés, tandis que la valve libre continue à'‘s'agrandir sans quitter la forme droite du plan. Ce caractère est pres- que constant, et je le remarque sur deux immenses Hin- nites fossiles que je possède.
On trouve des Hinniles dans les endroits les plus pro- fonds de la rade par trente et trente-cinq brasses de fond. J'en possède un qui est encore adhérent à un fragment de fonte oxydée provenant d’un canon du vaisseau le Re- publicain, naufragé en 1793 sur un écueil de la rade. Ce canon était à au moins trente brasses dans le chenal. Lors- que l'Hinnite s'est développé dans la valve d’un Pecten, elle en affecte tellement la forme qu’il est difficile de dis- tinguer le genre, cependant il existe presque toujours queiques irrégularités dans la valve adhérente : celle-ci est plus lisse que la valve libre qui présente souvent, sur ses côtes, de petits feuillets.
Pour les détails qui concernent la forme extérieure de l'animal et son organisalion interne, je ne puis que ren- voyer le lecteur au travail publié par M. Fischer, l'an der- nier (1). La chair des Hinniles est comestible et a la plus grande analogie avec celle des Peignes (P. opercularis et P. varius principalement.) Les Hinnites vivent en compa- gnie de l’Arca cardissa et du Modiola barbata : on les trouve aussi avec des Anomies. Néanmoins, nous ferons remarquer que ces trois espèces ne les accompagnent pas dans les eaux profondes. On ne les rencontre ensemble quesur les rochers qui découvrent aux grandes marées or-
dinaires. FD:
(1) Journ. de Conchyl., 1862, p, 205 et pl. x1.
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Sur la ecquille embryonnaire du Dolium perdix,
par P. Fiscuer,
L'étude de l’embryogénie des Mollusques démontre tous les jours que chez ces animaux la métamorphose est une règle aussi absolue que chez les articulés. Les difré- rences entre l’état de larve et l’état adulte ne se manifes- tent pas seulement par des états anatomiques de viscères; elles portent encore sur la constitution et la forme des coquilles. Je ne citerai pour exemple que les coquilles embryonnaires de Voluta, Turbonilla, Cypræa, Calyp- trœa, Hipponyx, etc., parmi les Gastéropodes ; d'Asper- gillum, Mulleria, Chama arcinella, etc., parmi les Acé- phalés.
Un hasard heureux avait permis à un de nos regret- tables confrères, M. Cazenavette, de réunir une suite fort intéressante de Dolium perdir. Il en avait fait l’objet d'une courte notice insérée dans les Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux (t. XIX, p. 62, 1855). Après sa mort, ces objets ont été acquis par M. Cabrit qui me les a communiqués, et m'a ainsi permis d’en donner la des- cription. :
La coquille embryonnaire du Dolium perdix rappelle, par son aspect extérieur, une Hélice ou Vitrine globu leuse; elle est arrondie, imperforéc, mince, transparente, de couleur ambrée ; les tours, au nombre de quatre à quatre et demi, s’accroissent régulièrement ; le dernier
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est très-gros. Suture peu prononcée, linéaire; stries d’accroissement longitudinales, très-fines ; ouverture semi-lunaire ; columelle épaissie, peu arquée, termi- née en bas par une pointe aiguë qui dépasse le péristome à sa jonction avec la columelle ; bord droit simple, non réfléchi, plus ou moins épais (pl. vi, fig. 7, €, d).
Longit.. . . . . 5 millimètres. Babes pe dt Ds —
Les coquilles embryonnaires ne dépassent pas ces di- mepsions sans se transformer radicalement, Plus tard, en effet, les animaux déposent quelques conches calcaires, opaques au-dessous du dernier tour de spire, et sécrètent, à la suite du péristome primordial, une véritable coquille semblable à celle de l'animal adulte, chargée de sillons concentriques ; dès lors, la jeune coquille possède des ca- ractères fondamentaux, mais elle porte un nucléus jau- nâtre persistant indéfiniment comme un indice de la mé- tamorphose subie (pl. vi, fig. 7, a, b).
La constitution chimique des coquilles embryonnaires est remarquable par la petite quantité de matériaux cal- caires que l'analyse y fait découvrir. L'acide azotique étendu ne provoque pas de dégagement d'acide carboni- que; la couleur devient plus foncée ; mais, à mesure que la coquille s'approche du terme de sa première période morphologique, on constate des traces de calcaire. Enfin, quand les couches de nouvelle formation se sont montrées, l'acide azotique les fait disparaître complétement en res- pectant le nucléus.
On peut conclure de ces expériences que les coquilles embryonnaires de Dolium sont composées uniquement de conchioline, corps isomérique avec l’osséine, mais en dif- férant, parce qu’il ne produit pas de gélatine par l’action
de l’eau bouillante, que les acides et les alcalis concentrés ne le dissolvent que très-lentement (Frémy).
Chez d’autres mollusques, les coquilles embryonnaires renferment une plus grande quantité de sels calcaires que les recherches les plus élémentaires mettent à au.
Le fait le plus curieux dans la structure des jeunes Do- lium est la présence de la saillie spiniforme de la base de la columelle. Cette saillie est l'axe columellaire prolon- gée ; elle se soude